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13/11/2011

LA QUESTION DU PERE

Dans le prolongement de notre dernière note évoquant Une vie exemplaire, le dernier ouvrage de Floc'h sur les relations père-fille, relevons qu'il n'est pas le seul auteur "ligne claire" à se pencher actuellement sur la question de la paternité. 

 

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© Albin Michel Jeunesse

C'est aussi le cas de Dupuy-Berbérian qui illustrent Les Papapas, un récit écrit par Joseph Jacquet. Cet ouvrage jeunesse se penche sur la condition d’un « papapa » et nous dévoile son univers peuplé de « mamas », « papas », « pamamas », « bongas » et autres « pitis ». Quel est ce monde étrange me direz-vous ? il n’y a pas à chercher bien loin. C’est celui d’un homme devenu beau-père dans une famille recomposée. Joseph Jacquet nous y dévoile ses états d’âme, ses relations avec les « pitis », les enfants de sa compagne, ses rapports tendus avec leur « papa » et son envie de devenir lui-aussi un « papa ».

Un livre jeunesse servi par le trait plaisant de Dupuy-Berbérian qu’on a néanmoins connus plus inspirés par le passé.

 

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© Dargaud

Même si la paternité n’est pas le sujet central de la dernière « épatante aventure de Jules » signée Emile Bravo – rappelons au passage que La question du père était le titre du précédent volume publié en 2006 – elle y tient quand même une place importante. Ne serait-ce par l’attitude irresponsable du père de Jules devenu totalement téléphage – comme son épouse d’ailleurs… - ou bien par les envies de descendance d’un des personnages clefs de cette bande dessinée, le dénommé Pipard, entrepreneur et homme politique qui s’est mis en tête d’exploiter le pétrole du Pole Sud.

Le moins que l’on puisse est que ce récit de près de 80 planches est trépidant, mouvementé et virevoltant. Un peu trop peut-être. Imaginez ! On y retrouve Jules, sa famille, sa copine Janet, ses camarades de classe, toute une brochette d’extraterrestres, un politicien en croisière avec toute sa cour, un milliardaire russe et j’en passe dans une aventure nous transportant d’un quotidien banal à un univers de science-fiction en passant par une longue séquence maritime. De quoi donner le tournis. Comme à son habitude avec les aventures de Jules, sous le couvert d’un récit plein de fantaisie et de dérision, Emile Bravo s’amuse à réfléchir aux problèmes de notre société en jetant un regard critique et incisif sur le monde des adultes et ses dérives. Le sujet central est ici la préservation de la planète et les dérives politico-financières qui la menacent. Emile Bravo est vraiment un auteur qui aime mélanger les genres mais en l’espèce, peut-être est-il allé un peu trop loin, la fluidité du récit et son déroulement auraient peut-être gagné à moins de contenu.

Il n’empêche que c’est une bande dessinée nettement au-dessus du lot, par sa drôlerie, sa galerie de personnages et son dessin impeccable, à la fois simple et très expresif. L’amateur de ligne claire appréciera tout particulièrement de subtils clins d’œil à Hergé et tout particulièrement à Coke en Stock.

04/01/2009

L'AN NEUF DE LA LIGNE CLAIRE

Sans attendre la mise en ligne de ma carte de voeux pour 2009 en cours de finalisation au Pays-Bas, je vous souhaite à toutes et tous une belle année, claire sur toute la ligne, avec la complicité helvétique du talentueux EXEM.

Il s'agit des couvertures des éditions cartonnées de deux albums à paraître suite à une récente performance de l'artiste à la Pinacothèque de Genève que vous pouvez retrouver dans le détail (vidéos, croquis, strips) sur le site www.exem.ch .

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L'OMBRE DE LA LIGNE CLAIRE.JPG


Illustrations © Exem

Au-delà de ces belles publications suisses et de bien d'autres à venir que nous manquerons pas d'évoquer sur ces pages au fil des prochains mois, plusieurs éléments rassemblés ici et là me font dire qu'en 2009, notre très chère klare lijn ne connaîtra pas la crise.

Il n'y a qu'à voir l'impressionnant programme d'expositions qui nous attend.

Angoulême ouvrira le bal avec l'exposition consacrée à DUPUY & BERBERIAN, du 29 janvier à la fin août 2009, à la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image. Cette grande rétrospective des 25 ans de carrière des deux dessinateurs, graphistes et illustrateurs sera également l'occasion d'un hommage de ces derniers aux artistes de bande dessinée qu'ils admirent. On ne s'étonnera donc pas d'y retrouver plusieurs figures marquantes de la ligne claire. A voir absolument. Pour plus d'infos : www.bdangouleme.com

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L'affiche du 36e FIBD © Dupuy & Berberian / 9e ART+

Quinze jours plus tard, le Musée d'Art Contemporain de Lyon mettra en valeur l'oeuvre de Joost SWARTE et Chris WARE dans le cadre d'une exposition intiulée Quintet car consacrée également à trois autres auteurs (Stéphane BLANQUET, Francis MASSE et Gilbert SHELTON). Elle se tiendra du 13 février au 19 avril 2009. Un vernissage est prévu le 12 février à 19H00 en présence des artistes. L'affiche de SWARTE est magnifique. L'artiste néerlandais y exposera une rétrospective de l’ensemble de son oeuvre graphique. Quant à Chris WARE, il présentera 50 dessins originaux représentatifs de ses séries cultes. Pour plus d'infos : www.mac-lyon.com

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L'affiche de l'expo Quintet © Swarte et mac-lyon

En Belgique, plusieurs temps forts marqueront l'année de la BD.

Le 22 mai, le Musée HERGE sera inauguré à Louvain-la-Neuve en Wallonie. L'ouvrage conçu par l'architecte français Christian de PORTZAMPARC abritera plusieurs salles d'exposition pour la présentation d'une collection permamente des créations de HERGE et d'expositions temporaires autour de son oeuvre. La scénographie du musée ayant été confiée à un trio de choc composé de Joost SWARTE - tiens, encore lui ! -Thierry GROENSTEEN et Philippe GODDIN, la qualité sera indéniablement au rendez-vous. Pour plus d'infos : www.tintin.com

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Maquette du Musée Hergé © Atelier de Portzamparc

Dans le même temps, dans le cadre de son année BD 2009, La Ville de Bruxelles accueillera plusieurs expositions en lien direct avec la ligne claire et le style atome :
- une expo François AVRIL à Bruxelles sera organisée chez Brüsel du 8 mai au 7 juin
- une exposition sur L´épopée bruxelloise de Willy VANDERSTEEN prendra place dans le cadre prestigieux de l’Hôtel de Ville de Bruxelles du 24 juin au 27 septembre pour présenter la période la plus ligne claire du créateur de Bob et Bobette, celle qui le vit rejoindre les Editions du Lombard /
- une Rétrospective VANDERSTEEN sera également proposée du 16 juin au 15 novembre à la Maison de la bande dessinée de Bruxelles.
- L'Atomium abritera deux expositions en son sein du 4 juin au 20 septembre : l'une d'elle sera consacrée bien évidement au fameux Style Atome théorisé par Joost SWARTE - tiens, tiens, encore lui - et l'autre aux compositions créées par 14 artistes pour les 50 ans de l'édifice bruxellois, à l'initiative de Champaka.

Pour plus d'infos sur ces évènements incontournables de Bruxelles BD 2009 et les nombreux autres qui n'ont pas été repris ici : www.bruxellesbd.com

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Et dire que ce recensement n'a rien d'exhaustif !

07/03/2008

SUR LA LIGNE CLAIRE...

Je vous propose un petit assortiment varié de choses lues, vues ou entendues, ces dernières semaines. Histoire de prouver si besoin était que la ligne claire reste plus que jamais d’actualité :

- On relèvera tout d'abord que Philippe DUPUY et Charles BERBERIAN ont rendu un hommage graphique à Serge CLERC et à son Journal dans le cadre de leur chronique mensuelle pour Trois couleurs, le magazine du réseau Mk2 (numéro 59 daté de février 2008) :

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- Par ailleurs, le 15 février dernier, dans le cadre de l’espace qu’elle réserve chaque vendredi à la bande dessinée, A plus d’un titre, l’excellente émission littéraire de France Culture, recevait les Présidents DUPUY & BERBERIAN à l’occasion de la parution de Un peu avant la fortune et de leur récente distinction à Angoulême. Lors de cette interview, les deux créateurs de Monsieur Jean ont largement évoqué leurs rapports avec la ligne claire, les dessinateurs de ce courant graphique qui ont eu une influence sur leur approche de la bande dessinée, leurs liens avec la Belgique… Une émission à écouter et à réécouter sur le site internet de France Culture.

- Notre dessinateur espion préféré poursuit quant à lui son incroyable parcours médiatique autour du Journal. A croire qu'il prend de la potion magique ! A noter tout particulièrement ces dernières semaines :

ebda745e4580b7cc68c6575c9738735a.jpg. un dossier intitulé "Mes disques à moi" dans le numéro de mars de Rock and Folk. Si cette dernière publication nous propose une incroyable photo de Serge CLERC dans sa cuisine à ne rater sous aucun prétexte, elle n’est vraiment pas à la hauteur de l’hommage qu’on pouvait attendre de la part d’un magazine auquel le créateur de Phil Perfect a largement contribué. Un petit cahier spécial reprenant ses contributions graphiques à l’imagerie Rock aurait été particulièrement opportun. Dommage que l’équipe de Rock and Folk n’y ait pas pensé.

. une interview radio dans le cadre de l'émission Culture Vive sur RFI à écouter sur le site internet de la radio.

. un nouvel entretien en compagnie de Jean-Pierre DIONNET pour le site internet de Arte.

- Voila une nouvelle qui n'enchantera pas Jean-Pierre DIONNET, bien connu pour ne pas porter l'oeuvre d'HERGE dans son coeur. Un nouveau numéro spécial consacré à Tintin vient d'être publié par le Figaro et Beaux-Arts Magazine.

aec436716e423fb22867d6ba10bc8e94.jpgIntitulée Tintin à la découverte des grandes civilisations, comptant pas moins de 172 pages, cette publication n'offre rien de vraiment nouveau, en tout cas pas de révélation fracassante pour les amateurs et connaisseurs de l’œuvre d’HERGE. Elle n'en demeure pas moins de grande qualité par le soin tout particulier porté à l'iconographie et la qualité des contributions et analyses proposées, plusieurs étant signées de pointures comme Michel SERRES ou Philippe GODDIN. On retiendra une analyse sommaire mais fort intéressante de Paul GASQUET sur le trait hergéen qui, en le replaçant dans l’histoire du dessin, nous fait remonter aux origines de la ligne claire. Au final, une bien belle publication pour une somme fort raisonnable. Plus d'informations sur le site du Figaro.

- Monsieur, "le magazine de l'homme élégant", se fait une spécialité des couvertures ligne claire. En effet, après FLOC’H pour le numéro 68 de décembre-janvier, c’est au tour d’André JUILLARD de faire la une du numéro 69 de mars-avril 2008 avec une reprise de la couverture du prochain Blake et Mortimer, Le sanctuaire de Gondwana, à paraître fin mars.

c7f6955165057a251e0b58f05263cfed.jpgA l’intérieur, un papier sans surprise de Jacques PESSIS sur les héros créés par Edgar P. JACOBS. Pour en savoir plus, les amateurs de Blake et Mortimer pourront se diriger utilement vers un nouveau site consacré à ces deux personnages et très riche en informations : http://blake-jacobs-et-mortimer.over-blog.com/

27/01/2008

ANGOULEME HONORE LA LIGNE CLAIRE !

Avec l'attribution du Grand Prix d’Angoulême 2008 à Philippe DUPUY et Charles BERBERIAN, c'est toute la ligne claire qui se trouve récompensée.

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Si DUPUY- BERBERIAN méritent amplement cette distinction au vu de la qualité de leurs oeuvres, il nous semble incontournable d'associer à cette reconnaissance bien d'autres dessinateurs qui partagent avec eux une même culture graphique et une même approche de la bande dessinée et de l'illustration.

Nous avons donc envie de féliciter aujourd'hui François AVRIL, Ted BENOIT, Serge CLERC, Jean-Claude DENIS, FLOC'H, LOUSTAL, MAX, Ever MEULEN, Walter MINUS, Philippe PETIT-ROULET, STANISLAS, Joost SWARTE, Daniel TORRES, SETH... et tous les artistes ligne claire ! Avec également une pensée pour Yves CHALAND.

On peut penser que l'édition 2009 du Festival International d'Angoulême sera l'occasion d'une belle réunion d'artistes ligne claire avec, pourquoi pas, une exposition Klare Lijn International !

21/10/2007

UN BEAU PANIER GARNI

Dans la déferlante des sorties qui inondent nos librairies, qu’il nous soit permis ici de mettre en avant quelques publications ligne claire qui ont retenu notre intérêt au cours des dernières semaines et qui méritent de figurer presque toutes dans le panier de la ménagère klare lijn !

medium_saboum.jpgLa collection Patrimoine BD des éditions Glénat nous propose de (re)découvrir un personnage créé à la fin des années 1950, dans l’hebdomadaire Bayard, par Jean CHAKIR, dessinateur français surtout connu pour sa série Tracassin publiée à partir de 1962 dans Pilote. Il s’agit de l’inspecteur SABOUM, étrange policier dont l’apparence fait penser à un TINTIN avec la boule à zéro portant costume et lunettes noires. Etonnant ! Le trait de CHAKIR s’inspire ici de la ligne claire d’HERGE sans atteindre son excellence. En effet, le dessin est parfois brouillon, la mise en page n’est pas toujours bien inspirée et le récit parait le plus souvent improvisé autour d’une trame générale. Intitulée L’énigmatique Monsieur Paul, cette aventure est emblématique de la bande dessinée de l’époque avec héros intrépide, méchants gangsters, poursuites et rebondissements menés tambour battant. Cela fait penser aux FELIX de TILLIEUX. Au final, malgré ses imperfections, cette bande dessinée se révèle agréable à la lecture. Elle comblera tous les nostalgiques des années 50. Pour les autres, elle semblera bien datée. Rien ne dit si Glénat éditera d’autres aventures de ce personnage dont la carrière s’est prolongé jusqu’au début des années 1970.

medium_BAYARD_COUV.jpgUn inspecteur pouvant en cacher un autre, évoquons maintenant Bienvenue en Enfer, le seizième volume des aventures de l’inspecteur Bayard sorti chez l’éditeur du même nom. Les enquêtes proposées par le scénariste Jean-Louis FONTENEAU ont cette fois-ci pour cadre les îles grecques. On y retrouve avec plaisir les personnages habituels de la série, l'inspecteur Bayard, Sam, Isa, le Yorg mais aussi l’ignoble et malfaisant Orseck Malmor, l’ennemi juré de notre héros. Le dessin ligne claire d’Olivier SCHWARZ est toujours aussi efficace et élégant. Une bien belle série pour les jeunes et … moins jeunes ! Qu’on se le dise, l’Inspecteur Bayard, ce n’est pas que pour les enfants. Na ! Le prochain épisode des aventures de l'Inspecteur sera t-il publié avant ou après le SPIROU que prépare dans le plus grand secret l'ami SCHWARTZ sur un scénario de YANN ? Mystère ! Quelques planches de ce futur SPIROU sont visibles en exclusivité sur le site expressbd.com.

medium_Franka_T3_10cm.jpgComme nous l’annoncions l’an passé sur ces pages, les Humanoïdes Associés se sont engagés dans la publication d’aventures inédites de FRANKA, la bande dessinée néerlandaise du dessinateur Henk KUIJPERS dont un nombre limité de titres avait été traduit en France dans les années 1980 alors qu’elle se poursuit depuis, avec succès, dans son pays d’origine. Après la réédition, ces derniers mois, des deux volumes des Dents du Dragon, nous sont proposés en cette rentrée deux aventures inédites en France, Victime de la Mode et Comme au cinéma. On y retrouve avec plaisir l’héroïne particulièrement énergique et le dessin très ligne claire de KUIJPERS. Ces bandes dessinées d’aventures classiques sont servies par un trait, un découpage, une mise en page qui tout en s’inscrivant dans la tradition de la bande dessinée ligne claire se révèlent d’une grande modernité. L’auteur hollandais sait allier la simplicité, la fluidité et le dynamisme du dessin avec un traitement extrêmement soigné du deuxième plan qui regorge d’éléments et de détails (décors élaborés, figurants en action…), ce qui donne beaucoup de vie à son univers graphique. Sans sombrer dans le puritanisme, on déplorera simplement le penchant coquin de l’auteur qui tend un peu trop à dénuder ses héroïnes et à nous dévoiler leurs anatomies, ce qui n’apporte rien au récit. On relèvera avec intérêt que loin d’être figé, le trait de KUIJPERS évolue avec son temps. Les derniers épisodes de FRANKA publiés aux Pays-Bas l’attestent. Espérons que les Humanoïdes Associés nous les proposeront dans les prochains mois.

medium_bd.jpgL’année 2007 marque décidément le grand retour de COLONEL MOUTARDE à la bande dessinée. En effet, après L'espace d’un soir, son vaudeville à la construction originale sur un scénario de Brigitte LUCIANI (Delcourt) et le second volume de Grenadine et Mentalo, sa bande dessinée pour enfants (Milan) publiés en début d’année, la talentueuse dessinatrice nous revient avec La BD des Filles, une histoire écrite par Anne BARAOU, autre signature reconnue de la bande dessinée. Comme l’indique à la fois son titre et sa couverture paillette très rose bonbon, cette nouvelle bande dessinée co-publiée par Dargaud et Fleurus est principalement destinée à un public de jeunes filles. Il y est en effet question de la vie quotidienne de quatre copines, de leurs joies, de leurs peines et de leurs petits problèmes. Que le lecteur quelque peu déconnecté des préoccupations adolescentes se rassure. Cette bande dessinée n’est pas un produit marketing 100% filles et l’histoire proposée par Anne BARAOU est accessible à tous les publics. Elle est bien construite et plutôt attachante. Et puis, il y a le charme du trait du Colonel Moutarde plein d’élégance, de dynamisme, de délicatesse et de modernité. On ne s’en lasse pas !

medium_banana.jpgPuisque nous faisons dans le style "Girly", signalons Banana Sunday une sympathique bande dessinée publiée dans la collection peps des éditions Albin Michel. Il y est question d'une adolescente qui éprouve des difficultés à s'intégrer dans un nouveau lycée. Il faut dire qu'elle est accompagnée de trois singes qui parlent et qui ne manquent pas de caractère ! Le récit signé Root NIBBOT est loufoque, léger et drôle. Il sait aborder en finesse le thème des relations amicales et amoureuses entre ados sans sombrer dans le sirupeux et la mièvrerie. Le dessin de Colleen COOVER est particulièrement soigné et vraiment gracieux. Un très agréable moment de lecture pour les ados et tous les autres.

medium_aventuriers_architecture.JPGCela faisait bien longtemps qu’il ne nous avait pas proposé de nouvel ouvrage et on pouvait le croire disparu à jamais du monde de la bande dessinée. Heureusement il n’en est rien ! Jean-François BIARD, le dessinateur de plusieurs bandes dessinées très ligne claire chez Magic Strip (Le rubis de vie, Tous fourbes), Albin Michel (38ème parallèle, Soutanes noires et culottes courtes) ou Lavauzelle (De Gaulle, Leclerc) nous revient avec Les aventuriers de l’architecture, une bande dessinée éditée par l’Ordre des Architectes de Rhône-Alpes. Cet ouvrage a pour ambition de faire découvrir aux plus jeunes le métier d’architecte et les enjeux de l’aménagement urbain au travers des péripéties de Charlotte et Victor, deux adolescents qui visitent, en compagnie d'un architecte, grâce à une machine à remonter le temps, les édifices marquants de la planète, des pyramides égyptiennes au musée Guggenheim de Bilbao. C’est passionnant et jamais rasoir ! Jean-François BIARD nous propose un dessin ligne claire très inspiré par Serge CLERC et Yves CHALAND. Une vraie réussite. Espérons qu’il n’en restera pas là et nous offrira bientôt de nouvelles réalisations. Les aventuriers de l’architecture est disponible auprès de l’Ordre des architectes de Rhône-Alpes : croara@wanadoo.fr . Plus d’infos sur http://www.architectes.org .

medium_comment_cétait.jpgToujours dans la veine pédagogique et didactique, saluons Comment c’était avant, le dernier livre jeunesse concocté par Dupuy-Berbérian chez Albin Michel Jeunesse. Il y est également question de voyage dans le temps puisque les deux auteurs nous proposent de mesurer l’évolution de trois environnements (une rue, un appartement, un paysage de campagne) en nous les présentant à différentes périodes (1920, 1950, 1970, 2000). L’idée est de faire découvrir, par l’image, les multiples changements qui interviennent d’une époque à une autre. Au lecteur, petit ou grand, de rechercher, sur de grandes doubles pages bourrées de détails, les objets, outils, machines, commerces qui disparaissent (le moulin à café, le gramophone, le chapelier, la marchande de quatre saisons…), évoluent (l’autobus, la voiture, la chaussée, l’habillement…) ou bien apparaissent (le téléphone, le réfrigérateur, le téléviseur, l’ordinateur…) au fil des ans. Un livre idéal pour toute la famille, des plus jeunes à leurs arrière-grands-parents car il permet d’échanger entre générations sur les changements plus ou moins rapides qui ont affecté, modifié ou amélioré notre cadre de vie et notre société depuis un siècle.

medium_couvdm11.jpgComme nous l'avions évoqué sur ces pages, signalons que Le Grand Animateur, le Donjon dessiné par STANISLAS est disponible. N’étant pas féru de l'œuvre « donjonnesque » de Messieurs SFAR et TRONDHEIM, je ne saurais vous dire si c’est un bon cru de la série des Donjon Monsters. Je me suis arrêté à la clarté du dessin de STANISLAS, l’originalité de son découpage et à sa mise en page inspirée et astucieuse. Ses automates, ses monstres-goussets, ses personnages anthropomorphes et ses décors d’inspiration médiévale constituent une vraie réussite. A travers cet exercice de style, STANISLAS prouve s’il en était encore besoin que son style graphique s’adapte à tous les univers.

Le lecteur français doit se montrer des plus patients pour découvrir les belles publications québécoises des éditions de la Pastèque car le Comptoir des Indépendants en charge de leur diffusion française nous les propose le plus souvent avec retard. L’excitation n’en est donc que plus grande lorsqu’elles arrivent dans les bacs des libraires ! Or Joie, bonheur, voici qu’en cette rentrée, nous sont proposées trois pépites made in Québec.

medium_Michel_risque_4.jpgTout d’abord, nos zygomatiques se régaleront de la suite des aventures de Michel Risque, notre stupide héros préféré, avec un quatrième volume intitulé Le droit chemin, un récit inédit jamais publié en album. Notre ami Michel Risque, sa compagne Poupoune et son ami journaliste Bill Bélisle s’y trouvent confrontés à une secte religieuse américaine. L’oncle Ludger et Red Ketchup sont du casting. Comme d’habitude, on se bidonne devant les « exploits » calamiteux de nos héros complètement déjantés, on admire le talent de dessinateur de Real GODBOUT à la ligne claire impeccable et on salue la verve non-sensique de son co-auteur Pierre FOURNIER. Et on attend avec impatience Destination Z, le dernier volume de la série. Snif ! C’est trop triste ! Mais qu’on se rassure car on découvrira dans la foulée le premier tome des aventures de Red Ketchup, l’increvable agent fou du FBI, nouveau projet particulièrement bien inspiré de nos amis de la Pastèque. Ce premier volume intitulé La vie en Rouge est totalement inédit. Un bonheur n’arrivant jamais seul, un site internet sera ouvert pour l’occasion à l’adresse suivante : www.red-ketchup.com.

medium_100_150_web_sites_user_10_243_48954_public_gazette_images_stories_images_gazette_07juin_02PASL337-0.jpgLa deuxième bonne surprise « pastéquienne » de la rentrée est la publication de Boris, album écrit et dessiné par Rémy SIMARD. Sous une couverture d’une beauté simplissime, se cachent des strips très drôles – et pas seulement pour les jeunes parents – mettant en scène les frasques du petit Boris, personnage ayant déjà fait l’objet de deux parutions en petits albums muets chez le même éditeur (Méchant Boris et Super Boris). Ici, Boris nous livre ses pensées de petit garçon au contact de son environnement, à savoir ses parents, sa sœur, et Paulette la fleur. C’est bourré d’humour et parfois très grinçant ! Au-delà du ton, on appréciera l’esthétisme du dessin de Rémy SIMARD. Simple, moderne et efficace. Du grand Art ! On se réjouira d’apprendre que le second volume des aventures de Boris est déjà prêt. Espérons qu’il ne tardera pas trop à traverser l’Atlantique.

medium_Bologne.jpgTroisième nouveauté marquante de la dernière fournée, même si elle ne s’apparente pas graphiquement à la ligne claire : Bologne de Pascal BLANCHET. Nous avions eu l’occasion de saluer comme il se doit ce dessinateur québécois de grand talent pour son admirable Rapide Blanc. Son nouveau récit, un conte symphonique en trois actes, nous transporte dans un petit village russe perché sur un pic rocheux pour nous livrer un mélodrame angoissant autour d’un boucher triste, de sa fille aveugle, amputée d’un bras et d’une jambe, du professeur de cette dernière et d’un infâme Duc. Rien de bien réjouissant me direz-vous ? Ne vous arrêtez surtout pas à cette description dramatique et précipitez vous sur cet album car il vous enchantera. Comme d’habitude, l’ouvrage de Pascal BLANCHET est bourré de références musicales et s’articule autour d’une sélection discographique à écouter pendant la lecture (notamment CHOSTAKOVITCH et PROKOFIEV). Il est d’ailleurs dommage que les morceaux cités ne soient pas fournis avec le livre. Graphiquement, Pascal BLANCHET impose une nouvelle fois son style inimitable, à la fois rétro et moderne. Il nous faudra attendre l’an prochain pour savourer son prochain opus, un livre intitulé Émile Laplante .

medium_Couv_DernierMousquetaire.jpgJASON nous en avait parlé dans le cadre de l’entretien qu’il nous avait accordé en début d’année. Le Dernier Mousquetaire, sa dernière bande dessinée est publiée chez Carabas. Le moins que l’on puisse dire est qu’elle ne manque pas d’originalité. En effet, l’auteur norvégien nous y propose un épisode des Trois Mousquetaires mêlant aventure, humour et science-fiction. De l’Alexandre DUMAS teinté de FLASH GORDON avec un zeste de Buster KEATON ! Résumer ce nouveau récit de JASON serait gâcher le plaisir de la découverte tant les surprises sont nombreuses au fil des pages. Sachez cependant qu’on y retrouve avec plaisir le style de l’auteur, à savoir sa sobriété graphique, ses personnages aux traits animaliers, son humour très décalé, son goût pour le burlesque mais aussi un ton parfois empreint d’une profonde tristesse. Plus léger que les précédents ouvrages de JASON, Le dernier Mousquetaire est aussi moins silencieux qu’à l’accoutumée, le mousquetaire, héros principal du récit, se montrant plutôt bavard. Les lecteurs connaissant Montpellier apprécieront tout particulièrement les multiples scènes que JASON consacre à la ville où il réside depuis quelques années. Je ne sais quel accueil a réservé Mme le Maire de Montpellier à sa caricature animalière...

medium_ACMECouv.jpgAprès la traduction française de Jimmy Corrigan en 2002, les éditions Delcourt nous offrent aujourd’hui une version française de l’imposant ACME Novelty Library de Chris WARE initialement publié chez Pantheon Books, recueil de planches initialement publiées dans son comic-book du même nom. Une fois de plus le talent et la virtuosité de l’auteur éclatent au grand jour dans un ouvrage au format inhabituel et au contenu d’une densité inouïe (même les tranches de l’album comportent de la bande dessinée). C’est à nouveau un exercice pour nos pupilles qui se trouvent véritablement sollicitées par un graphisme méticuleux, un agencement incroyable des vignettes, une narration innovante, des textes minuscules…Quand on connaît le perfectionnisme du créateur et son aversion pour toute typographie informatique, on imagine les difficultés posées par l’adaptation française des pages de son ACME. On y trouve un florilège d’éléments hétéroclites, drôles et caustiques : pages rédactionnelles, fausses publicités, objets à monter soi-même et les aventures de personnages récurrents tels Rusty Brown, Big Tex, Rocket Sam, Quimby the Mouse, Frank Phosphate… Du grand art ! Je ne sais si le travail de Chris WARE peut être assimilé à de la ligne claire tant il déroute mes sens. Si son dessin n’est pas sans lien avec auteurs comme HERGE ou SWARTE, il n’en demeure pas moins que sa narration ne répond pas aux exigences de lisibilité chères au créateur de Tintin. Rentrer dans les bandes dessinées de Chris WARE appelle un investissement – j’allais presque dire un effort – du lecteur. Elles se méritent. Les amateurs anglophones de l’œuvre de Chris WARE pourront découvrir d’ici la fin d’année deux nouveaux ouvrages : le numéro 18 de son ACME Novelty Library et le deuxième volume de ses carnets annoncés chez Drawn and Quarterly.