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09/04/2014

INTERVIEW : ERIK DE GRAAF

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C'est toujours un grand plaisir d'accueillir le néerlandais Erik de Graaf sur Klare Lijn. En effet, entre lui et nous, c'est déjà une longue histoire. Erik nous avait fait le plaisir de nous accorder sa première interview en français et de dessiner notre carte de voeux 2009. Par ailleurs, nous avons la fierté d'avoir quelque peu contribué à la traduction francophone de Jeux de Mémoire, sa première bande dessinée.

Eclats, son dernier ouvrage publié aux éditions de la Pastèque, premier tome d'un diptyque ambitieux, confirme tout le bien que nous pensons de cet auteur. Erik de Graaf signe ici une oeuvre forte et poignante sur la seconde guerre mondiale aux Pays-Bas à partir d'éléments inspirés de sa propre histoire familiale. Son dessin très graphique et ses choix de mise en couleurs servent à merveille son propos sur les horreurs de la guerre. Une vraie réussite que nous encourageons à découvrir au plus vite si ce n'est déjà fait.

Un grand merci à Erik pour cet échange et pour son illustration avec, en avant-première, quelques planches du second volume que nous attendons déjà avec une grande impatience.

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Klare Lijn International : Vos bandes dessinées sont toujours en lien avec votre passé - Jeux de Mémoires - ou celui de votre famille - Eclats. Est-ce que cela vous est indispensable pour créer ou bien pourriez-vous écrire une bande dessinée entièrement déconnectée d’éléments de votre vie ou de votre histoire familiale ?
 
Erik de Graaf : Je pense qu’il ne faut pas chercher loin de belles histoires. Il est vrai que j'ai mélangé de vraies histoires de famille à la fiction . J'aime écrire et dessiner sur les gens ordinaires parce que je suis issu d'une famille tout à fait ordinaire . Et je dois dire aussi que je suis une personne très nostalgique . J'aime l'enfance , les années où les choses n'étaient pas si compliquées , où la vie était plus facile . Aussi des décennies comme les années 30, 40 et 50 avec la belle architecture, les voitures et la mode. C'est sans doute pourquoi des artistes comme Yves Chaland et Seth sont quelques-uns de mes favoris . Il y a également l’influence de ma grand-mère qui était une conteuse. Elle m'a raconté des tas d'histoires du passé, de la deuxième guerre mondiale. J’ai probablement hérité d’elle un goût pour raconter des histoires. 
Est-ce que je pourrais raconter une histoire qui ne serait pas reliée au passé de ma famille ? Je pense que oui. Je n'ai pas encore d'idées concrètes. Mais qui sait ?

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KLI : Avec Eclats, vous semblez vouloir rendre hommage à votre oncle.
 
EDG : J'ai beaucoup de respect et d'admiration pour les jeunes soldats qui ont essayé d'arrêter l'ennemi allemand en 1940 alors qu’ils n'avaient pas d'armes appropriées et n’étaient pas très bien formés. Ils ont fait ce qu'ils pouvaient mais bien sûr, ils étaient également effrayés. Ils avaient autour de 20 ans et devaient lutter contre une armée supérieure. J'ai utilisé des éléments d'un journal tenu en mai 1940 par l'un de ces soldats qui est devenu un oncle de substitution après la guerre. C’est lui qui m'a suggéré de faire quelque chose de mes penchants artistiques. Ces dernières années, j'ai aussi découvert qu'un autre soldat qui était lui mon vrai oncle (il a épousé la sœur de mon père) était dans la résistance pendant la guerre. Il a dû travailler en Allemagne en 1942, s'est échappé puis est devenu un membre armé de la résistance. Il y a aussi mon grand-père. J’ai découvert qu’il avait joué un petit rôle dans la résistance. Mes grands-parents n'en ont jamais parlé. Je vais utiliser ces histoires dans le prochain volume.
On peut donc dire effectivement qu’on peut voir Eclats comme un hommage à mes deux oncles mais aussi à mon grand-père et ma grand- mère, des gens ordinaires qui ont survécu à une période extraordinaire .

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KLI : C’est la raison pour laquelle des photos et des éléments sur l'histoire de votre famille sont publiés à la fin du livre ? Pour vous connecter à la réalité ?
 
EDG : C'est exact. Cela fait partie de l' hommage et cela rend l'histoire encore plus réaliste .

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Klare Lijn International : Pourquoi avoir choisi le titre Eclats ?
 
EDG : J’ai choisi Eclats parce que les vies des principaux personnages s'effondrent à cause de la guerre. Et des Eclats peuvent provoquer des blessures. Pour la suite, je pense utiliser Balafres ou Cicatrices, le résultat des Eclats
 
KLI : Pourriez-vous nous donner des informations sur la narration d’Eclats ? Avez-vous d'abord écrit votre récit d'une manière chronologique pour ensuite couper et organiser les éléments par successions de flash-backs ?
 
EDG : L'histoire est racontée par période. Elle commence en 1946, un an après la fin de la guerre. Dans un cimetière, Victor retrouve Esther, sa bien-aimée. Ils avaient été séparés en mai 1940, au début de la guerre lorsque Esther qui était juive avait été contrainte de se cacher. Victor, de son côté, s'était engagé pour combattre les Allemands près de Rotterdam. Dans ce cimetière, ils commencent à se raconter leurs traversées des années de guerre. Bien qu'Esther n’en parle pas beaucoup, il est clair qu'ils ont été contraints de faire des choix impossibles. L'histoire saute de 1946 vers les années de guerre et revient même aux années d'avant-guerre. Le thème du livre est la perte. La perte de la liberté, d’êtres aimés, de l'innocence, de la jeunesse et des rêves.
Pour la conception, après avoir fait un schéma d’ensemble, j'ai écrit l'histoire comme elle se présente aujourd’hui dans le livre.

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KLI : Avez-vous lu des livres ou vu des films sur la deuxième guerre mondiale aux Pays-Bas pendant la préparation d'Eclats ? Quels sont-ils ? Quand j'ai lu votre bande dessinée, j’ai pensé à Black Book, le film de Paul Verhoeven.
 
EDG : J'ai fait beaucoup de recherches dans des ouvrages, sur Internet, dans des musées. Mais j'ai regardé aussi pas mal de films (comme Black Book et Soldier of Orange) ainsi que des documentaires.
 
KLI : Sur le plan du dessin, avez-vous facilement fait votre choix sur la taille des pages, la quantité de bandes, l’option de planches avec une seule illustration ... ?
 
EDG : Parce que je voulais créer un roman graphique, j'ai choisi cette taille de planche et ce nombre de bandes qui s'inscrit bien dans ce format. Je voulais une certaine différenciation dans le livre, c'est pourquoi j'ai utilisé des pages avec une seule illustration. La plupart du temps quand une nouvelle scène commence ou quelque chose de dramatique se produit . Et puis pour être honnête , j’aime dessiner ces grandes illustrations. 

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KLI : Concernant la couleur , pourriez-vous nous parler de vos choix ? Chaque période a son code de couleurs. N'est-ce pas ?
 
EDG : Comme il y a beaucoup de flash-back dans l'histoire, je voulais «guider» le lecteur à travers le livre, lui faire comprendre facilement à quelle période de l'histoire il se situait. La série télévisée allemande Heimat qui met en scène la vie quotidienne des habitants d’une ville de Rhénanie de la fin de la Première Guerre Mondiale jusqu’au début des années 80 m’a inspiré par son passage du noir et blanc à la couleur. Dans Eclats, la période précédant la guerre est en noir et blanc, les années de guerre sont en tons sépia et les années d'après-guerre sont en couleur grisâtre (c’est après la guerre que la photo couleur a commencé à apparaître).

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KLI : Quel a été l’accueil réservé à la première partie d'Eclats quand elle a été publiée aux Pays-Bas ? La Seconde Guerre constitue t’elle un thème souvent utilisé dans la bande dessinée néerlandaise ?
 
EDG : Le livre a obtenu beaucoup de publicité aux Pays-Bas et a suscité de nombreux commentaires positifs ainsi que des interviews. Le fait qu'il soit traduit en français confirme maintenant, du moins je le pense, son intérêt. Et je dois dire que les premiers commentaires en provenance du Québec et de France sont également très positifs. Il y a aussi un certain intérêt qui se manifeste dans d'autres pays mais ça vient lentement. La seconde guerre mondiale n'est pas souvent utilisée dans la bande dessinée néerlandaise. Il y a quelques livres mais pas beaucoup.
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KLI : Eclats est le premier volume d’une histoire en deux tomes. Couper ainsi un récit est toujours une source de frustration pour le lecteur. J’imagine que c'est un choix éditorial. Quand sera publiée la seconde partie de Eclats ? 
 
EDG : Couper l'histoire en deux parties est un choix éditorial mais aussi commercial. Un livre de plus de 500 pages serait tout simplement trop cher pour le marché néerlandais. J'espère finir le second volume en 2015 et qu’il puisse être publié fin 2015 ou début 2016.

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Projet de couverture pour le second tome

Ci-dessous, extraits inédits du second tome

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Liens utiles :
 
- le site des éditions de la Pastèque
 
- le site d'Erik de Graaf
 
Illustrations copyright Erik de Graaf & La Pastèque
 
English version of the interview :
 
Klare Lijn International : Your comics are always in link with your past – Jeux de Mémoires - or the past of your family – Eclats. Is it indispensable for you to create comics or could you create a comic entirely disconnected for elements of your life or family history ?
 
Erik de Graaf : I think beautiful stories mostly aren’t so far away. It’s true that I’ve mixed real family-stories from the past with fiction. I like to write and draw about ordinary people, because I am from quite an ordinary family. And I also must say that I am quite a nostalgic person. I like childhood, the years when things weren’t so complicated, when life was easier. Also decades like the 30’s, 40’s and 50’s with the beautiful architecture, cars and fashion. That’s probably why artists  like Yves Chaland and Seth are some of my favorites. Also my grandmother was a storyteller, she told me lists of stories from the past, the Second World war. Probably I inherited here story-telling talent. 
If I can tell a story that isn’t connected to my family’s past? I think so, I don’t have concrete ideas yet, but who knows? 
 
KLI :With Eclats, do you want to make an homage to your uncle ? 
 
EDG : I have a lot of respect and admiration for the young soldiers who tried to stop the German enemy in 1940, although they didn’t have proper weapons and weren’t trained very well. They did what they could, but of course were also  scared. They were around 20 years of age and had to fight a superior army. I used parts of a diary from may 1940 of one of those soldiers, he became a surrogate uncle after the war. He was the one who inspired me to do something  with my artistic talent. During the past years I’ve also discovered that another soldier who was my real uncle (he married my father’s sister) was in the resistance during the war. He had to work in Germany in 1942, escaped and 
became a armed member of the resistance movement. And also my granddad played a small part in resistance I have discovered. Both my grandparents never have talked about. I’m going to use those stories in the next book. 
And yes, you could see Eclats as a hommage to both my uncles, but also to my grandad and grand mum, ordinary people who survived in an extraordinary period. 
 
KLI : Why photos and elements of your family history are published at the end of the book ? To connect to reality ?
 
EDG : That’s correct, it’s also a part of the hommage and makes the story even more realistic.
 
KLI : Why did you choose Eclats for the title of your book ?
 
EDG : I used Eclats because the lives of the main characters falls apart because of the war. And Eclats can give wounds. I’m thinking of using the title "Balafres" ou "Cicatrices", the result of Eclats.
 
KLI :Could you give us informations about the storytelling of Eclats ? Did you first write Eclats in a chronologic way and after cut and organize the elements by succession of flashbacks ? 
 
EDG : The story is told in time-frames. It begins in 1946, a year after the end of the war. On a cemetery, Victor finds back his beloved Esther. The were separated in may 1940, at the beginning of the war, when the Jewish Esther went into hiding and Victor was fighting as a soldier against the Germans near Rotterdam. On the cemetery they start to tell each other their experiences during the war-years. Although esther doesn’t say much, it’s clear that they had to make impossible choices. The story jumps from 1946 back to the war years and even back to the years before the war. The theme of the book is loss. Loss freedom, of beloved ones, of innocence, youth and dreams. 
After making a scheme I’ve written the story as in it is the book now. 
 
KLI : Did you read books or see movies about second war world in Nederland during the praparation of Eclats ? What are they (When I read your comic, I think about Black Book, a film of Paul Verhoeven) ?
 
EDG : I’ve done a lot of research, in books, on internet, in musea. But I’ve also seen quite some movies (like Black Book and Soldier of Orange) and documentaries.
 
KLI : And about the graphism, did you make easily the choice of the size of the pages, the quantity of strips, the options of big pages with only one illustration… ?
 
EDG : Because I wanted to make a graphic novel I’ve chosen the current size and the number of strips fits well into that size. I wanted some differentiation in the book, that’s why I have used pages with one illustration. 
Mostly when a new scene starts or something dramatic happens. And to be honest, I like to draw this large illustrations now and then. 
 
KLI : And about colour, could you tell us about your choices ? Each period has its colour code. Isn’t it ?
 
EDG : Because there are a lot of flashbacks in the story, I wanted to "guide" the reader through the book, make it easy to understand in which period the story is. The German television-serie Heimat inspired me. A great serie following generations from before WW1 till our time. The serie changes in color and that inspired me. 
In Eclats the period before the war is in black and white, the war-years are in sepia-tones and the years after the war are in grayish full color (after the war colored photo’s started to appear). 
 
KLI : Cut a story in two books is always a frustration for the reader. It’s an editorial choice I suppose ? When the end of Eclats will be published ? 
 
EDG : Cutting the story in two parts is an editorial choice but als a commercial one. A book with more than 500 pages would simply be too expensive for the Dutch market. I hope to finish the book in 2015, so I hope it can be published end of 2015 or 2016. 
 
KLI :What was the reception of the first issue of Eclats when it was published in Nederland ? Is the Second War a theme often used in comic in Nederland ?
 
EDG : The book got quite a lot of publicity in the Netherlands, a lot of positive reviews and interviews. The fact that it’s translated in French now confirms that it’s appealing I think. And I must say that the first reviews coming from Quebec and France are also very positive. There’s also some interest coming from other countries, but it’s coming slow. The second world war isn’t often used in Dutch comics. There are some books, but not much.
 

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28/10/2012

ERIK DE GRAAF CELEBRE MARTEN TOONDER

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Le nom de Marten Toonder n’est pas très connu en terre francophone. Pourtant, il s’agit d’un auteur majeur de la bande dessinée et de la littérature néerlandaises. Décédé en 2005, on lui doit plusieurs séries à succès, essentiellement animalières (le chat Tome Pouce, l'ours Bommel, le Petit Panda,…), qui ont été publiées à l’international et notamment en France, dans plusieurs quotidiens régionaux, de l'après-guerre jusqu'au début des années 1980.

A l’occasion du centenaire de sa naissance, le Letterkundig Museum de La Haye, aux Pays-Bas lui consacre depuis le 12 octobre et jusqu’au 31 janvier 2013 une grande exposition rétrospective. Les organisateurs ont eu la bonne idée de demander à Erik de Graaf d’illustrer le parcours de cet auteur pas du tout ligne claire, adepte des hachures, des aplats noirs et des décors fouillés. 

Une bonne raison de revenir vers le dessinateur de Jeux de Mémoire pour quelques questions.

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Le jeune Marteen Toonder à Rotterdam

(son père était marin et lui apportait des comics américains)

KLI : Etes-vous un amateur de l'oeuvre de Toonder ? Quelle place a t-il dans l'histoire de la bande dessinée aux Pays-Bas ?

Erik de Graaf : Marten Toonder a eu beaucoup d’influence sur plusieurs dessinateurs et auteurs de bande dessinée. C'est aussi quelqu'un d'important pour la littérature neerlandaise. En effet, ses dessins n'intégraient pas de phylactères. Ses textes étaient sous ses dessins. Sa série la plus fameuse est Heer Bommel. Ce sont des histoires fantastiques dans un univers extraordinaire. J'ai lu Toonder dans mon enfance. Il a aussi beaucoup de fans adultes. 

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Les Studios Toonder pendant la seconde guerre mondiale

(il a travaillé pour des entreprises allemandes et pour la résistance)

KLI : Comment avez vous collaboré à l'exposition que lui consacre le Letterkundig Museum ?

EdG : Le musée m’a demandé de créer des illustrations sur les moments les plus importants de la vie de Toonder, un très beau projet car c'était un homme avec plusieurs doubles faces : dessinateur-illustrateur et écrivain, artiste et homme d'affaires,... D'où le titre de l'exposition Een Dubbel Denkraam qui montre les différents aspects de ce personnage intéressant.

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Les apports de Toonder à la langue néerlandaise

(il a créé beaucoup de mots nouveaux)

Six périodes de la vie de Toonder ont été retenues. Pour chacune d'elles, j'ai créé un dessin. On peut voir dans mes illustrations comme une chambre ou un livre ouvert avec un monde intérieur et un monde extérieur (la fenêtre). Et ces deux mondes ont des contrastes.

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Toonder et sa critique de la société

Mes dessins au format 100 x 70 cm ont été imprimés en lenticulaire avec un effet 3D qui fait que lorsqu’on passe devant eux, des détails changent. C'est magique comme les mondes magiques créés par Toonder. 

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Les histoires de Bommel

(sa bande dessinée la plus célèbre)

KLI : Pour ces illustrations, vous avez fait le choix d'un dessin sans trait - même on sent bien qu'il y a eu un trait lors de la conception -avec des aplats de couleur. Pourquoi ? Est-ce un style vers lequel vous tendez pour l'illustration ? Pourquoi ne pas l'employer pour vos bandes dessinées ?

EdG : J'ai developpé ce style pour mes illustrations. Je l'apprécie parce qu'il est lumineux et dégage beaucoup d'atmosphère. J'envisage de dessiner une histoire comme ça. Les reactions sont très positives.

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Toonder en Irlande

(les quarante dernières de sa vie, il les a vécues en Irlande, terre d'inspiration pour les paysages de la série Bommel)

KLI : Est-ce qu'on peut se procurer vos illustrations ?

EdG : Le musée a publié un petit livre reprenant ces six dessins. On peut aussi se les procurer à l'unité, imprimés en pizographie, au format 70x50 cm. On peut recevoir le livre (7,50 euros) et mes piézographies en m’envoyant un email à erikdegraafcomics@gmail.com 

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L'ouvrage reprenant les illustrations d'Erik de Graaf

KLI : Vous avez aussi créé un certain nombre de strips en hommage à Toonder.

EdG : Oui. Une des histoires fameuses de Toonder a été rééditée, cette année, dessinée par 20 artistes. J'en ai dessiné cinq strips dans mon style personnel (ci-dessous).

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KLI : Sinon où en sont vos projets plus personnels ?

EdG : Je dessine actuellement la suite de Scherven, ma dernière bande dessinée publiée aux Pays-Bas. Si tout va bien, le premier tome sera édité en français et espagnol au printemps 2013.

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Pour en savoir plus sur Marten Toonder :
 
- site français :
 
- sites néerlandais :
 
Pour en savoir plus sur Erik de Graaf :
 
 
Illustrations copyright Marten Toonder & Erik de Graaf
 

22:05 Publié dans De Graaf | Lien permanent | Commentaires (1)

01/01/2011

BONNE ANNEE

Bonne et heureuse année à toutes celles et à tous ceux qui me font l’honneur de suivre ce modeste site.

Sachez que parmi mes bonnes résolutions pour 2011 figure la ferme volonté d'alimenter plus régulièrement ces pages en dépit d'un manque de temps chronique.

En effet, la nouvelle année nous réservera assurément plein de beaux ouvrages, d'expositions et d'événements ligne claire. Preuve s'il en était encore besoin que ce style graphique a encore de beaux jours devant lui.

Le programme des réjouissances s'annonce déjà fort alléchant pour ce premier trimestre avec notamment :

- la publication de Jeux de Mémoire du néerlandais Erik de Graaf aux édition de la Pastèque (en janvier)

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- Menace sur Appolo, le second épisode des aventures de Scott Leblanc, le "héros" de Devig et Geluck, aux éditions Casterman (en janvier)

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L'ile aux cent mille morts, la nouvelle création de Jason sur scénario de Fabien Vehlmann aux éditions Glénat (en janvier)

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- le nouvel album de Antonio Lapone, Accords sensibles, sur scénario de Régis Hautière, chez Treize Etrange-Glénat (en février)

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- une nouvelle bande dessinée de Cleet Boris, La maison de pain d'épice, chez Dupuis (en février)

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- 60 Ray Banana, ouvrage de Ted Benoit annoncé aux éditions Alain Beaulet (en mars en librairie et déjà disponible sur le site de l'éditeur)

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Et j'en oublie !

27/01/2009

BESTEN WENSEN

C'est avec grand plaisir que je vous renouvelle mes meilleurs voeux de bonne et heureuse année avec ma carte Klare Lijn 2009 signée Erik de GRAAF. Je vous laisse apprécier cette composition particulièrement inspirée du dessinateur et graphiste néerlandais.

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Erik de GRAAF y évoque en quelques traits les interrogations que nous pouvons tous avoir sur l'évolution de la situation économique et sociale. Plus explicite que les commentaires de nos analystes conjoncturels, son illustration démontre s'il en était encore besoin qu'un dessin ligne claire vaut mieux qu'un long discours !

En ces temps d'incertitudes sur l'avenir, une chose est certaine : la Klare Lijn n'a pas de soucis à se faire avec les nombreux artistes de talent qui servent sa belle cause.

Pour en savoir plus sur Erik de GRAAF :

- l'entretien qu'il nous a accordé, l'an passé, sur ces pages;

- son blog : www.erikdegraafcomics.blogspot.com

21:29 Publié dans De Graaf | Lien permanent | Commentaires (1)

07/09/2008

ERIK DE GRAAF, UN AUTEUR A DECOUVRIR

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Le nom d’Erik de GRAAF doit certainement vous être inconnu. Rien d’anormal à cela puisque les bandes dessinées de cet artiste néerlandais n’ont pas, à ce jour, été traduites en français.
Ses trois premiers albums publiés chez Oog & blik – De Harmonie depuis 2003 mériteraient pourtant d’être proposés au lecteur francophone. En effet, le dessinateur a réussi à créer des récits très personnels particulièrement attachants, servis par un trait ligne claire d’une grande pureté, qui peuvent être très facilement appréciés en dehors des Pays-Bas. La preuve en est que l’une de ces bandes dessinées a été publiée au Canada dans la prestigieuse revue des éditions Drawn & Quarterly.

Fidèle à sa mission de prospection des auteurs étrangers qui gagneraient à être connus et reconnus sous nos latitudes, Klare Lijn International est parti à la rencontre d’Erik de GRAAF. En espérant que cet entretien et les illustrations qui l’accompagnent vous donnent l’envie de découvrir ses créations.

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Couverture de l'édition intégrale des trois premiers albums d'Erik de GRAAF

Klare Lijn International : Pourriez-vous m’en dire un peu plus sur votre parcours professionnel jusqu’à ce jour ? Au regard de votre bibliographie, il semblerait que vos débuts en bande dessinée soient finalement assez récents. Pourquoi ?

Erik de Graaf : Dans ma jeunesse, je dessinais beaucoup. Quotidiennement. Vers 8 ou 9 ans, avec un ami d’enfance, j’ai créé mes premières “bandes dessinées” qui ont malheureusement disparu… Par la suite, j’ai étudié à l’Académie des Beaux Arts de Rotterdam pour devenir designer graphique. Pendant mes études, j’ai découvert les bandes dessinées de Joost SWARTE, Ever MEULEN, etc. C’est à ce moment là que ma passion pour la bande dessinée à commencé. Je me suis mis à collectionner des albums, des affiches et des portfolios. Dans le
même temps, je songeais à dessiner des histoires moi-même, mais pour diverses raisons, je n’y suis pas arrivé. J’étais très occupé tout d’abord par mes études et puis ensuite par mon emploi de designer. En plus, je lisais beaucoup de bandes dessinées d’une telle qualité qu’il me semblait irréalisable d’arriver à un tel niveau. Il m’était aussi difficile d’inventer un scénario suffisamment captivant. Ce n’est qu’à la fin du siècle dernier, alors que j’étais à la maison pour quelques mois pour cause de surmenage – payant cher d’avoir travailler très dur
pendant de nombreuses années – que toutes sortes de souvenirs de ma jeunesse me sont revenus. J’ai commencé prudemment à dessiner quelques histoires brèves basées sur ses souvenirs. Après avoir réalisé trois ou quatre histoires, je les ai montrées a quelques personnes dont un propriétaire de librairie B.D. Tous étaient enthousiastes et le libraire m’a conseillé de montrer mon travail a l’éditeur Oog & Blik à Amsterdam, connu pour éditer Chris WARE, Michel RABAGLIATI, SETH, Joost SWARTE,Ever MEULEN... L’éditeur s’est montré très enthousiaste et en 2003, je faisais mes débuts en bande dessinée avec deux albums. A l’âge de 42 ans.

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Une planche extraite du récit "de Autorit"

KLI : L’esthétique «ligne claire» marque vos travaux. Pour quelles raisons ? Parce que vous aimez le classicisme, une certaine forme d’élégance graphique… ?

EDG : La découverte des bandes dessinées de SWARTE, MEULEN, CHALAND, CLERC, TORRES et BENOIT, au début des années 1980, m’a beaucoup marqué. J’aimais vraiment leur style clair et esthétique. Peut-être que c’était lié à mes études de designer graphique. Un designer essaie toujours de donner de la visibilité et de la structure à ses créations. Ce type d’exigences, je le retrouvais dans ces bandes dessinées : de la clarté, de l’élégance et de l’esthétique. Il était évident pour moi que le jour où je ferai de la bande dessinée, ce serait “Klare Lijn”.

KLI : Au-delà de vos rapports privilégiés avec les auteurs apparus dans les années 1970-1980, quelle était la place que vous accordiez aux anciens (HERGE, FRANQUIN période 1995-1960, JACOBS…) ?

EDG : Je connaissais HERGE, FRANQUIN et JACOBS. Mais je n’ai vraiment commencé à lire leurs bandes dessinées qu’au moment où j’ai découvert qu’ils étaient les inspirateurs de beaucoup des dessinateurs des années 1980. Ma relation avec les dessinateurs comme CHALAND, CLERC… est, je pense, plus forte. HERGE, JACOBS, FRANQUIN sont des dessinateurs fantastiques. Par exemple, je trouve les aventures de Spirou créées par FRANQUIN vraiment formidables. Mais je crois que la ligne claire perfectionnée par SWARTE, CHALAND… m’attire davantage. Yves CHALAND est mon favori absolu. Il a perfectionné le style utilisé par FRANQUIN. Je pense que personne n’a égalé CHALAND jusqu’à présent.

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"Lapin" et "Lapin ?", deux illustrations extraites d'un catalogue d'expo Lambiek

KLI : Si je vous dis que je trouve dans vos planches plus de proximité avec les univers d’auteurs comme SETH, RABAGLIATI, BLANCHET, Rutu MODAN ou bien Chris WARE que du côté de la bande dessinée franco-belge traditionnelle, qu’est-ce que vous en pensez ? Le fait que vous ayez été publié chez Drawn & Quarterly, le format particulier de vos bandes dessinées, le soin apporté à leur finition et à leur "design", la pagination variable de vos récits sont des éléments qui me font dire que vous êtes proche de la démarche créative de ces auteurs. Exact ?

EDG : Je pense que vous avez raison. Bien-que je sois beaucoup inspiré par le style de CHALAND, mes histoires sont vraiment différentes des siennes. Mes récits ont effectivement plus d’analogie avec ceux d’auteurs comme SETH et RABAGLIATI. Je me sens proche d’eux même s’ils ont atteint un niveau de création bien supérieur au mien ! Leur style de dessin m’a évidemment influencé et les sujets, les périodes de leurs bandes dessinées me plaisent beaucoup.

KLI : Vos récits font référence au passé ? Etes-vous un nostalgique ?

EDG : Si je chéris des choses du passé, je vis au présent. J’aime par exemple le design des années 1930 et 1950 : les intérieurs, les meubles, les voitures, les vêtements et le design graphique. Mais j’essaie de les combiner avec des aspects contemporains.

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Illustration noir et blanc pour un catalogue d'expo Lambiek

KLI : Quelle est la part d’autobiographie dans vos bandes dessinées publiées jusqu’à présent ?

EDG : Les histoires publiées jusqu’à présent contiennent beaucoup d’éléments autobiographiques. Elles sont marquées par des souvenirs de mon enfance. Des souvenirs dont je me ne rappelle plus chaque détail… Si certaines histoires sont complètement autobiographiques, d’autres sont complétées par de la fiction.

KLI : Pour ces récits d'enfance, est-ce que vous utilisez de la documentation ou bien vos seuls souvenirs ?

EDG : Ce sont mes propres souvenirs, mais mon père et ma soeur les ont complétés. Et j’ai regardé beaucoup d’albums de photos de notre famille. Et puis j’utilise des images de voitures, de maisons, de vêtements… trouvées dans des livres ou sur internet.

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Une planche extraite du récit "Zomer 1969"

KLI : Vos cadrages sont souvent surprenants et participent à l'atmosphère assez étonnante dans laquelle baignent vos récits. Ils s’attachent souvent sur des détails ou une partie simplement d’un personnage. Pourquoi ce choix de mise en scène ?

EDG : Comme designer, je dessine beaucoup d’emballages. Sur un emballage, il faut qu’on rende l’essence d’un produit sur une petite surface. Dans mes premières bandes dessinées, j’ai essayé de transcrire un événement ou une émotion de manière aussi concrète que possible dans les cases. Cela produisait peut-être des cadrages particuliers mais les lecteurs les trouvaient intéressants. En me penchant sur l’usage des gros plans, je trouve que je les ai peut-être un peu trop utilisés. Dans la nouvelle histoire sur laquelle je travaille, j’essayerai de
doser un peu mieux leur utilisation pour atteindre plus de la variété dans les planches.

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Aperçu d'un travail de design d'Erik de GRAAF

KLI : Votre dessin n’a manifestement pas pour objet de traduire le mouvement. Il privilégie plutôt une approche statique dans la représentation des personnages. Est-ce que c'est délibéré ? Par ailleurs, votre trait n’insiste pas sur les volumes et reste très "2 D". Pourquoi ces choix ?

EDG : D’une part, j’aime ces images tranquilles. Le lecteur est vraiment confronté à l’événement, l’action ou l’émotion. D’autre part, pour le designer que je suis, c’est simplement beau à voir !

KLI : Comment parvenez vous à votre dessin ligne claire minimaliste ? Par une accumulation de croquis pour retenir ensuite la meilleure ligne parmi les nombreux traits de l'ébauche ? Par un système de calques successifs ? Ou bien assez directement ?

EDG : Je commence avec des petites esquisses de la composition grossière d’une page. J’agrandis les esquisses et je fais quelques calques pour perfectionner le dessin. Après je repasse le dessin à l’encre noire. Puis je gomme le dessin. Je le scanne dans l'ordinateur et j'ajoute les couleurs dans Illustrator et Photoshop.

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Illustration pour un catalogue d'expo Lambiek

KLI : Chacun de vos récits a une dominante de couleur qui participe beaucoup à l'ambiance un peu particulière de vos bandes dessinées. Comment abordezvous la mise en couleurs de vos albums ?

EDG : Chaque récit a sa propre couleur pour renforcer l’ambiance nostalgique. A l’époque durant laquelle se déroulent ces histoires, la télévision en couleurs n’était pas très répandue. C’est pourquoi j’ai cherché la couleur qui convenait le mieux avec chaque histoire : le jaune pour un récit qui se passe en été, le vert pour une histoire qui se déroule dans un verger, etc.

KLI : Pourriez-vous nous parler de votre prochain récit ? Vous quittez le monde de l'enfance pour celui de la seconde guerre mondiale. Quels sont vos buts ?

EDG : J’ai toujours été intéressé par la seconde guerre mondiale. Par les évènements historiques mais aussi par le caractère à la fois captivant et dramatique de cette période. Ma grand-mère m’en a beaucoup parlé. Ses histoires ont renforcé mon intérêt. Naturellement, je voudrais montrer que c’était une époque terrible en m’attachant en particulier à l’influence de la guerre sur la vie des gens ordinaires. Je veux aussi montrer le changement des personnes dans une situation si terrible : les familles qui se décomposent, des gens qui s’aiment et qui vont se haïr l’un l’autre… Le livre s’intitulera Des éclats.

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Extrait de la bande dessinée "Des éclats" en préparation

KLI : Est-ce qu'il y a une part d'autobiographie dans ce récit comme par exemple l'évocation de souvenirs de votre famille ?

EDG : Le début de mon récit est basé sur des événements authentiques racontés en partie par ma grand-mère ou lus dans le journal d’un de mes oncles. Je vais raconter l’histoire d’un jeune soldat hollandais et de celle qu’il aime, une jeune juive. Au début de la guerre, ils se perdent de vue. Lui se bat sur le front et elle fuit son village. Après la guerre, ils se retrouvent par hasard. Ils se racontent leurs histoires dramatiques et ils découvrent que beaucoup de choses ont changé.

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Extrait de la bande dessinée "Des éclats" en préparation

KLI : En dehors de la bande dessinée, quelles sont vos autres activités ? L'illustration ? Le dessin de presse ?

EDG : Au quotidien, je suis directeur créatif d’un bureau de design. Je dessine moi-même et je supervise d’autres designers. Je crée mes bandes-dessinées les soirs et les week-ends.

KLI : Qu'est-ce qui vous pousse à travailler le soir et le week-end sur vos bandes dessinées ? Qu'est-ce qui fait que vous avez envie de créer des bandes dessinées après votre travail de designer ? En quoi la création de bandes dessinées est différente d'un création de design ?

EDG : Travailler comme designer, c’est toujours travailler pour un client. J’essaye de créer un design avec mon coeur et mon intelligence. Mais il faut toujours qu’on trouve une solution avec le client. Et bien évidemment, j’essaye toujours de trouver un design très créatif, élégant et attrayant, mais c’est toujours pour un client et naturellement pour les consommateurs qui, espérons-le, vont acheter le produit. Avec mes bandes dessinées, j’ai la totale liberté de créer pour moi-mêmen, de faire ce que j’aime. Sans avoir à faire des compromis. Je suis le metteur en scène de mon film de papier. Je peux choisir les lieux, les acteurs, l’ambiance, les designs, les couleurs,... sans avoir de discussions avec une autre personne. Cela compense un peu mon travail de design pour un client. C'est peut-être une forme de thérapie… Pour réaliser des bandes-dessinées tout en travaillant cinq jours pas semaine, je dois m'astreindre à beaucoup de discipline. Je ne regarde pas beaucoup la télé et je lis d'autres bandes-dessinées avant de me coucher. Mais j’aime beaucoup dessiner mes histoires. Cela m'appprte un bon équilibre.

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Une illustration pas vraiment représentative de la discipline quotidienne d'Erik de GRAAF...

KLI : Si vous aviez la possibilité de vivre de vos bandes dessinées, est-ce que vous arrêteriez le design ou bien cela vous semblerait totalement impossible parce que le travail du dessinateur de bande dessinée est trop solitaire ?

EDG : Aux Pays-Bas, il n'est pas facile de vivre de la bande dessinée. Bien sûr que je voudrais le faire ! Peut-être que dans le futur, je pourrais réduire mon travail de design d'un à deux jours, de sorte que libérer plus de temps pour dessiner mes bandes-dessinées. Je n’aurais pas peur d'une existence solitaire, mais le contact avec d'autres personnes dans le monde de la création est aussi important pour moi. Il faudrait que je m'arrange pour avoir encore des amis et des relations avec des créateurs. Mais travailler en solitaire peut être aussi agréable. On peut prendre les decisions tout seul !

KLI : Est-ce qu'une traduction française de vos bandes dessinées est envisagée ?

EDG : Pas encore. Ce serait vraiment fantastique. Peut-être que cet entretien va me permettre d’entrer en contact avec des éditeurs français ? J’espère que les éditeurs visitent votre site de temps en temps.

KLI : J’espère bien ! Je ne peux d’ailleurs que leur conseiller de se pencher sur vos créations.

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Les bandes dessinées d'Erik de GRAAF sont éditées chez Oog & Blik - De Harmonie

Plusieurs illustrations de cette note sont extraites d'un catalogue d'exposition édité par Lambiek, la célèbre librairie-galerie d'Amsterdam.

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