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09/04/2008

ENTRETIEN AVEC JEAN-FRANCOIS BIARD

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L'automne dernier, j'évoquais sur ces pages le retour de Jean-François BIARD à la bande dessinée avec "Les aventuriers de l’architecture", une création éditée par l’Ordre des Architectes de Rhône-Alpes pour faire découvrir aux plus jeunes le métier d’architecte.

Je suis donc très heureux de vous proposer aujourd'hui un entretien avec l'auteur. En effet, il m'a semblé intéressant de revenir avec Jean-François BIARD sur son parcours en bande dessinée, ses créations passées, ses rapports avec la ligne claire, ses relations avec Yves CHALAND, ses projets...

Je tiens à le remercier ici pour sa disponibilité, son amabilité et ses confidences.

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Les aventuriers de l'architecture - extrait

Klare Lijn International : "Les aventuriers de l'architecture" marque votre retour à la bande dessinée après plus de quinze années d'absence. Comment ce projet a t-il vu le jour ?

Jean-François BIARD : La publication de cet album relève d'un heureux concours de circonstances. Je la dois en très grande partie à un dessinateur et ami, PICA. Sachant qu’un projet de BD était à l’étude et qu’ils étaient à la recherche d’un dessinateur, c'est lui qui m'a mis en relation avec l' Ordre des Architectes de la région Rhône-Alpes. La personne - architecte de son état - qui portait le projet me connaissait déjà à travers les quelques albums que j’avais publiés bien des années auparavant. Ma candidature soumise au Conseil fut retenue. Curieusement, je revenais donc à la BD, quinze ans après l’avoir quittée.

KLI : Qu'avez vous fait pendant toutes ces années où vous étiez absent de l'univers de la bande dessinée ? De l'illustration ? De la publicité ?...

JFB : Pendant ces quinze ans et aussitôt après la sortie de «soutanes noires et culottes courtes», je me suis dirigé vers la publicité. Je faisais partie des rares personnes à Saint Etienne utilisant l’aérographe. J’ai toujours été disponible, assez rapide et me moquais de travailler les week-end. J’ai donc réalisé quantité d’illustrations qui m’ont permis de ne pas perdre la main. En 1993, nous avons créé avec des amis, notre propre agence de communication : beaux locaux, belle équipe, mais mauvaise entente ! Un an plus tard, retour au statut de freelance. Quelques BD publicitaires pour les sociétés Onyx, Casino me procurèrent beaucoup de plaisir et éveillèrent en moi un peu de nostalgie, mais je me voyais assez peu repartir en quête d’éditeurs, surtout après quinze années d’absence ! je croyais donc sincèrement avoir, et ce de manière définitive, tourné la page de la bande dessinée......

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Case extraite d'une bande dessinée pour Onyx

KLI : Vous développez dans "les aventuriers de l'architecture" un dessin très ligne claire visiblement marqué par le trait de CHALAND ? Pourquoi ce choix graphique ? Estimez vous que la ligne claire est le style le plus approprié pour servir une bande dessinée éducative ? Souhaitiez vous rendre hommage à CHALAND et vous repositionner comme un dessinateur de ce courant graphique ?

JFB : L’Ordre des architectes avait un objectif bien précis : celui de créer de toutes pièces un album de BD consacré à l’architecture et non au métier d’architecte. J’avais des directives, des pistes, des thèmes précis à traiter et surtout, c’est ce qui m’a plu, carte blanche. La cible était le public des 10-13 ans. Déjà il est vrai, très influencé par Yves CHALAND, j’ai voulu néanmoins en raison de l’important paramètre de l’âge, opter pour un graphisme résolument « ligne claire », en tentant de me rapprocher de celui d’HERGE ou de JACOBS. Ceci dit, et comme bien souvent lorsqu’il s’agit de communication par la BD, l’emploi de la ligne claire est largement préconisé. Compte tenu du sujet et du public à qui l’album était destiné, les «Aventuriers» s’insérait parfaitement dans ce cadre, c’est pourquoi, ce choix graphique s’est imposé.

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Création publicitaire pour Casino

KLI : D'un point de vue technique, quelle a été votre évolution depuis vos débuts dans les années 1970 jusqu'à aujourd'hui et l'utilisation de l'ordinateur pour vos planches ?

JFB : J’ai eu un mal fou, j’en conviens, à aborder l’épineux problème de l’utilisation de l’ordinateur. Question de génération ou plutôt d’incompatibilité. Ayant pendant plus de vingt ans travaillé «à l’ancienne», notamment au pinceau et à l’aérographe (merci Yves), j’ai d’emblée considéré cet engin comme un intrus dans ma vie professionnelle, comme un broyeur de carrière, comme un empêcheur de dessiner en rond. Comme je me trompais ! Un peu plus de dix ans plus tard, et des centaines d’heures passées à essayer de comprendre le fonctionnement de certains logiciels, l’ordinateur est devenu pour moi l’outil complémentaire par excellence, et quel outil ! Pour l’album des « aventuriers », les couleurs ont été effectivement réalisées par ordinateur, les textes également.

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Création publicitaire pour Casino

KLI : Quelle a été votre méthode du dessin ligne claire sur cet album. Est-ce que vous pratiquez comme HERGE avec au départ un croquis très chargé pour aller ensuite rechercher la meilleure ligne dans la masse de traits accumulés ?

JFB : Efectivement, je crayonne sur un brouillon un premier "jet" de ce que j'ai imaginé, et par une succession de calques, j'élimine les traits qui me semblent superflus pour, à la fin, n'en conserver qu'un seul. Celui que je pense être le plus satisfaisant. Puis, en scannant chaque case dont le crayonné me semble correspondre à ce que je recherche, je mets en place mes strips et ma page. J'obtiens donc une page crayonnée et montée. Ensuite, je mets tout ça au format désiré, et imprime le tout. Il ne me reste donc plus qu'à encrer. Une fois ce travail terminé, la page étant entièrement scannée, il est toujours possible de modifier le dessin sur photoshop, mais je ne suis pas encore assez habile pour réaliser l 'intégralité d'une planche à la palette graphique.

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Création publicitaire pour Casino

KLI : J'observe que vous êtes cité à plusieurs reprises dans la biographie d'Yves CHALAND sur le site officiel qui lui est consacré depuis peu. Pourriez vous nous en dire plus sur vos rapports avec lui ? Comment avez vous fait connaissance à Saint Etienne ? Le rôle que CHALAND a joué dans votre carrière de dessinateur en vous présentant aux frères PASAMONIK des éditions Magic Strip ? Le rôle que vous avez joué dans son évolution ?

JFB : Je n’avais jusqu’à présent jamais pu lui rendre hommage.....C’est chose faite grâce à cet album, et notamment à travers la page un. Comme je vous l’expliquais un peu plus tôt, j’ai rencontré Yves CHALAND lors de ma première année aux Beaux-Arts de St Etienne. Cette rencontre a été pour moi déterminante. Son influence graphique l’a été tout autant. Luc CORNILLON faisait également partie de cette promotion. J’étais loin d’avoir leur niveau de dessin, néanmoins je fis partie du petit groupe qui réalisa «l’unité de valeur» avec Michel BELLON. Quant à Jacques TERPANT et Francis VALLES, ils nous rejoignirent peu de temps après. Yves et Luc avaient des rapports d’égal à égal car leur niveau de dessin était déjà élevé. Ils ne parlaient et ne vivaient que pour la BD. Me sentant moins concerné, n’ayant jamais «crobardé» la moindre case, mes rapports avec Yves étaient différents. Nous parlions de tout mais paradoxalement peu de BD. Mes parents habitant une maison à la campagne, il venait souvent y passer les week-ends. Là, il tentait de m’apprendre les rudiments du 9ème Art : le maniement du pinceau pour l’encrage, l’aérographe, bref, de véritables cours particulier. J’étais rentré aux Beaux-Arts sans idée précise quant à ma future carrière. Faire de la BD en professionnel me sembla tout naturel. En 1979, Yves et Luc publièrent "Captivant", leur premier album. Deux ans plus tard, je publiais ma première BD, «La mort qui rôde» aux Editions Glénat. Après cette première publication, alors que j’éprouvais quelques difficultés à trouver un nouvel éditeur, Yves m’apporta son aide en me présentant aux frères Daniel et Didier PASAMONIK. De cette rencontre, naquirent deux albums.

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CHALAND, BIARD et TERPANT au Festival d'Angoulême en 1980 (copyright site internet Jacques TERPANT)

KLI : Comment était l'homme et l'artiste CHALAND ? Qu'est-ce que vous retenez de son parcours fulgurant et malheureusement si court ?

JFB : J’ai fréquenté Yves pendant près de quinze ans. Quotidiennement entre 1975 et 1979, puisque nous étions aux Beaux-Arts, puis seulement quelquefois par an quand il se fut installé à Paris. Sa femme et lui m’ouvraient généreusement la porte de leur appartement afin que je puisse y déposer ma valise. J’apportais toujours avec moi des victuailles qui fleuraient bon la province. De bons produits du terroir issus du jardin bio de mon père. Ces quelques séjours dans l’année me permettaient, outre les visites à mon éditeur, de passer d’agréables moments en sa compagnie. Yves était un travailleur acharné. J’essayais de ne pas trop abuser de son hospitalité en évitant dans la mesure du possible son atelier. Cette règle que je m’étais imposée m’a donc permis d’apprécier le confort des fameux canapés «tecno»
La brutale disparition de dessinateur qu’était Yves nous a tous profondément bouleversés et le monde de la BD a perdu ce jour-là un de ses talents les plus prometteurs, mais derrière l’artiste se trouvait un ami, et c’est sans nul doute lui qui me manque le plus.

941b47b1bd8ec74c3f046ff3b39a9b94.jpgKLI : Aviez vous le sentiment d'appartenir à un courant, à une école de Saint Etienne aux côtés de CHALAND, TERPANT, CORNILLON... ?

JFB : On a beaucoup parlé de «l’école» de St Etienne. Il est vrai, et ce n’est pas banal, que de l’Ecole des Beaux-Arts soient sortis pratiquement simultanément cinq dessinateurs ( VALLES n’y était pas élève, mais c’était tout comme !). Avec le recul, je pense pouvoir affirmer que sans la présence d’Yves, je n’aurais en ce qui me concerne, probablement jamais fait de BD.

KLI : Quels sont les rapports que vous entreteniez avec l'Ecole de Bruxelles et les classiques que sont HERGE, JACOBS, MARTIN, de MOOR, VANDERSTEEN... ? Quels étaient vos principales influences ?

JFB : Contrairement à Yves qui était très influencé par FRANQUIN, j’avais toujours été un fidèle lecteur du journal de Tintin et j'admirais plutôt HERGE. Ca n’a d’ailleurs pas changé. J’étais, et je suis toujours, un passionné de Blake et Mortimer, Lefranc ou Bob et Bobette.

KLI : Est-ce que vous participez à l'ouvrage collectif sur CHALAND que prépare Champaka ? Serez vous au rendez-vous de Nérac en septembre prochain ?

JFB : Isabelle CHALAND m’a effectivement proposé de collaborer au collectif de Champaka. J’ai accepté son offre avec beaucoup de plaisir et choisi pour cette occasion d’évoquer des souvenirs assez personnels qui remontent à la période des Beaux-Arts. En ce qui concerne « les rencontres CHALAND » du mois de septembre, je pense être en mesure de me rendre à Nérac mais tout ceci est encore un peu loin......

KLI : Quel regard portez vous aujourd'hui sur vos différentes bandes dessinées ? Des albums comme "la mort qui rôde", "le rubis de vie", "tous fourbes" ou "culottes courtes et soutanes noires" s'inscrivent à mes yeux dans le courant du renouveau ligne claire des années 1980 par leur ton caustique, leurs références aux bandes dessinées des années 1950-1960 et leur dessin. Est-ce que j'ai tort ? Vous sentiez vous ligne claire à l'époque dans votre dessin et votre ton ?

JFB : Quel regard puis-je porter sur l’ensemble de ma modeste production ? J’ai toujours pensé qu’il était préférable de laisser ce soin au public. En ce qui me concerne, j’ai souvent eu un regard critique vis à vis de mon travail.

6314e44b5464b167bb0340a8a20d7795.jpg«Culottes courtes et soutanes noires» publié dans l'Echo des Savanes serait sans doute l'album que je considère comme le plus abouti, tant au niveau des scénarios qu’au point de vue graphique.

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4ème de couverture de "culottes courtes"

042394fc86714dc5977e79d1798407d9.jpgPour les deux premiers, "la mort qui rôde" et "tous fourbes", j’étais totalement immergé dans ce que l’on pouvait déjà qualifier à l’époque d’univers CHALAND. J’avais proposé aux éditions Glénat une histoire courte de huit pages je crois, pour un Circus "spécial police". J’avais réussi à caser dans ce court récit, un savant fou, un robot, une 404 et même quelques décors inspirés des "deux vies de Basil Wolverton" !. Le dessin était ce qu’il était, mais il m’a permis d’embrayer directement sur "la mort qui rôde".

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Case extraite de "La mort qui rôde"

5fa8624b3f52cf83e6a221652dfd5b7e.jpgC'est surtout avec "tous fourbes" que j’ai confirmé d’une certaine manière mon appartenance à ce mouvement avec un dessin très marqué CHALAND et surtout avec l’humour noir qui caractérisait chaque histoire de l’album : gamins tortionnaires, tueurs, ou encore maîtres chanteur. J’ai développé à nouveau ce thème mais dans un autre esprit et quelques années plus tard avec "les soutanes" pour l’Echo des savanes.

24677c0e65d1a27cd8965bab8256f71e.jpgEn ce qui concerne "le Rubis de vie", celui-ci était le fruit d’une collaboration avec un auteur du Fleuve noir à qui j’ai voulu imposer certaines de mes idées....A posteriori, je pense que j’ai eu tort.

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Cases extraites du "rubis de vie"

e92e93d2db5b20e940a9ff8b7a83e7e6.jpg"38ème parallèle" était une collaboration souhaitée par Albin Michel, François RIVIERE et José-Louis BOCQUET. J’avais déjà en tête les «soutanes» mais l’opportunité de travailler pour l’Echo des savanes était tentante, même s’il s’agissait d’un récit de guerre. J’ai donc accepté de bon coeur. "38ème parallèle" a été pour moi une courte expérience intéressante, car j’ai dû adapter mon dessin au scénario qui réclamait un style plus réaliste que je n’avais jamais pratiqué jusqu’alors. J’avoue que je n’ai pas été toujours très à l’aise. Néanmoins l’aspect rigoureux du scénario et les contraintes graphiques qu’il exigeait ont été pour moi une excellente expérience.

03854f5836351b8bd51f3680dfe1f4b8.jpgKLI : Qu'est-ce qui vous a fait poursuivre dans ce style plus réaliste, au début des années 1990, avec vos bandes dessinées chez Lavauzelle ? Avec le recul, n'avez vous pas le sentiment d'avoir fait un mauvais choix en vous orientant vers des récits militaires ? Etait-ce vraiment un choix voulu et assumé lié à un attrait pour ce genre de récit ou bien le résultat de collaborations pas forcément souhaitées ?

JFB : Concernant les éditions Lavauzelle, c’est par Albéric de PALMAERT avec qui j’avais déjà collaboré, que les trois albums se sont concrétisés. Je n’ai jamais eu une attirance particulière pour ce genre de récit, mais comme vous vous en doutez peut-être, le métier de dessinateur est particulièrement difficile et précaire surtout d’un point de vue financier. Il est vrai que le choix de m’engager dans ce domaine n’était pas particulièrement judicieux.

KLI : Je m'étonne toujours que vous n'ayez pas participé à l'aventure de la collection "Atomium" de Magic Strip. Est-ce que vous aviez des projets dans cette collection ? Par ailleurs, comment se fait-il que vous n'ayez pas eu de rapport de fidélité avec un éditeur en particulier en passant de Glénat à Magic Strip puis Albin Michel et d'une revue à une autre pour vos prépublications ?

JFB : Effectivement, je n’ai jamais été sollicité pour faire partie de la collection "Atomium". Daniel et Didier PASAMONIK ont sans doute dû estimer à l’époque, que je n’avais pas encore "l’étoffe" pour intégrer l’équipe de dessinateurs... Il faut dire également que je ne leur ai jamais proposé quoi que ce soit pour cette collection. En ce qui concerne mes rapports de fidélité avec les éditeurs, il est vrai que mon parcours est pour le moins atypique. Mais pour ne rien vous cacher, la faute m’incombe en partie. L’inexpérience et une certaine forme d’arrogance due à la jeunesse m’ont ouvert les portes de sortie de certains éditeurs. Par la suite, ce sont des questions bassement matérielles qui m’ont poussé à partir et aller dessiner sous d’autres cieux. Entre les projets de séries qui s’arrêtaient au bout du premier tome et les ventes modestes de mes albums, à la longue j’ai, comme on dit, fini par décrocher.

d18ae6003a25c9610fc6ba41375f8130.jpgKLI : Est-ce que des rééditions de vos ouvrages sont envisagées ou bien sont-ils condamnés à rester dans la seule mémoire de lecteurs nostalgiques ? Quel est le regard d'un créateur qui comme vous ne trouve plus ses bandes dessinées proposées au public ?

JFB : Aucune réédition d’album n’est prévue, et j’ai bien peur que pour les nostalgiques de JF. BIARD, il leur faille se contenter de leur mémoire ou d’une relique que pourrait leur vendre un bouquiniste.....En ce qui me concerne, j ‘ai toujours un petit pincement au coeur lorsque je tombe par hasard sur l’un de mes albums au détour d’un vide grenier. C’est drôle car il m’arrive assez souvent de racheter mes propres albums, n’en possédant plus moi même, les ayant pratiquement tous donnés !

KLI : Est-ce que vous êtes toujours lecteur de bande dessinée ? Est-ce que vous suivez la création contemporaine ? Quels sont les auteurs que vous appréciez ?

JFB : Je vous avoue que je lis beaucoup moins de BD qu’autrefois. J’en parle en revanche assez régulièrement avec des amis qui eux sont restés dans la profession.

KLI : Quelles sont vos bandes dessinées ligne claire préférées ? Si vous ne deviez garder qu'un seul ouvrage ligne claire - à part les votres bien évidemment - quel serait-il et pourquoi ?

JFB : Ne conserver qu’un seul ouvrage ligne claire ? Le choix s’avérerait difficile pour ne pas dire impossible...Néanmoins je crois que j’en resterais à mon premier coup de coeur, au héros que j’ai découvert lors de ma petite enfance à travers les recueils pieusement conservés par mon frère. Le recueil N° 30 du journal de tintin de 1956 partira donc avec moi pour le grand voyage! J’aurais donc, grâce à cette petite tricherie, des extraits à la fois de "Coke en stock", de "l’Enigme de l’Atlantide", des "Masques blancs" , de "La tiare d’Oribal", et même en prime, "Modeste et Pompon". Je sais, c’est vilain de tricher, mais c’est comme ça !

KLI : Je vous pardonne bien volontiers ce stratagème très ingénieux ! Quels sont vos projets immédiats ?

JFB : Toujours les illustrations publicitaires et en BD, probablement un deuxième album avec l’Ordre des Architectes. Peut-être également un projet de BD plus personnelle avec un scénariste. Par ailleurs, je prépare une nouvelle exposition de peinture (en amateur).

KLI : Quel style développez vous dans vos peintures ?

JFB : J'ai commencé à m'y intéresser (un peu) sérieusement, il y a trois ans. Les reproductions ci-dessous donne un résumé chronologique de mon évolution, de la plus ancienne aux plus récentes. Ce sont tous d'assez grands formats (100 X 80 cm)

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Pour plus d'informations sur la méthode de travail de Jean-François BIARD en bande dessinée, je vous invite à visionner les vidéos du CD ROM accompagnant l'album "Les aventuriers de l’architecture". L'ouvrage est disponible auprès de l’Ordre des architectes de Rhône-Alpes : croara@wanadoo.fr . Plus d’infos sur http://www.architectes.org .

22:25 Publié dans Biard | Lien permanent | Commentaires (2)

21/10/2007

UN BEAU PANIER GARNI

Dans la déferlante des sorties qui inondent nos librairies, qu’il nous soit permis ici de mettre en avant quelques publications ligne claire qui ont retenu notre intérêt au cours des dernières semaines et qui méritent de figurer presque toutes dans le panier de la ménagère klare lijn !

medium_saboum.jpgLa collection Patrimoine BD des éditions Glénat nous propose de (re)découvrir un personnage créé à la fin des années 1950, dans l’hebdomadaire Bayard, par Jean CHAKIR, dessinateur français surtout connu pour sa série Tracassin publiée à partir de 1962 dans Pilote. Il s’agit de l’inspecteur SABOUM, étrange policier dont l’apparence fait penser à un TINTIN avec la boule à zéro portant costume et lunettes noires. Etonnant ! Le trait de CHAKIR s’inspire ici de la ligne claire d’HERGE sans atteindre son excellence. En effet, le dessin est parfois brouillon, la mise en page n’est pas toujours bien inspirée et le récit parait le plus souvent improvisé autour d’une trame générale. Intitulée L’énigmatique Monsieur Paul, cette aventure est emblématique de la bande dessinée de l’époque avec héros intrépide, méchants gangsters, poursuites et rebondissements menés tambour battant. Cela fait penser aux FELIX de TILLIEUX. Au final, malgré ses imperfections, cette bande dessinée se révèle agréable à la lecture. Elle comblera tous les nostalgiques des années 50. Pour les autres, elle semblera bien datée. Rien ne dit si Glénat éditera d’autres aventures de ce personnage dont la carrière s’est prolongé jusqu’au début des années 1970.

medium_BAYARD_COUV.jpgUn inspecteur pouvant en cacher un autre, évoquons maintenant Bienvenue en Enfer, le seizième volume des aventures de l’inspecteur Bayard sorti chez l’éditeur du même nom. Les enquêtes proposées par le scénariste Jean-Louis FONTENEAU ont cette fois-ci pour cadre les îles grecques. On y retrouve avec plaisir les personnages habituels de la série, l'inspecteur Bayard, Sam, Isa, le Yorg mais aussi l’ignoble et malfaisant Orseck Malmor, l’ennemi juré de notre héros. Le dessin ligne claire d’Olivier SCHWARZ est toujours aussi efficace et élégant. Une bien belle série pour les jeunes et … moins jeunes ! Qu’on se le dise, l’Inspecteur Bayard, ce n’est pas que pour les enfants. Na ! Le prochain épisode des aventures de l'Inspecteur sera t-il publié avant ou après le SPIROU que prépare dans le plus grand secret l'ami SCHWARTZ sur un scénario de YANN ? Mystère ! Quelques planches de ce futur SPIROU sont visibles en exclusivité sur le site expressbd.com.

medium_Franka_T3_10cm.jpgComme nous l’annoncions l’an passé sur ces pages, les Humanoïdes Associés se sont engagés dans la publication d’aventures inédites de FRANKA, la bande dessinée néerlandaise du dessinateur Henk KUIJPERS dont un nombre limité de titres avait été traduit en France dans les années 1980 alors qu’elle se poursuit depuis, avec succès, dans son pays d’origine. Après la réédition, ces derniers mois, des deux volumes des Dents du Dragon, nous sont proposés en cette rentrée deux aventures inédites en France, Victime de la Mode et Comme au cinéma. On y retrouve avec plaisir l’héroïne particulièrement énergique et le dessin très ligne claire de KUIJPERS. Ces bandes dessinées d’aventures classiques sont servies par un trait, un découpage, une mise en page qui tout en s’inscrivant dans la tradition de la bande dessinée ligne claire se révèlent d’une grande modernité. L’auteur hollandais sait allier la simplicité, la fluidité et le dynamisme du dessin avec un traitement extrêmement soigné du deuxième plan qui regorge d’éléments et de détails (décors élaborés, figurants en action…), ce qui donne beaucoup de vie à son univers graphique. Sans sombrer dans le puritanisme, on déplorera simplement le penchant coquin de l’auteur qui tend un peu trop à dénuder ses héroïnes et à nous dévoiler leurs anatomies, ce qui n’apporte rien au récit. On relèvera avec intérêt que loin d’être figé, le trait de KUIJPERS évolue avec son temps. Les derniers épisodes de FRANKA publiés aux Pays-Bas l’attestent. Espérons que les Humanoïdes Associés nous les proposeront dans les prochains mois.

medium_bd.jpgL’année 2007 marque décidément le grand retour de COLONEL MOUTARDE à la bande dessinée. En effet, après L'espace d’un soir, son vaudeville à la construction originale sur un scénario de Brigitte LUCIANI (Delcourt) et le second volume de Grenadine et Mentalo, sa bande dessinée pour enfants (Milan) publiés en début d’année, la talentueuse dessinatrice nous revient avec La BD des Filles, une histoire écrite par Anne BARAOU, autre signature reconnue de la bande dessinée. Comme l’indique à la fois son titre et sa couverture paillette très rose bonbon, cette nouvelle bande dessinée co-publiée par Dargaud et Fleurus est principalement destinée à un public de jeunes filles. Il y est en effet question de la vie quotidienne de quatre copines, de leurs joies, de leurs peines et de leurs petits problèmes. Que le lecteur quelque peu déconnecté des préoccupations adolescentes se rassure. Cette bande dessinée n’est pas un produit marketing 100% filles et l’histoire proposée par Anne BARAOU est accessible à tous les publics. Elle est bien construite et plutôt attachante. Et puis, il y a le charme du trait du Colonel Moutarde plein d’élégance, de dynamisme, de délicatesse et de modernité. On ne s’en lasse pas !

medium_banana.jpgPuisque nous faisons dans le style "Girly", signalons Banana Sunday une sympathique bande dessinée publiée dans la collection peps des éditions Albin Michel. Il y est question d'une adolescente qui éprouve des difficultés à s'intégrer dans un nouveau lycée. Il faut dire qu'elle est accompagnée de trois singes qui parlent et qui ne manquent pas de caractère ! Le récit signé Root NIBBOT est loufoque, léger et drôle. Il sait aborder en finesse le thème des relations amicales et amoureuses entre ados sans sombrer dans le sirupeux et la mièvrerie. Le dessin de Colleen COOVER est particulièrement soigné et vraiment gracieux. Un très agréable moment de lecture pour les ados et tous les autres.

medium_aventuriers_architecture.JPGCela faisait bien longtemps qu’il ne nous avait pas proposé de nouvel ouvrage et on pouvait le croire disparu à jamais du monde de la bande dessinée. Heureusement il n’en est rien ! Jean-François BIARD, le dessinateur de plusieurs bandes dessinées très ligne claire chez Magic Strip (Le rubis de vie, Tous fourbes), Albin Michel (38ème parallèle, Soutanes noires et culottes courtes) ou Lavauzelle (De Gaulle, Leclerc) nous revient avec Les aventuriers de l’architecture, une bande dessinée éditée par l’Ordre des Architectes de Rhône-Alpes. Cet ouvrage a pour ambition de faire découvrir aux plus jeunes le métier d’architecte et les enjeux de l’aménagement urbain au travers des péripéties de Charlotte et Victor, deux adolescents qui visitent, en compagnie d'un architecte, grâce à une machine à remonter le temps, les édifices marquants de la planète, des pyramides égyptiennes au musée Guggenheim de Bilbao. C’est passionnant et jamais rasoir ! Jean-François BIARD nous propose un dessin ligne claire très inspiré par Serge CLERC et Yves CHALAND. Une vraie réussite. Espérons qu’il n’en restera pas là et nous offrira bientôt de nouvelles réalisations. Les aventuriers de l’architecture est disponible auprès de l’Ordre des architectes de Rhône-Alpes : croara@wanadoo.fr . Plus d’infos sur http://www.architectes.org .

medium_comment_cétait.jpgToujours dans la veine pédagogique et didactique, saluons Comment c’était avant, le dernier livre jeunesse concocté par Dupuy-Berbérian chez Albin Michel Jeunesse. Il y est également question de voyage dans le temps puisque les deux auteurs nous proposent de mesurer l’évolution de trois environnements (une rue, un appartement, un paysage de campagne) en nous les présentant à différentes périodes (1920, 1950, 1970, 2000). L’idée est de faire découvrir, par l’image, les multiples changements qui interviennent d’une époque à une autre. Au lecteur, petit ou grand, de rechercher, sur de grandes doubles pages bourrées de détails, les objets, outils, machines, commerces qui disparaissent (le moulin à café, le gramophone, le chapelier, la marchande de quatre saisons…), évoluent (l’autobus, la voiture, la chaussée, l’habillement…) ou bien apparaissent (le téléphone, le réfrigérateur, le téléviseur, l’ordinateur…) au fil des ans. Un livre idéal pour toute la famille, des plus jeunes à leurs arrière-grands-parents car il permet d’échanger entre générations sur les changements plus ou moins rapides qui ont affecté, modifié ou amélioré notre cadre de vie et notre société depuis un siècle.

medium_couvdm11.jpgComme nous l'avions évoqué sur ces pages, signalons que Le Grand Animateur, le Donjon dessiné par STANISLAS est disponible. N’étant pas féru de l'œuvre « donjonnesque » de Messieurs SFAR et TRONDHEIM, je ne saurais vous dire si c’est un bon cru de la série des Donjon Monsters. Je me suis arrêté à la clarté du dessin de STANISLAS, l’originalité de son découpage et à sa mise en page inspirée et astucieuse. Ses automates, ses monstres-goussets, ses personnages anthropomorphes et ses décors d’inspiration médiévale constituent une vraie réussite. A travers cet exercice de style, STANISLAS prouve s’il en était encore besoin que son style graphique s’adapte à tous les univers.

Le lecteur français doit se montrer des plus patients pour découvrir les belles publications québécoises des éditions de la Pastèque car le Comptoir des Indépendants en charge de leur diffusion française nous les propose le plus souvent avec retard. L’excitation n’en est donc que plus grande lorsqu’elles arrivent dans les bacs des libraires ! Or Joie, bonheur, voici qu’en cette rentrée, nous sont proposées trois pépites made in Québec.

medium_Michel_risque_4.jpgTout d’abord, nos zygomatiques se régaleront de la suite des aventures de Michel Risque, notre stupide héros préféré, avec un quatrième volume intitulé Le droit chemin, un récit inédit jamais publié en album. Notre ami Michel Risque, sa compagne Poupoune et son ami journaliste Bill Bélisle s’y trouvent confrontés à une secte religieuse américaine. L’oncle Ludger et Red Ketchup sont du casting. Comme d’habitude, on se bidonne devant les « exploits » calamiteux de nos héros complètement déjantés, on admire le talent de dessinateur de Real GODBOUT à la ligne claire impeccable et on salue la verve non-sensique de son co-auteur Pierre FOURNIER. Et on attend avec impatience Destination Z, le dernier volume de la série. Snif ! C’est trop triste ! Mais qu’on se rassure car on découvrira dans la foulée le premier tome des aventures de Red Ketchup, l’increvable agent fou du FBI, nouveau projet particulièrement bien inspiré de nos amis de la Pastèque. Ce premier volume intitulé La vie en Rouge est totalement inédit. Un bonheur n’arrivant jamais seul, un site internet sera ouvert pour l’occasion à l’adresse suivante : www.red-ketchup.com.

medium_100_150_web_sites_user_10_243_48954_public_gazette_images_stories_images_gazette_07juin_02PASL337-0.jpgLa deuxième bonne surprise « pastéquienne » de la rentrée est la publication de Boris, album écrit et dessiné par Rémy SIMARD. Sous une couverture d’une beauté simplissime, se cachent des strips très drôles – et pas seulement pour les jeunes parents – mettant en scène les frasques du petit Boris, personnage ayant déjà fait l’objet de deux parutions en petits albums muets chez le même éditeur (Méchant Boris et Super Boris). Ici, Boris nous livre ses pensées de petit garçon au contact de son environnement, à savoir ses parents, sa sœur, et Paulette la fleur. C’est bourré d’humour et parfois très grinçant ! Au-delà du ton, on appréciera l’esthétisme du dessin de Rémy SIMARD. Simple, moderne et efficace. Du grand Art ! On se réjouira d’apprendre que le second volume des aventures de Boris est déjà prêt. Espérons qu’il ne tardera pas trop à traverser l’Atlantique.

medium_Bologne.jpgTroisième nouveauté marquante de la dernière fournée, même si elle ne s’apparente pas graphiquement à la ligne claire : Bologne de Pascal BLANCHET. Nous avions eu l’occasion de saluer comme il se doit ce dessinateur québécois de grand talent pour son admirable Rapide Blanc. Son nouveau récit, un conte symphonique en trois actes, nous transporte dans un petit village russe perché sur un pic rocheux pour nous livrer un mélodrame angoissant autour d’un boucher triste, de sa fille aveugle, amputée d’un bras et d’une jambe, du professeur de cette dernière et d’un infâme Duc. Rien de bien réjouissant me direz-vous ? Ne vous arrêtez surtout pas à cette description dramatique et précipitez vous sur cet album car il vous enchantera. Comme d’habitude, l’ouvrage de Pascal BLANCHET est bourré de références musicales et s’articule autour d’une sélection discographique à écouter pendant la lecture (notamment CHOSTAKOVITCH et PROKOFIEV). Il est d’ailleurs dommage que les morceaux cités ne soient pas fournis avec le livre. Graphiquement, Pascal BLANCHET impose une nouvelle fois son style inimitable, à la fois rétro et moderne. Il nous faudra attendre l’an prochain pour savourer son prochain opus, un livre intitulé Émile Laplante .

medium_Couv_DernierMousquetaire.jpgJASON nous en avait parlé dans le cadre de l’entretien qu’il nous avait accordé en début d’année. Le Dernier Mousquetaire, sa dernière bande dessinée est publiée chez Carabas. Le moins que l’on puisse dire est qu’elle ne manque pas d’originalité. En effet, l’auteur norvégien nous y propose un épisode des Trois Mousquetaires mêlant aventure, humour et science-fiction. De l’Alexandre DUMAS teinté de FLASH GORDON avec un zeste de Buster KEATON ! Résumer ce nouveau récit de JASON serait gâcher le plaisir de la découverte tant les surprises sont nombreuses au fil des pages. Sachez cependant qu’on y retrouve avec plaisir le style de l’auteur, à savoir sa sobriété graphique, ses personnages aux traits animaliers, son humour très décalé, son goût pour le burlesque mais aussi un ton parfois empreint d’une profonde tristesse. Plus léger que les précédents ouvrages de JASON, Le dernier Mousquetaire est aussi moins silencieux qu’à l’accoutumée, le mousquetaire, héros principal du récit, se montrant plutôt bavard. Les lecteurs connaissant Montpellier apprécieront tout particulièrement les multiples scènes que JASON consacre à la ville où il réside depuis quelques années. Je ne sais quel accueil a réservé Mme le Maire de Montpellier à sa caricature animalière...

medium_ACMECouv.jpgAprès la traduction française de Jimmy Corrigan en 2002, les éditions Delcourt nous offrent aujourd’hui une version française de l’imposant ACME Novelty Library de Chris WARE initialement publié chez Pantheon Books, recueil de planches initialement publiées dans son comic-book du même nom. Une fois de plus le talent et la virtuosité de l’auteur éclatent au grand jour dans un ouvrage au format inhabituel et au contenu d’une densité inouïe (même les tranches de l’album comportent de la bande dessinée). C’est à nouveau un exercice pour nos pupilles qui se trouvent véritablement sollicitées par un graphisme méticuleux, un agencement incroyable des vignettes, une narration innovante, des textes minuscules…Quand on connaît le perfectionnisme du créateur et son aversion pour toute typographie informatique, on imagine les difficultés posées par l’adaptation française des pages de son ACME. On y trouve un florilège d’éléments hétéroclites, drôles et caustiques : pages rédactionnelles, fausses publicités, objets à monter soi-même et les aventures de personnages récurrents tels Rusty Brown, Big Tex, Rocket Sam, Quimby the Mouse, Frank Phosphate… Du grand art ! Je ne sais si le travail de Chris WARE peut être assimilé à de la ligne claire tant il déroute mes sens. Si son dessin n’est pas sans lien avec auteurs comme HERGE ou SWARTE, il n’en demeure pas moins que sa narration ne répond pas aux exigences de lisibilité chères au créateur de Tintin. Rentrer dans les bandes dessinées de Chris WARE appelle un investissement – j’allais presque dire un effort – du lecteur. Elles se méritent. Les amateurs anglophones de l’œuvre de Chris WARE pourront découvrir d’ici la fin d’année deux nouveaux ouvrages : le numéro 18 de son ACME Novelty Library et le deuxième volume de ses carnets annoncés chez Drawn and Quarterly.