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29/11/2015

QUAND FREDERIC REBENA DESSINE LA JEUNESSE DE FRANCOIS MITTERRAND

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Presque vingt ans après sa disparition, François Mitterrand, figure marquante de la vie politique française du XXème siècle, fait toujours l'objet d'une profusion d'ouvrages.

Parmi ceux parus ces dernières semaines, on notera une première biographie dessinée de ses années de jeunesse écrite par Philippe Richelle, auteur de nombreuses séries historiques et politiques (Les coulisses du pouvoir, Amours fragiles, Les mystères de la troisième, quatrième, cinquième République...) et mise en images par Frédéric Rébéna, illustrateur de talent et dessinateur de plusieurs portraits en bande dessinée (Robert Laffont, Le Corbusier, Stieg Larson).

Intitulé Mitterrand, un jeune homme de droite (éditions Rue de Sèvres), l'ouvrage retrace l'incroyable parcours du futur Président de la République entre 1935 et 1945, période trouble de notre histoire mais aussi de sa vie.

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Quelles que soient ses tendances politiques, le lecteur ne peut que se passionner pour ce roman graphique qui donne à voir un jeune homme complexe et contradictoire, de l'étudiant en droit et sciences politique, apprenti écrivain fricotant avec l'Action Française au résistant Morland des dernières années du second conflit mondial croisant de Gaulle en Angleterre en passant par le soldat prisonnier de guerre, l'évadé du Stalag et bien évidemment le fonctionnaire de Vichy au service du Maréchal Pétain et décoré par ce dernier de la francisque.

Richelle et Rébéna reprennent tous les éléments du dossier Mitterrand avec neutralité et objectivité. Ils mèlent vie privée et vie publique pour livrer le portrait d'un animal politique en construction.

Autant de bonnes raisons pour questionner Frédéric Rébéna et vous proposer quelques études préparatoires, crayonnés et croquis inédits qu'il nous a aimablement permis d'utiliser pour l'illustration de notre échange.

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Klare Lijn International : Est-ce que tes romans graphiques sur Robert Laffont, Le Corbusier... sont à l'origine de ce projet ? La biographie en bande dessinée, est-ce qu'on affirmer que c'est finalement ton genre de prédilection ?

Frédéric Rébéna : Ces travaux ont contribué , je pense, à rassurer l’éditeur sur mes capacités à aborder le genre, mais ne me paraissent pas être à l’origine du projet. Je me suis juste retrouvé à plusieurs reprises, par le jeu des opportunités et des rencontres, emboîtant le pas à des projets de ce genre.

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KLI : Dessiner Mitterrand dans ses jeunes années, est-ce un exercice difficile ? Comment procédes-tu pour trouver la bonne représentation du personnage, celle qui te donne satisfaction ? Beaucoup de recherches d'après photos ?

FR : Beaucoup d’essais oui, évidemment d’après documents photos mais aussi filmés, pour mieux appréhender le personnage, comprendre sa volumétrie, son ossature.. il mesurait 1,70 m, par exemple, ce qui conditionne aussi le rapport qu’il pouvait avoir aux autres, son maintien également qui ne devait guère avoir changé entre le Mitterrand président et le François jeune… Il me suffisait juste de le rajeunir et l’engoncer dans des costumes d’époque avec un souci constant de maintien et de taille.

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KLI : Est-ce que l'histoire politique française t'intéresse ? Quel était ton sentiment sur Mitterrand avant d'attaquer cette bande dessinée. Est-ce que sa réalisation t'a fait évoluer dans ta perception de l'intéressé ? A force de dessiner un personnage, on doit mieux le connaître.

FR : La politique, je m’y intéresse de loin, juste assez pour mesurer l’importance de la prise de décision dans l’isoloir au moment de voter. Mitterrand, chacun peut se reconnaitre en lui, avec ses métamorphoses et ses contradictions, ce qui le rend finalement assez proche et touchant. C’est d’avantage le Mitterrand intime, dévasté amoureusement qui m’intéresse, que le personnage dans sa perspective historique.

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KLI : J'imagine que tu as été conduit à des recherches documentaires sur cette période de l'entre-deux-guerres et de l'occupation pour les décors, les vêtements, les voitures... Est-ce que tu aimes cette phase d'immersion dans une époque ?

PR : La phase d’immersion, ce temps de recherches, représente un temps considérable mais il apparait comme incontournable. Il s’agit d’un récit historique qui ne souffre aucune approche approximative. Ceci fait, le travail consiste à s’affranchir de toute cette somme d’informations.

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KLI : Le format type roman graphique s'est-il imposé rapidement à toi ? Le nombre limité de cases par planche ? Le choix du noir et blanc ? Une certaine clarté dans le dessin pour ne pas s'encombrer de trop de détails ?

FR : Le noir et blanc s’est imposé d’office, la question d’une éventuelle mise en couleur ne s’est jamais présentée, ainsi que le format. J’ai travaillé à tenir ce cap de la lisibilité, avec rigueur et souplesse.

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KLI : Est-ce que la couverture s'est imposée d'elle-même ? Des hésitations sur le fait de représenter Mitterrand avec des officiers allemands à l'arrière plan ?

FR : Ce visuel s’est imposé de lui-même, avec quelque appréhension... Cette idée volontairement provocatrice de faire cohabiter Mitterrand et ces deux officiers nazis pouvait prêter à controverse. Mais finalement, non, cette inquiétude s’est vite dissipée et aucune autre idée n’a été développée.

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KLI : Des réactions de proches de Mitterrand depuis la publication de cette bande dessinée ?

FR : Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères, qui préside l’institut François Mitterrand nous a adressé un mail très enthousiaste. Il a adoré le bouquin.

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KLI : Est-ce qu'une suite est envisageable après ce coup d'essai réussi sur les années de jeunesse ?

FR : Je confirme, il en est question.

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KLI : Heureuse nouvelle ! En attendant, admirons encore quelques crayonnés de ce premier volume.

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Plus d'informations sur le site de l'éditeur Rue de Sèvres.

Illustrations copyright Frédéric Rébéna & Rue de Sèvres

 

27/10/2015

LE MONDE TRUQUE D'AVRIL

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Eh bien non ! Nous n'allons pas vous parler du film d'animation inspiré par l'univers de Tardi.

Nous nous permettons juste de détourner subtilement son titre pour annoncer la prochaine exposition de François Avril, du 30 octobre au 21 novembre, à la galerie Huberty Breyne de Bruxelles.

En effet, selon nous, le qualificatif de monde truqué se révèle fort adapté pour définir les créations d'Avril car elles montrent le réel, qu'il s'agisse d'un quartier de métropole ou d'un bord de mer, sous un prisme toujours déformant.

Le texte de présentation de l'exposition intitulée Over the Window illustre bien cette vision :

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Indubitablement, cette nouvelle exposition va inscrire un peu plus François Avril dans son statut d'artiste contemporain connu et reconnu dans le monde de l'Art et l'éloigner encore un peu plus de l'univers de la bande dessinée qui l'a vu se construire et s'affirmer.

Ainsi va la vie. Le pictural l'emporte sur la narration.

Ce n'est donc pas de sitôt que nous pourrons lire 160 arpents, la bande dessinée co-écrite par Ted Benoit et Madeleine DeMille, entamée et arrêtée en plein vol par Avril...

Plus d'infos sur le site de la galerie : http://www.hubertybreyne.com/

01/10/2015

AURELIEN MAURY NOUS PARLE D'EGG

 

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A l'heure où les Rencontres Chaland proposent, ce week-end, une conférence qui s'annonce captivante sur "Chaland d'hier et d'aujourd"hui", nous vous proposons un entretien avec Aurélien Maury autour de sa dernière bande dessinée, Egg, aux éditions Tanibis.

En effet, ce dessinateur, déjà repéré en 2011 pour sa première bande dessinée, Le Dernier Cosmonaute aux éditions Tanibis - lauréate d'un prix Freddy Lombard - nous propose un récit dessiné qui tout en étant marqué par des influences américaines rétros s'inscrit à nos yeux dans une forme de continuité avec la ligne claire postmoderne telle que la pratiquait Yves Chaland.

Le dessin d'Aurélien Maury, un trait épais mais très lisible, associé à une simplicité dans la composition des planches, servi par une mise en couleurs par aplats, est un bon exemple de revisitation contemporaine des fondamentaux de la ligne claire.

Egg joue avec les codes, détourne les genres, mêlant ironie et irrévérence sur fond d'aventure spatiale.

Cette bande dessinée mérite le détour. Si vous ne la trouvez pas chez votre libraire, faites un scandale !

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Egg - Model Sheet

Klare Lijn International : Ce qui surprend d'abord en découvrant Egg, c'est bien évidemment le petit format de l'ouvrage. Pourquoi ce choix pas forcément très commercial ? Volonté du dessinateur, du scénariste, de l'éditeur ? Parce que c'était le format le plus adapté pour le récit ? Par goût des livres-objets à l'image des mini-albums d'Exem ?...

Aurélien Maury : Un peu de tout ça à la fois, en dehors des albums d'Exem que je ne connais pas.

D'abord proposition de l'éditeur : Tanibis préparait deux petits livres au même format (Pingouins de LL de Mars et Qu'est-ce qui arrive ? De Mehdi Melkhi) et l'éditeur, Gilbert Pinos m'a proposé de travailler sur un troisième ouvrage. Les trois imprimés en même temps, cela réduisait les coûts.

Le récit a donc été imaginé pour ce format.

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Egg - Planche

Ensuite, par goût pour les formats variés (petits ou grands), j'étais assez excité par la perspective de faire une bande dessinée de poche. Cela faisait longtemps que j'avais envie de faire un livre dans un format proche des Little Big Books des années 30. Je n'en possède que très peu mais je leur trouve un charme fou, ce sont souvent des récits d'aventures illustrés ( http://www.biglittlebooks.com/ ). J'aime aussi le format des « bd de gare » comme celles éditées par Artima ou Lug (Météor, Akim, Blek...).

Depuis que le livre est sorti, nous avons eu quelques retours sur le format et nous avons été surpris de voir qu'il déplaisait parfois (pour de mauvaises raisons je trouve, essentiellement pratiques). Quelque part tant mieux si avec si peu on peut encore déstabiliser gentiment les habitudes de quelques uns ! En tout cas, en tant qu'auteur, je trouve assez excitant et intéressant de pouvoir jouer aussi avec la taille des livres pour composer une histoire.

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Egg - Planche

KLI : Quel était le format d'exécution des planches d'Egg ?

AM : En fait je travaille en numérique, directement sur tablette graphique. Pour Egg, j'ai travaillé à deux fois la taille imprimée. Toutes les étapes ont été élaborées sur ordinateur, du storyboard au dessin, comme les couleurs. Nous faisions régulièrement des impressions au format pour nous rendre compte du rendu, de la lisibilité des pages.

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Le dernier cosmonaute - Couverture

KLI : Ceux qui connaissent votre première bande dessinée, Le dernier cosmonaute, seront aussi frappés par votre changement de style graphique. On vous sent vous éloigner de l'influence Chris Ware pour un style à mi-chemlin entre la ligne claire franco-belge et le comic book des années 50. Pouvez-vous nous éclairer sur votre évolution dans le dessin ?

AM : Il y a une évolution c'est vrai. Il faut dire que quatre ans séparent les deux albums, entre-temps mon dessin a pu évoluer. Mais ce sont aussi deux projets assez différents. Un dessin plus épuré convenait à la fois plus à mon niveau de dessin de l'époque et au ton du récit. Laisser un peu plus d'air, de vide, ça allait avec l'univers des personnages et les « blancs » dans leurs vies. Pour Egg, l'idée était d'explorer un monde inconnu, en faisant référence à des récits d'aventure à la Flash Gordon ou certains albums de Jacobs, avec des décors chargés, un plus haut niveau de détail. Il me semblait aussi que la transformation progressive du personnage principal en femme imposait un traitement un petit peu plus « semi-réaliste ».

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Le dernier cosmonaute - Planche

Quand aux influences, effectivement à l'époque du Dernier Cosmonaute je me retrouvais plus dans les univers d'auteurs américains comme Chris Ware, Daniel Clowes, Adrian Tomine, Charles Burns mais aussi Schultz et Bill Watterson que dans la tradition franco-belge, en dehors d'Hergé.

Entretemps, j'ai découvert l’œuvre d'Yves Chaland et ça a été un vrai choc. J'ai commencé à m’intéresser plus sérieusement à cette ligne claire des années 80 pratiquée par Chaland donc, mais aussi Clerc, Torres, Bravo, Floc'h, Benoît ou parfois Mœbius...

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Egg - Planche

KLI : En lisant Egg, quatre bandes dessinées nous sont venues à l'esprit : Les cybers ne sont pas des hommes et Adolphus Claar de Chaland, la série Biotope dessinée par Brüno et la série Aama de Frédérik Peeters. Est-ce que nous faisons fausse route en citant ces références comme ayant pu vous inspirer scénaristiquement ou graphiquement ? Quelles étaient vos œuvres "de chevet" - bandes dessinées, films, romans... - quand vous réalisiez Egg ?

KLI : Bien vu pour les deux premiers : j'ai vraiment découvert l’œuvre d'Yves Chaland sur le tard, après la sortie du Dernier Cosmonaute finalement. Je reste toujours aussi impressionné par sa virtuosité depuis. Je suis conscient de son influence pour Egg. Le personnage du robot doit beaucoup aux siens par exemple.

Adolphus Claar n'est pas l'album que je préfère (La Comète de Carthage et surtout Le Jeune Albert...) mais il y a un rapprochement évident avec Egg : les robots, le dessin ligne claire (même si Chaland la pratique en champion de la discipline et moi en amateur), un héros pas forcément si sympathique, la volonté de ne pas chercher à plaire au lecteur à tout prix, le fait de jouer avec les archétypes...

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Egg - Planche

Je n'ai pas encore lu Biotope en revanche, même si je peux voir le rapprochement par rapport au style de Brüno. Je ne crois pas qu'Aama ait pu nous influencer.

Lors de l'élaboration d'Egg, nous avons dû évoquer un tas de bd ou de films. Je pense que nous revenions assez fréquemment à 2001, l'odyssée de l'espace pour le monolithe, Flash Gordon pour le cadre, Mœbius pour L'homme est-il bon ? qui cristallise pas mal d'éléments présents dans Egg, Le Rayon U de Jacobs pour la trame, Cronenberg pour les transformations organiques et OSS 117 pour le côté parodie d'un genre et le côté réactionnaire du héros... 

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Egg - Planche

KLI : Avec Egg, on reste dans la science-fiction déjà présente, de manière différente, dans Le dernier cosmonaute. Est-ce que c'est votre univers de prédilection ?

AM : J'aime la science fiction mais ce n'est pas un genre de prédilection. Je me trouve même assez inculte dans ce domaine finalement...

Comme le héros du Dernier cosmonaute, je crois que ce que j'aime le plus dans la science-fiction, c'est l'ouverture vers des mondes inconnus, ces « lointains ailleurs », la tangente avec le réel... Ou bien les récits paranoïaques à la K.Dick.

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Le dernier cosmonaute - Planche

KLI : Pourriez-vous nous dire quelques mots de votre scénariste ? Est-ce que vous avez contribué à l'écriture du récit ? Est-ce que l'histoire était totalement écrite et découpée ou bien aviez-vous des possibilités d'improvisation ?

AM : Gilbert Pinos est un vieux complice. Il dirige depuis de nombreuses années les éditions Tanibis, structure dont je fais moi-même partie. (J'en suis le mousse et lui le capitaine en quelque sorte). On pourrait dire que Egg s'est fait en interne. Pour en savoir plus sur Gilbert, vous pouvez lire une excellente interview qu'il a accordée à votre confrère oncle fumetti : http://fumetti.over-blog.com/2015/05/interview-de-gilbert....

Gilbert m'a donc proposé de travailler sur un projet de petit livre et comme le temps pressait et que je m’empêtrais dans une trame assez peu claire, il m'a prêté main-forte. Nous avons donc conçu le récit ensemble. Cela s'est fait assez naturellement car nous avions déjà collaboré pour des histoires courtes (notamment pour le collectif Bermuda 2 édité par la librairie lyonnaise Expérience). Ma première idée était un récit d'aventure loufoque avec un pilote et son robot explorant une planète inconnue, rien de plus classique mais en cours le héros changeait de sexe pour devenir une femme.

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Egg - Planche

De là Pinos a apporté le côté très viril, misogyne du personnage, sa haine des robots, les œufs, une structure solide pour l'histoire. Cela s'est fait par touches successives. À partir de notre trame, je lui proposais un storyboard dialogué, on a gardé les bonnes idées, écarté les autres, en avançant séquence par séquence. Peaufinant les dialogues jusqu'au bouclage. J'étais donc dessinateur-scénariste et lui scénariste-éditeur, autant dire que nous étions très libres et avions le contrôle total de l'album.

KLI : Par rapport au Dernier cosmonaute, le ton du récit est différent. On est dans l'aventure avec un grand A. Pourquoi ce choix ?

AM : Ce sont deux projets complètement différent. Pour Egg, le choix d'un récit d'aventure était lié à mon envie de faire un Llittle Big Book : des récits d'aventures rétros aux couleurs vives en format poche. Si possible avec une touche de série B ou Z. Nous sommes partis de là avant de trouver la bonne histoire et un personnage sur mesure.

Pour Le dernier Cosmonaute, j'avais conçu l'histoire à partir des deux personnages d'abord sans véritable plan : je mettais bout à bout des séquences un peu improvisées storyboardées puis je reprenais le tout au fur et à mesure que l'histoire prenait forme autour d'eux.

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Egg - Recherches de personnage

KLI : Pourquoi avoir mis en scène un héros antipathique en usant de dialogues parfois crus ou même vulgaires ? Pour se situer dans un second degré parodique, une approche caustique et non-politiquement correcte ?

AM : Peut-être pour se distinguer un peu de nos références (Flash Gordon, etc). Et aussi parce qu'animer un personnage détestable est assez jubilatoire.

Le personnage s'est construit petit à petit. Au départ, dans un tout premier jet au ton (trop) parodique, c'était juste un personnage assez idiot. Petit à petit, il est devenu plus dense, moins drôle, plus sombre et violent. Ce qui ne l'empêche pas d'être ridicule.

La vulgarité du personnage s'est imposée d'elle même au fur et à mesure : dans les premières moutures Zak parlait comme Flash Gordon ou Tintin... Mais ça ne cadrait pas vraiment avec son comportement. C'est un personnage assez entier et peu fin, il ne mâche pas ses mots. Il se pense au-dessus de tout, des lois, de l'éthique. Le politiquement correct comme toute forme de compromission sont incompatibles avec son caractère.

Cela dit, une fois que nous avions mieux cerné à qui nous avions à faire, nous nous sommes plutôt amusés à lui inventer des insultes imagées, bien à lui...

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Egg - Planche

KLI : Sous l'apparence d'un récit d'aventure, Egg soulève finalement bon nombre de questions : la misogynie, la violence gratuite, la soif d'action, le colonialisme, le racisme, le féminisme, la robotique... ce qui donne finalement beaucoup de profondeur à cette courte bande dessinée. Pourriez-vous nous en dire plus sur vos motivations d'auteurs ?

AM : Je crois qu'on a voulu déjouer les clichés de ce genre de récit d'aventure : avoir un jeune personnage au comportement héroïque, beau comme un dieu, qui se tire admirablement de situations périlleuses, défiant l'hostilité de la faune locale, pactisant avec les autochtones, sauvant la princesse alien... Ça ne nous inspirait pas, ça nous semblait un peu daté.

En revanche plonger un personnage antipathique, un peu vieux, roublard mais déphasé, dans le même cadre et voir comment il s'en sortait (plutôt mal), davantage.

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Egg - Planche

Zak Thunder se voit probablement comme un héros « à l'ancienne ». Il s'imagine correspondre à la première description plus haut... mais il se comporte effectivement sur cette planète comme un colon en Afrique ou un membre de l'OAS en Algérie. Ce n'est pas un protagoniste dans lequel on peut s'identifier, il est plutôt médiocre humainement. On l'observe à distance, avec parfois un plaisir sadique quand il se retrouve en difficulté.

Personnellement, ce qui m'attirait le plus c'est qu'il n'est pas, à mon avis, un véritable aventurier : il profite du cadre que lui offre l'exploration d'un monde inconnu pour se défouler et violer toutes les règles. Il n'a aucune forme de curiosité, il est obsédé par l'action. Finalement c'est un être très seul qui ne peut pas se reposer (quand il ne fait rien, il se muscle pour être toujours prêt à en découdre). Il a besoin d'action pour éviter de se poser trop de questions probablement...

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Egg - Model sheet

KLI : L'option d'une fin ouverte à interprétations multiples s'est-elle imposée comme une évidence pour vous ?

AM : Nous aimions tous les deux l'idée que le lecteur puisse se faire sa propre interprétation avec cette fin abrupte, éviter une fin trop morale aussi.

Finalement, de toutes les confrontations de Zak, je trouve que la scène finale est la plus dérangeante, puisqu'on ne sait pas exactement de quelle nature elle est... On peut penser qu'il est victime d'hallucinations liées à son traumatisme ou bien encore qu'il a à faire à quelque chose de plus mystérieux.

KLI : Quels sont vos projets en cours ? Est-ce que votre détestable héros pourrait vivre d'autres aventures ? Un autre univers  dans la continité d'Egg ou bien encore en rupture ? Quelles sont vos envies en bande dessinée ? Dans quelles directions souhaiteriez vous évoluer ?

AM : Nous ferons probablement une suite à Egg. Je ne peux pas encore en dire grand chose, sinon que le format ne sera probablement pas le même et qu'il faudra être patient. Pourquoi pas un album en très grand format ou en forme d’œuf. Avant cela j'aimerais me lancer en solo dans un album court, peut-être plus proche du Dernier Cosmonaute. Mais rien n'est encore vraiment concret !

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Egg - Planche

Concernant mes directions... Ma seule véritable conduite, c'est de dessiner un album que j'aurais envie de lire et donc de le faire du mieux possible. Mon gros problème, c'est que je rencontre quelques difficultés au moment du scénario car j'ai du mal à me passionner pour une histoire dont je connais les tenants et les aboutissants.

J'aimerais dessiner des livres sans scénario, des récits d'errances, improvisés, purement contemplatifs. Une exploration en « temps réel » d'un monde inconnu par exemple où l'immersion serait totale, sans besoin d'intrigue... Mais je ne sais pas si c'est vraiment possible ou passionnant à lire ! Je manque encore aussi certainement de bouteille pour aborder ce genre de défi.

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Egg - Recherche de couverture

KLI : Puisque nous sommes un site consacré à la ligne claire, nous aimerions en savoir plus sur vos liens avec cette école, vos auteurs fétiches et votre sentiment d'appartenir ou pas à ce courant ?

AM : Je ne me sens pas vraiment appartenir à ce courant, même si je vois à quel point je peux être influencé par des auteurs comme Hergé, Chaland, Floc'h, Bravo, Clowes, Ware, Hernandez,... Je ne cherche pas consciemment à suivre un sillon « ligne claire », j'avance instinctivement.

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Egg - Quatrième de couverture

Pour en savoir plus :

- La bande annonce d'Egg :


- la page consacrée à Egg sur le site des éditions Tanibis

- la page consacrée au Dernier Cosmonaute sur le site des éditions Tanibis.

- Tanibis proposera à partir du 2 octobre une lecture en ligne du Dernier Cosmonaute via ce lien.

Illustrations copyright Maury & Tanibis

28/09/2015

CONCOURS GREENWICH VILLAGE : LES GAGNANTS !

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Merci à l'ensemble des participants au concours Greenwich Village et bravo à nos gagnants français et à notre gagnant espagnol, signe que la notoriété d'Antonio Lapone dépasse les frontières franco-belges :

- Jean-Marc C. (Dordogne)

- Bernadette B. (Maine-et-Loire)

- Patrick G. (Ille-et-Vilaine)

- Bernard C. (Pyrénées-Orientales)

- Jesus A. (Espagne)

Les bonnes réponses étaient les suivantes :

1/ En quelle année, notre site vous présentait ses bons voeux avec un dessin original signé Antonio Lapone ? 2008

2/ Quel dessinateur et illustrateur français était l'invité graphique d'Antonio Lapone dans la bande dessinée Accords Sensibles chez Glénat Treize-Etrange ? François Avril

3/ Quel était le nom de la première exposition solo d'Antonio Lapone à la galerie Champaka Bruxelles ? Sentiers Nocturnes

4/ Dans le petit carnet Saturday Morning in NYC chez Alain Beaulet, à quelle heure se déroule la scène "Central Park West" ? 11H00

5/ Dans quelle revue a été publiée la première bande dessinée signée Antonio Lapone en France ? Bo-Doï

6/ Pour départager les participants ayant répondu correctement à la totalité des 5 premières questions, Antonio Lapone a choisi un nombre entre 1 et 100. Lequel ? 24

20/09/2015

GREENWICH VILLAGE : INTERVIEW ET CONCOURS LAPONE

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Couverture

Quelques mois après l'excellent Adam Clarks, Antonio Lapone, le plus belge des dessinateurs italiens, nous revient avec une nouvelle bande dessinée au ton radicalement différent et au graphisme plus cartoon, Love is in the Air, premier volume d'une série intitulée Greenwich Village, écrite par Gihef et publiée aux éditions Kennes.

Prenant pour cadre le New-York des années 60, cette comédie romantique pétillante est une vraie réussite à tous points de vue. Le dessin de Lapone pétille, le récit et les dialogues de Gihef enchantent, les couleurs d'Anne-Claire Thibaut-Jouvray illuminant l'ensemble. Autant de bonnes raisons de poser quelques questions au dessinateur et de vous proposer un petit concours avec l'amical soutien des éditions Kennes.

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Etudes pour la couverture

 

INTERVIEW D'ANTONIO LAPONE

Klare Lijn International : Pourrais-tu nous parler de la genèse de Greenwich Village ? Est-ce que c'est l'éditeur Kennes qui t'a proposé ce projet et t'a mis en contact avec le scénariste ?

Antonio Lapone : Non, c'est Gihef qui m'a contacté directement. Il est passé chez moi un après-midi en 2013. Tout de suite, je me suis demandé comment nous allions pouvoir travailler ensemble compte tenu de nos deux caractères complètement différents. Mais après avoir discuté tout un après-midi, on s’est rendu compte que nous aimions quasiment les mêmes films et notamment les comédies de Billy Wilder, celles avec Rock Hudson et Doris Day, Frank Sinatra, Dean Martin… On s’est dit que l’univers de la bande dessinée manquait de comédies romantiques. Et voila le début de notre Romantic Trip !

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Antonio Lapone, Gihef et Dimitri Kennes

KLI : Est-ce que tu as participé au scénario en demandant des changements par rapport à des séquences que tu souhaitais illustrer ou en modifiant, supprimant ou ajoutant des dialogues ?

AL : Normalement, je lis tout le scénario plusieurs fois. Dès la deuxième lecture, je commence à écrire à côté du texte, notant des idées avec des petits croquis vraiment très basiques, question de marquer et fixer telle ou telle phrase, d’enlever certains passages trop compliqués à dessiner. Sinon je cherche à rester fidèle à l'idée de base. Mais une chose est sure, on ne peut pas faire un copier-coller d'un texte, cela doit coller aussi avec mon style de dessin. Il m’est arrivé de devoir changer le découpage pour donner à la page quelque chose d'original.

KLI : Tu avais donc carte blanche pour le découpage et la mise en page ?

AL : Oui, bien sûr !

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Du synopsis à la planche définitive

KLI : Le choix de confier la couleur à une nouvelle coloriste vient de toi ?

AL : Oui, j'ai choisi Anne-Claire Thibaut-Jouvray parce que j'aime son travail, qu’on se connait depuis longtemps et que c'était la bonne occasion de faire quelque chose ensemble. J'ai juste terminé les planches avec mes trames pour donner à la bande dessinée un coté plus rétro comme déjà expérimenté dans Adam Clarks.

KLI : Pourrais-tu nous éclairer sur ton choix de dessin pour Greenwich Village ? S'il est en continuité avec tes précédentes bandes dessinées, il semble plus cartoon, plus spontané comme si tu avais voulu évoluer pour coller au récit ?

AL : Disons qu’avec mes éditeurs Dimitri Kennes et Daniel Bultreys, on a décidé de réaliser un album pour le grand public. Il m’a donc fallu arrondir un peu mon dessin, m'approcher un peu plus d’un style cartoon que j'aime en plus. C’est encore une autre étape dans mon parcours artistique, une étape à mes yeux nécessaire pour essayer de conquérir un nouveau public et pas seulement les aficionados.

La couleur a aussi joué un rôle très important. On a beaucoup travaillé avant d'arriver au bon résultat… En tout cas, j’espère que les lecteurs apprécieront notre effort !

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Extrait

KLI : Il faut donc voir dans Greenwich Village une étape supplémentaire et importante dans l'évolution de ton dessin en bd avec un détachement encore plus important de la ligne claire franco-belge de tes débuts ?

AL : Bien sûr. Dans notre métier, il est normal d'avancer, d’être toujours à l'écoute des nouvelles vagues, d’expérimenter, de jouer aussi… En tout cas, c'est mon opinion personnelle.

KLI : Est-ce que tu as mis moins de temps à réaliser une planche avec ce dessin ou bien c'est comparable à celui passé pour une planche d'Adam Clarks ?

AL : Question temps, comme toujours le début de l'album est très très compliqué pour moi. Je travaille beaucoup sur le découpage. Après je recherche les décors de façon presque maniaque. Je commence à mettre de coté des centaines de photos. J'accumule des livres sur mon bureau. J’utilise aussi internet. Je classe tout dans des fardes, réelles et virtuelles. Parfois j'imprime des images nécessaires. Là-aussi, je commence à les classer pour après tout oublier ! Et je commence à travailler avec mes souvenirs… Comme je le dis, j'aime me compliquer la vie !

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Recherches

KLI: Justement pourrais-tu nous éclairer sur ta documentation de chevet pour Greenwich Village ? On peut penser que tu as revus pas mal de comédies romantiques américaines des années 50-60 et la série Mad Men mais aussi parcouru pas mal de livres de design ou de magazines de l'époque.

AL : Pour Greenwich Village, j'ai commencé à lire différents livres sur le sujet Beatnik, la génération des années 60 dans le Village. J'ai bien aimé le roman biographique, Le Temps des Possibles écrit pas Suze Rotolo, la fille qui a partagé les débuts de Bob Dylan dans le Village en 1961. C'est elle qui tient Dylan par le bras sur la fameuse couverture du disque The Freewheelin.

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Bob Dylan par Lapone

Coté comédie, bien évidemment j'ai revu mes films préférés comme Sept Ans de Réflexion avec Marylin Monroe et Tom Ewel. D’ailleurs Bebe Newman, l'hôtesse de l'air de notre histoire, ressemble beaucoup au personnage de Marylin.

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Même l'idée de l'immeuble vient de là… Très importants aussi, les films avec Rock Hudson et Doris Day, le personnage de J.P. Diamond est en effet l'acteur Tony Randall qui joue toujours le rôle de l'ami gentil de Hudson.

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Concernant Mad Men, inutile dire qu'il s'agit d'une série culte pour moi. On retrouve les décors, les intérieurs du bureau de la Big Apple Post, les drinks, les cigarettes mais aussi les belles secrétaires de Mr Diamond…

KLI : Tu connais New-York. Est-ce que cela t'a servi pour insuffler du réel dans ta représentation de la ville ? Tu avais pris des photos de Greenwich Village ?

AL : Lors de mon voyage à New-York en octobre 2012, j'ai pris beaucoup de photos du Village. Mais pour retrouver la même ambiance qu’à l'époque du récit, il m'a fallu visiter certaines rue de Brooklyn parce que le "Village" d'aujourd'hui est devenu très bobo et n’a rien à voir avec celui des années 60.

KLI : Est-ce que le personnage du Comte italien un peu mafioso sur les bords vient de toi ?

AL : Alors là… Non pas du tout ! C'est une idée de Gihef, mais je me suis bien amusé à créer le personnage du Comte Massimo Bellocchio avec ses clichés, son arôme de romarin…

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KLI : Est-ce qu'on peut désormais considérer qu'il y a deux Lapone ? L'illustrateur qui va continuer à peaufiner des compositions uniques (dessins ou toiles) et le dessinateur de bandes dessinées qui va modérer ses envies de belles cases pour servir au mieux le récit en s'effaçant un peu du côté esthétique ?

AL : Disons que oui, je continuerai à faire de la recherche pour mes tableaux et mes illustrations et pour la bande dessinée, je vais essayer de travailler surtout sur le récit mais tout en gardant la côté esthétique car c'est ma marque finalement.

KLI : A quand le tome 2 ?

AL : Je suis déjà en train de travailler sur le storyboard. Je peux vous dire déjà le titre en avant-première : What's New Pussycat ? . Ce sera un récit un peu plus Mistery, moins Love story mais toujours avec beaucoup d'humour. Gihef a vraiment super bien travaillé. J'aime beaucoup son histoire. Surtout parce qu’elle va me permettre d'explorer de nouvelles pistes. Il y aura les toits de New York, les Galeries d'Art du Village, une charmante comtesse et… et là, je ne dis plus rien car il faut quand même garder un peu de surprise…

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Mondrian par Lapone

KLI : En attendant, il y a un Mondrian chez Glénat. Pourrais-tu nous en parler ?

AL : Mondrian sortira en 2016, normalement dans la Collection Grand Peintres chez Glénat. C'est un récit très compliqué, d'abord par rapport à la période car on se situe en 1920, une période que je commence à connaître mais où tout est différent, la mode, les voitures, les décors… En plus, je travaille à l’aquarelle sur des planches format 50x70 cm. J'aimerais créer un album important à voir aussi. Il y a de la matière sur les planches, de l'encre, parfois de la gouache, du crayon gras… A notre époque des dessins exécutés directement à la palette graphique, je dois paraître étrange quand j'arrive chez Glénat à Paris avec mon énorme farde à dessins !

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Work in progress...

L'ami Jean-Philippe Peyraud a écrit un très beau récit. On découvre l'artiste Mondrian, son univers parfois parfait et parfois chaotique, sa lutte pour survivre... J'avais vraiment envie de travailler avec Jean-Philippe car c'est un artiste que j'aime beaucoup. Il arrive à écrire des passages très forts tout en gardant de la douceur. Et encore merci à notre éditeur Frederic Mangé qui nous a permis de travailler ensemble et qui, comme toujours, a la patience d'attendre mes planches…

 

CONCOURS GREENWICH VILLAGE

Avec l'amical concours des éditions Kennes et d'Antonio Lapone, Klare Lijn International vous propose de gagner 5 albums de Greenwich Village. S'ils sont arrivés de Belgique bien abimés par endroits - nous préférons informer immédiatement les maniaques de la bande dessinée en parfait état -  chacun de ces exemplaires contient une dédicace originale du dessinateur !

Pour tenter votre chance, il vous suffit d'envoyer à klarelijninternational@orange.fr , avant le 27 septembre,  les réponses aux 6 questions ci-dessous.

1/ En quelle année, notre site vous présentait ses bons voeux avec un dessin original signé Antonio Lapone ?

2/ Quel dessinateur et illustrateur français était l'invité graphique d'Antonio Lapone dans la bande dessinée Accords Sensibles chez Glénat Treize-Etrange?

3/ Quel était le nom de la première exposition solo d'Antonio Lapone à la galerie Champaka Bruxelles ?

4/ Dans le petit carnet Saturday Morning in NYC chez Alain Beaulet, à quelle heure se déroule la scène "Central Park West" ?

5/ Dans quelle revue a été publiée la première bande dessinée signée Antonio Lapone en France ?

6/ Pour départager les participants ayant répondu correctement à la totalité des 5 premières questions, Antonio Lapone a choisi un nombre entre 1 et 100. Lequel ? Les plus proches l'emporteront !

Liens utiles :

- le site des éditions Kennes

- le blog d'Antonio Lapone