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19/08/2011

HERGE - CHRONOLOGIE D'UNE OEUVRE : ENTRETIEN AVEC PHILIPPE GODDIN

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© Hergé/Moulinsart 2011

A l’occasion de la récente publication du septième et dernier volume de la collection Hergé - Chronologie d’une œuvre aux éditions Moulinsart, nous avons le plaisir de vous proposer une interview de l’hergéologue Philippe Goddin, l’auteur de ce monumental et magnifique travail, l’un des meilleurs connaisseurs de la vie et de l’œuvre du créateur de Tintin.

En effet, à l’heure où elle se clôture, il nous semblait essentiel de rendre ici hommage à cette aventure éditoriale ambitieuse de plus de douze années autour de l’œuvre d’Hergé, le maître incontesté de la ligne claire.

Comme les six précédents volumes, ce dernier tome couvrant la période 1958-1983 évoque le quotidien du dessinateur et l’évolution de son approche artistique en proposant nombre d’illustrations, de documents d’archives, de crayonnés, de notes, de croquis, de découpages, de cases modifiées, d’inédits…

Les quatre dernières aventures de Tintin - Tintin au Tibet, Les Bijoux de la Castafiore, Vol 714 pour Sydney, Tintin et les Picaros – y ont bien évidemment une place de choix. Mais on trouve également plusieurs documents précieux sur des projets inaboutis tel Tintin et le Thermozéro ou les récits envisagés dans les dernières années, L’aéroport et Tintin et l’Alph-Art. Le remaniement des albums L’Ile noire et de Tintin au pays de l’or noir est également au sommaire ainsi que la contribution d’Hergé aux dessins animés Le Temple du soleil et Tintin et le Lac aux Requins. Enfin, on a plaisir à y découvrir, pour la première fois, la reproduction d’une sélection significative d’huiles sur toile - le plus souvent non figuratives - peintes par Hergé dans les années 60.

Nous ne saurions trop conseiller à l’amateur de ligne claire de se procurer cet ouvrage et les six autres volumes de cette collection indispensable qui met superbement en valeur le graphisme d’Hergé et son génie créatif. Certes ces beaux livres sont un peu coûteux mais la découverte, l’analyse, la contemplation des reproductions des documents originaux ou inédits qui les composent est un tel plaisir, que cela n’a pas de prix.

Au total, ce sont quelques trois milles pages qui sont proposées au lecteur. Autant dire l’accès permanent à un véritable « musée de papier » où l’on se plaira à revenir de 7 à 77 ans (et plus) !

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Hergé à sa table à dessin - 1949

© Hergé/Moulinsart 2011

Klare Lijn International : Quels sentiments vous habitent après la parution du dernier volume de la collection Hergé - Chronologie d'une Œuvre ? La satisfaction du travail accompli ? Un certain spleen après ces années de labeur ? D'éventuels regrets ?

Philippe Goddin : Je suis d’abord heureux d’avoir pu arriver au bout de l’entreprise. J’éprouve vraiment le sentiment du « devoir » accompli. Devoir envers mes lecteurs, d’abord, qui m’ont fait l’honneur de considérer les premiers tomes de cette collection comme des « ouvrages de référence », et qui attendaient des suivants qu’ils soient àla hauteur. Maisaussi devoir accompli à l’égard d’Hergé lui-même qui, selon beaucoup, méritait vraiment cet hommage à son talent et à son labeur, et qui aurait été mal « servi » si je n’avais pas pu mener le projet à son terme. L’intention était de mettre le talent et l’art d’Hergé en valeur. C’est chose faite, et à ma connaissance aucun autre auteur de BD n’a fait jusqu’ici l’objet d’une telle approche.

Du spleen ? Pas vraiment, car en ce moment et pour pas mal de temps encore je suis loin d’être désœuvré, et de toute manière pas près de délaisser Hergé. Mais j’avoue que le fait de ne plus avoir à fournir du matériel à l’éditeur pour préparer un volume suivant  de la « Chronologie » a suscité chez le « forçat » que je fus durant une douzaine d’années (un travailleur de fond occupé à des travaux fort gais, comme il se doit) un sentiment étrange de vacuité, mais qui fut vite dissipé.

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© Hergé/Moulinsart 2011

KLI : Quelles ont été vos principales difficultés au cours de cette aventure ? La recherche des créations manquantes ? L'authentification des travaux relevant d'Hergé ou de ses collaborateurs, pour les derniers volumes consacrées à la période des Studios ? Est-ce que les premiers volumes ont été plus faciles à concevoir que les derniers ?

PG : Je n’ai pas l’impression que les volumes du début ou ceux de la fin ont été plus difficiles à concevoir que les autres, même si on naviguait bien plus en terre  inconnue au début qu’àla fin. Leplus dur, d’un bout à l’autre, a été de suivre le rythme imposé parla publication. Unan pour élaborer et mener à bien un volume comme ceux-là, c’est peu. Je m’étais certes constitué au fil des années un ensemble de classeurs chronologiques où j’avais rassemblé toutes les informations qu’il me paraissait utile de consigner, mais il n’empêche qu’il me fallait brasser attentivement la matière pour pouvoir « alimenter » régulièrement l’éditeur (de textes calibrés et des visuels ad hoc), afin que les mises en pages puissent être préparées au fur et à mesure. À charge pour moi de les commenter et au besoin de les faire modifier… tout en poursuivant le travail en vue de la remise suivante. Une autre difficulté aura été de situer dans le temps, et avec un maximum de précision, des dessins pour lequel ce n’était pas toujours évident. J’ai dû recouper pas mal de sources, dans certains cas, pour y arriver. Je pense à certaines affiches du début des années trente.

Pour ce qui est des créations manquantes, c’est en permanence que je suis sur la brèche, et depuis longtemps : je n’ai pas attendu d’entreprendre la « Chrono » (comme on dit familièrement) pour rechercher les dessins oubliés d’Hergé. C’est un travail passionnant, que j’avais entrepris en feuilletant de vieux journaux dans des bibliothèques. J’y ai trouvé nombre d’inédits, comme des illustrations publicitaires réalisées pour L’Innovation à l’occasion de la Saint-Nicolas, plusieurs années de suite. Des choses complètement inconnues. Mais il n’empêche que ma hantise, durant ces années passées sur la « Chrono », a souvent été la crainte d’oublier un élément important, ce qu’on m’aurait reproché à juste titre.

Distinguer le trait d’Hergé de celui de ses collaborateurs n’est pas toujours facile, mais ce problème ne m’a jamais vraiment tracassé. D’abord, comme familier du trait d’Hergé (et aussi comme ancien professeur de dessin) je crois pouvoir, à côté d’observations plus rigoureuses, me fier à mon « feeling ». Je fais d’ailleurs partie du Comité d’expertise des Studios Hergé chargé d’authentifier les originaux d’Hergé en circulation. Mais pour ce qui concerne la « Chronologie », je savais depuis le début que lorsqu’on arriverait à la période des Studios, on ne s’intéresserait essentiellement qu’à ce qui était à coup sûrde la main du maître.

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Illustration publicitaire pour L'Innovation - 1932

© Hergé/Moulinsart 2011

KLI : Comment s'est fait le choix des toiles d'Hergé reproduites dans le dernier ouvrage ? Arbitairement ? En accord avec Fanny et Nick Rodwell ?

PG : Le choix n’a pas été arbitraire du tout. La sélection a été faite conjointement par Kate (Catherine Thirry), la graphiste qui a travaillé sur chacun des volumes, et par moi-même. Mais cela s’est fait dans des conditions assez spéciales, en ce sens que si je disposais des reproductions des quelque quarante tableaux peints par Hergé, il n’était pas évident qu’on pourrait en reproduire plus d’un ou deux. Fanny Rodwell restait en effet convaincue que si Hergé avait renoncé à poursuivre son expérience picturale, il valait mieux ne pas en divulguer les traces. D’autant plus qu’il avait prétendu avoir tout détruit. Je craignais donc qu’on ne m’autorise qu’à reproduire les deux tableaux déjà connus (ceux offerts par Hergé à Marcel Stal) et éventuellement… si j’insistais vraiment, un seul autre, inédit celui-là. Alors, Kate et moi nous avons tenté le tout pour le tout. En préparant, comme si cela allait de soi, quelques doubles pages où les tableaux que nous avions sélectionnés apparaissaient, appelés par le texte et alternant avec d’autres travaux. Et lorsque Fanny (que nous nous devions évidemment de consulter à ce sujet en dernier ressort) a vu les pages en question, elle a aussitôt donné son feu vert, estimant sans doute que, présentés comme cela, les tableaux que nous avions choisis ne déshonoreraient pas du tout Hergé.

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© Hergé/Moulinsart 2011

KLI : Est-ce que vous vous êtes interdit de reproduire certains travaux ? Par exemple, des œuvres intimes, des nus qu'aurait pu dessiner Hergé ?

PG : Là, on touche un autre point délicat. Personnellement, je ne me suis rien interdit du tout car j’estimais que tout élément produit par Hergé méritait — à part l’un ou l’autre « crobard » qu’il aurait de lui-même barré avec rage — d’être montré. Ceci d’autant plus que, dans la « Chrono », les œuvres sont présentées dans leur contexte. Les cinq ou six nus de Germaine, réalisés à la sanguine par Hergé en 1933, faisaient évidemment partie de ce que j’estimais devoir montrer. Paradoxalement, ce n’est pas Fanny qui a fait objection : c’est son mari. Par égard pour elle, disait-il, il ne convient pas montrer ce genre de dessins. Fanny, que j’ai pu rencontrer à ce moment pour tenter de tirer ce soi-disant « problème » au clair, m’avait alors confirmé qu’elle ne voyait aucune objection à ce que l’un ou l’autre nu de Germaine soit reproduit dans la « Chrono », comme nous l’avions prévu (on en avait prévu trois). Cela n’a malheureusement pas été si simple, car en dépit du feu vert accordé par Fanny, et sans que son époux ait jugé utile de s’en expliquer avec moi, la graphiste a été « fermement invitée » à revoir ses mises en pages. Donc, si regrets je devais avoir au sujet de la « Chronologie », c’est à ce propos-là que j’en éprouverais. Mais j’en ai vu d’autres, et tout est relatif !

Tiens, oui, pourtant : un autre regret ! Le fait que mon éditeur n’ait pas estimé devoir réagir lorsque, en 2007, deux joyeux compères — Bocquet et Verhoest, pour ne pas les nommer — ont publié un ouvrage consacré au génial Franquin… en prenant pour titre Franquin - Chronologie d’une Œuvre. En d’autres occasions, j’ai connu la maison Moulinsart plus chatouilleuse… Il est vrai que là, c’était moi qu’on « pillait », et pas Hergé.

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© Hergé/Moulinsart 2011


KLI : Vos « Avis de recherche » à propos de travaux perdus ou oubliés ont-ils reçu des réponses ? Est-ce que cela pourrait justifier un jour un volume complémentaire ?

PG : J’ai reçu des réponses, mais pas beaucoup, car il faut reconnaître que les problèmes posés n’étaient pas simples à résoudre. Il faut d’ailleurs se faire une raison : il y a des choses dont on n’a eu connaissance que par une facture et qu’on ne retrouvera probablement jamais. Le fil est trop ténu pour aboutir. Quant à publier ces quelques découvertes supplémentaires, puisqu’il y en a, j’avais prévu cette éventualité dans le volume 8… s’il avait fallu déborder significativement du volume 7. Mais cela n’a pas été le cas. Résultat : des choses (relativement) intéressantes restent en réserve, et seront sans doute publiées un jour, ici ou là. Pourquoi pas dans la revue « Les Amis de Hergé », puisque c’est là un des lieux où j’aime « sévir » ? Mais il faut se rendre compte aussi que la « Chrono » n’est pas ce qu’on appelle un « catalogue raisonné ». On n’y a pas publié toutes les planches, tous les crayonnés, toutes les esquisses, tous les croquis. Il reste donc bien d’autres choses que ces quelques « signes de pistes » tout juste déchiffrés qui méritent d’être publiées.

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© Hergé/Moulinsart 2011

KLI : Avez-vous une idée du lectorat de ces ouvrages ? Serait-il avant tout franco-belge, ou bien international ? Est-ce que ces volumes sont traduits et publiés à l'étranger ?

PG : Comme cette collection n’a jusqu’ici été publiée qu’en français, je peux supposer que la grosse majorité de mes lecteurs sont francophones : Belges, Français, Suisses, Luxembourgeois, Québéquois… Mais j’imagine que pas mal de « mordus » non francophones mais issus des pays traditionnellement tintinophiles (Espagne, Scandinavie, Pays-Bas, etc.) ont également fait l’acquisition de ces ouvrages.

Jusqu’ici, tous les éditeurs étrangers ont trouvé insurmontable l’obstacle (financier) que constitue la traduction d’une collection aussi volumineuse et aussi exigeante sur le plan technique. Après mure réflexion, il a donc été décidé de leur proposer une sorte de « compilation » de la « Chrono »  d’origine (rappelons qu’elle compte 7 volumes de 420 pages, en grand format) sous forme de trois volumes de 208 pages au format classique. Trois mille pages contre six cents… c’est évidemment sans comparaison ! Dans cette édition-là, les visuels ont été triés sur le volet, et généralement réduits ou recadrés. Quant au texte, déjà concis à l’origine, il n’est plus qu’indicatif. Mais cette « Chrono internationale » (déjà publiée en catalan, en castillan, en anglais, en américain, en néerlandais et en danois) a au moins le mérite d’exister, et aussi celui de mettre à la portée d’autres lecteurs un ensemble cohérent, de toute façon sans comparaison avec ce qu’on publie chez eux sur Hergé.

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© Hergé/Moulinsart 2011

KLI : A votre avis, quel regard Hergé porterait-il sur ces ouvrages ? Est-ce qu'il avait exprimé (directement ou indirectement) le souhait ou le désir de voir publiée une telle compilation de ses travaux ?

PG : Hergé n’a évidemment jamais sollicité le moindre hommage. Il avait sans doute été flatté quand Pol Vandromme lui avait exposé son projet de livre sur Tintin, en 1957. Mais il a refusé la préface de Roger Nimier, qui lui semblait sans commune mesure avec l’importance (très relative) que lui-même s’accordait. Face aux projets de Numa Sadoul, une bonne douzaine d’années plus tard, il s’est laissé entrainer à se raconter, puis il a voulu ciseler lui-même ce qu’il s’était enhardi à révéler. Mais cela concernait plus l’expression de ses idées que le dessin. Quand Valet et Roanne ont poussé plus loin leur idée de tourner un film sur lui, il s’est montré dubitatif sur l’intérêt de la chose, puis il leur a prêté un concours docile. Il a accepté le projet Le Monde d’Hergé confié à Benoît Peeters, mais ne l’a pas vu paraître. Concernant sa production, c’est progressivement qu’il en était venu à dévoiler ses « brouillons », ses croquis. C’est vrai qu’il avait conservé beaucoup de choses qu’en définitive il n’avait aucune raison objective de garder secrètes. Il répondait toujours positivement lorsqu’un journaliste lui demandait de quoi illustrer un article ou une interview.

Je ne crois donc pas qu’il aurait refusé que des livres comme la « Chronologie » voient le jour. Il ne lui aurait pas fallu longtemps pour comprendre que de toute façon il en sortirait grandi. Mais par contre, je pense vraiment que sa modestie — elle me semblait non feinte — aurait été mise à mal pendant un certain temps s’il avait suivi les débuts d’un tel projet. À ma connaissance, il n’a jamais exprimé le souhait de voir ainsi son parcours reconstitué, de son premier dessin connu (vers 1911) à ses dernières esquisses pour la station de métro Stockel. Mais je suis convaincu qu’il aurait laissé faire. Se serait-il pour autant abstenu d’intervenir ? J’en suis moins convaincu, car un artiste ne jette pas forcément le même regard sur sa production que ceux qui l’admirent. En ce sens, la « Chrono » n’aurait peut-être pas été tout à fait la même, s’il avait été là.

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© Hergé/Moulinsart 2011


KLI : De toutes les illustrations, esquisses, planches, cases... qui figurent dans les sept tomes de « Hergé – Chronologie d’une Œuvre », quelles sont celles qui ont votre préférence ? Si vous ne deviez n’en garder qu’une seule, quelle serait-elle, et pourquoi ?

PG : Voilà une question bien difficile ! J’ai une certaine tendresse pour presque tout ce qu’on a reproduit, et que j’ai donc plus ou moins choisi. Mais ce serait oublier qu’il a aussi fallu renoncer à bien d’autres dessins. Disons que j’ai une particulière affection pour la période de la guerre, quand Hergé travaillait encore à peu près seul, et qu’il avait atteint une certaine maturité (et pas seulement graphique). Mais je trouve tout aussi fascinantes les planches d’avant : celles du « Lotus Bleu », évidemment, mais aussi celles de la première version du « Congo » ou de « L’Amérique », voire certaines planches des « Soviets ». J’aime la fraicheur qui s’en dégage.

Pour tout dire, je me démarque volontiers de certains collectionneurs qui ne jurent que par des documents originaux « parfaits », où Tintin est présent, de face (car de dos, c’est moins intéressant, disent-ils), et de préférence entouré de ses amis. Il y a, selon moi, des « pièces de musée » modestes, sans Tintin, qui marquent une étape ou trahissent une émotion, des pièces auxquelles les collectionneurs pourraient aussi s’intéresser. Quand on voit le peu d’intérêt qu’ils marquent par exemple pour une planche de « Flup, Nénesse, Poussette et Cochonnet » ou une case de « Totor », alors que tout y annonce les créations majeures qui suivront. Quand on voit la cote médiocre de Quick et Flupke par rapport à la cote de Tintin, alors qu’Hergé y a mis autant de lui-même… En somme, il y a des collectionneurs qui raisonnent en esthètes (fixés sur la beauté d’une pièce) et d’autres qui raisonnent en spéculateurs (fixés sur la revente d’une pièce). Pour ma part, je suis avant tout collectionneur d’infos sur Hergé et son œuvre, et c’est surtout l’intérêt scientifique qui me guide. Ainsi, je suis très fier d’avoir hérité du carnet intime tenu par Hergé au passage des années vingt à trente. Ce carnet contient des réflexions personnelles qu’il avait consignées au jour le jour, en période de désarroi. Il contient aussi quelques croquis sans prétention. Ce carnet de poche avait été confié par Georges à sa future épouse Germaine, qui l’a conservé toute sa vie. Il n’apparaît pas dans la « Chrono » mais a été largement exploité dans la biographie Hergé – Lignes de Vie que j’ai publiée en 2007 à l’occasion du centenaire de la naissance d’Hergé.

Mais au delà de mon vieux fond de collectionneur, il y a évidemment des découvertes qui m’ont fait bondir de joie. Et quand de surcroît la pièce mise au jour s’avère être un chainon manquant, comment voulez-vous que je n’y sois pas attaché ? Je songe par exemple à cette courte BD complètement oubliée, mettant en scène un politicien, qu’Hergé avait publiée en 1934 dans le journal Vers le Vrai. Je savais qu’Hergé avait fait une affiche pour ce journal, mais j’ignorais qu’il y avait publié des dessins. Imaginez mon allégresse en tombant sur un tel inédit en bibliothèque ! En plus, la découverte de ce double strip m’a permis, par déduction, de situer dans le temps deux planches connues des lecteurs du « Sadoul »… que ni ce dernier ni Hergé n’avaient pu dater précisément : celles ou une sorte de Flupke rencontre Hitler à la frontière belgo-allemande.

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Double strip pour le journal Vers le Vrai - 1934

© Hergé/Moulinsart 2011

KLI : Est-ce que ce travail a fait évoluer votre regard sur Hergé et son œuvre ?

PG : Non, tout simplement parce que cela fait des décennies que mon opinion est faite sur Hergé le dessinateur et Hergé le créateur. Je suis heureux d’avoir permis à mes lecteurs, ces dernières années, de partager mes plaisirs, mes moments de surprise, mes émerveillements, mes découvertes. Ceci grâce à un format et à une qualité de reproduction rarement adoptés. Quant à la biographie Hergé – Lignes de Vie, elle m’a permis d’approcher l’homme Georges Remi de très près. Sévère à certains moments par rapport à certains comportements d’Hergé, mon regard s’est sans doute fait plus indulgent en bout de course : Hergé reste Hergé, mais Georges Remi était un homme, avec ce que cela comporte de grandeur et d’étroitesse, de coups d’éclat et de faiblesses, de victoires et de défaites, y compris sur soi-même… Ce qui ne le rend pas moins attachant, à mes yeux.

KLI : Avec tant d’ouvrages consacrés à Hergé, est-ce qu'on peut dire que le créateur de Tintin et ses créations n'ont plus de secrets pour vous ? Pensez-vous qu'il y a encore des choses à écrire, à compiler et à découvrir au sujet d'Hergé et de Tintin ? Avez-vous d'autres projets d'ouvrages en projet sur Hergé et son univers ?

PG : Après tant d’ouvrages ? Je dirais même plus : après tant d’attention portée à Hergé et à son œuvre, puisque après avoir lu les Tintin comme tout le monde (ou presque) durant mon enfance, j’y suis revenu au début des années 70, avec le regard de l’admirateur, du collectionneur et du professionnel du dessin. Les circonstances ont voulu que je fasse la connaissance d’Hergé, et qu’après sa disparition je sois sollicité par Raymond Leblanc pour préparer l’ouvrage Hergé et Tintin, reporters, puis que je sois pressenti par Fanny Remi pour exercer des responsabilités à la Fondation Hergé. Les dix ans passés « à son bureau et à sa table à dessin » (réellement !) et au cœur de son univers (et de ses archives) m’ont tout naturellement permis d’approfondir ma connaissance de l’homme et de l’œuvre, connaissance que les nombreux ouvrages et articles que j’ai publiés, la plupart après mon départ de l’avenue Louise (en 1999), n’ont fait que renforcer. De là à dire qu’Hergé et son œuvre n’ont plus aucun secret pour moi, non ! Il reste des éclairages à obtenir, des archives à explorer, il doit rester des dessins oubliés. Des secrets demeurent à découvrir… ou à respecter.

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Musée Hergé

© Nicolas Borel Architecte Christian de Portzamparc


KLI : Quelle est votre implication dans la vie du Musée Hergé et dans l'association « Les Amis de Hergé » que vous présidez ?

PG : Quelques années après avoir quitté la Fondation Hergé, j’ai participé, à la demande de Nick et Fanny Rodwell, à l’élaboration du « scénario » du futur Musée Hergé. En bonne compagnie, puisque ce travail fut mené à bien avec Thierry Groensteen (ex-directeur du Musée de la BD d’Angoulême) et avec Joost Swarte (graphiste et créateur de BD hollandais, adepte de la Ligne Claire). Nous nous sommes rencontrés régulièrement, durant plusieurs mois. Le résultat de nos cogitations a ensuite été validé par Fanny, sans réserves, et nous avons été chargés d’aller exposer les contenus ainsi définis et leur répartition dans l’espace, à Paris, à l’architecte pressenti, Christian de Portzemparc. La mise en œuvre s’est faite sans nous, sauf que Joost a été chargé de la scénographie de nos propositions. Je me dois de préciser que ces propositions tenaient compte, entre autres, du public enfantin. Force m’a été de constater que cet aspect n’avait pas été considéré comme primordial. Vous l’aurez compris : je ne suis pas du tout impliqué dans le fonctionnement du Musée Hergé, même si j’y suis un peu « chez moi », et si je demeure un « extérieur » auquel Moulinsart ou les Studios Hergé pourraient faire appel au besoin, dans le cadre d’expositions temporaires par exemple.

Quant aux « Amis de Hergé », association à laquelle je suis attaché depuis sa création ( bien avant d’être appelé à rejoindre la Fondation Hergé), j’en ai été tour à tour membre, administrateur, administrateur démissionnaire ( !)… puis vice-président. J’en suis depuis quelque deux ans le président. Mais depuis plus de dix ans déjà, j’exerçais le rôle du rédacteur en chef de la revue semestrielle de l’association (www.lesamisdeherge.be), ce qui, pour quelqu’un comme moi qui a toujours envie de partager, est un travail passionnant. Les bons rapports que, contre toute attente, j’ai pu réinstaurer entre les « Amis de Hergé » et les représentants légaux de son univers (la société Moulinsart) ont permis à cette revue de bénéficier de meilleures conditions d’existence, notamment en matière iconographique. Et mon propre bagage, qui s’ajoute aux contributions de membres, permet à cette revue d’aborder et de commenter l’œuvre de façon très pertinente, très pointue, de révéler régulièrement des « scoops » ou même de publier des inédits, chaque fois que l’occasion s’en présente. Bref, les « Amis de Hergé » sont une entité indépendante, qui œuvre en bonne entente (mais en totale indépendance) avec la société Moulinsartet les Studios Hergé (ex-Fondation Hergé).

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Revue des amis d'Hergé

KLI : À ma connaissance, à l'exception des monographies que vous avez consacrées à Paul Cuvelier, vous n'avez écrit que sur Hergé ? N'avez-vous pas envie de "changer d'air" et de vous consacrer à d'autres créateurs ? Est-ce que avez déjà connu de la lassitude dans votre travail sur Hergé ?

PG : J’ai effectivement publié en 1981 et 1984 deux ouvrages sur Cuvelier, dont le second avec une préface d’Hergé (retrouvée sur son bureau à son domicile, peu après sa disparition). Mais aussi L’Aventure du Journal Tintin – 40 ans de bandes dessinées au Lombard, en 1986, ce qui élargit un peu le propos. En fait, mes premiers travaux d’écriture n’ont pas été prémédités. Mon premier livre, Paul Cuvelier – L’Aventure Artistique est né d’une demande des éditeurs Didier et Daniel Pasamonik (éditions Magic-Strip) dans l’émotion de la disparition de Cuvelier, que j’avais fréquenté. J’ai soumis le second projet, Corentin et les Chemins du Merveilleux à Raymond Leblanc, qui a été à ce point séduit qu’il a décidé de créer une nouvelle collection (« Nos Auteurs ») pour éditer d’autres ouvrages du même type. Mes rencontres avec Hergé et la persistance de ma fascination pour son œuvre ont fait le reste. Vous me parlez de « changer d’air ». C’est une chose qu’on envisage lorsque l’air devient irrespirable ou qu’il vient à manquer. L’œuvre d’Hergé n’est pas près de manquer de souffle, et je me sens toujours très bien dans cet univers, qui n’a rien de confiné.

Quant à élargir mon centre d’intérêt, il se fait que je connais assez bien la période de la création du journal Tintin. J’ai bien connu Cuvelier, j’ai rencontré souvent le délicieux Jacques Laudy, je me suis intéressé à Jacobs, j’avais aussi noué connaissance avec Van Melkebeke. Cela dit, j’aurais sans doute pu m’attaquer à des ouvrages sur des auteurs comme Jijé, Franquin, et quelques autres. Outre le fait que je n’en ai pas eu le loisir (accaparé que j’étais par mes projets sur Hergé), j’aurais sans doute éprouvé plus de difficultés à concrétiser ces ouvrages que ceux relatifs au créateur de Tintin. « Cordonnier, pas plus haut que la chaussure » disait Hergé. Disons qu’en ce qui me concerne, c’est Hergé qui me « botte ».

Un jour, impressionné paraît-il par la forme de mon livre Hergé et Tintin, reporters récemment publié au Lombard, Rosinski m’a suggéré de m’attaquer à un livre du même genre… sur lui. Plus tard, Jean-Claude Servais m’a fait une proposition similaire. Tous deux perdaient de vue une chose qui me paraît pourtant évidente : pour faire un livre intéressant sur un créateur, au delà de l’admiration qui doit aller de soi (sinon on devient mercenaire et cela se sent), il faut une « connivence », une connaissance intime, une fréquentation de plusieurs années. À supposer que j’aie eu le temps de l’honorer, une « commande » émanant de X ou de Y ne m’aurais sans doute pas convenu. Finalement, je me sens très bien dans cet univers hergéen, qui me paraît inépuisable, qui me délasse toujours, et jamais ne me lasse.  À tel point que j’ai plusieurs ouvrages en attente à Moulinsart ou chez moi, et d’autres sur le feu. Mais, botus…

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© Hergé/Moulinsart 2011


KLI : Bien évidemment, je ne peux manquer d'évoquer la ligne claire. Avez-vous le sentiment que la ligne claire d'Hergé est lié avant tout aux contraintes d'impression qui justifiaient ce type de trait à ses débuts ? Ou bien qu'il y a là un rapport avec les exigences de simplicité et de lisibilité qui animaient le créateur ?

PG : La ligne claire d’Hergé tient, à mon avis, aux deux aspects que vous citez. Au début de sa carrière, il a expérimenté diverses techniques, dont les effets à l’impression ne l’ont pas toujours satisfait. Il a donc privilégié le trait d’encre de Chine et rejeté lavis, illustrations crayonnées et autres. Mais on ne peut évidemment pas dissocier la mise au point de son style (et, par après, de sa méthode de travail) de son besoin de clarté et de son souci de lisibilité. Il admirait Franquin, dans le fouillis de traits duquel chacun sait qu’il fait bon se perdre, et dans lequel on fait toujours d’agréables surprises… mais pour sa part il restait fidèle à son dessin épuré, lisible au premier abord, au tracé résultant d’un patient travail de décalque. Le but étant pour lui de sortir de son crayonné (combien généreux) le trait indispensable, le trait nécessaire et suffisant comme disent les mathématiciens..

KLI : Vous qui avez bien connu Hergé et qui connaissez bien Joost Swarte, l'inventeur de l’expression « klare lijn », grand artiste de la ligne claire, pour avoir travaillé avec ce dernier sur scénario du Musée Hergé, quels sont les points communs que vous lui trouvez avec le père de Tintin ? Est-ce que ce sont des créateurs habités par une même flamme ?

PG : Je ne connais pas assez Joost pour m’exprimer à son sujet. J’admire son dessin, dont la ligne est effectivement des plus claires. J’apprécie la manière dont il structure ses compositions ou ses planches de BD, en faisant appel à une sorte de perspective cavalière qui lui permet de prendre pleinement possession de la profondeur. J’admire aussi la dimension humoristique que ses dessins parviennent à intégrer. Jamais aucun relâchement, ni la moindre vulgarité. En ce sens aussi, le rapport à Hergé est évident. C’est à mon sens du dessin de grande classe, un dessin qui a du style.

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© Sony Paramount


KLI : Est-ce que vous avez pu voir le Tintin de Spielberg et Jackson ? Quel avis portez-vous sur cette adaptation ? Je ne vous cacherai pas qu'à la vue des premières images, l'amateur du trait d'Hergé que je suis a eu l'impression d'une trahison. Je me dis que Tintin doit rester de la bande dessinée et ne peut fonctionner qu'en bande dessinée. Qu'est-ce que vous en pensez ?

PG : Jusqu’ici, je n’ai vu que ce qu’on peut voir sur Internet. Difficile de se prononcer sur si peu. Trahison ? Jusqu’ici je n’ai pas eu cette impression, sauf un léger malaise devant certaines scènes violentes (le bazooka d’Haddock !). Mais jusqu’à la sortie du film, je fais confiance, et je garde confiance.

J’avais « supervisé », au début des années 90, la réalisation de la série de dessins animés Ellipse-Nelvana. J’ai obtenu de la part des réalisateurs qu’ils utilisent des décors « ligne claire » plutôt que des décors gouachés. J’ai souvent dû ramener les scénaristes au contenu des albums, alors qu’ils cherchaient à en rajouter ou à s’en écarter. Je suis bien conscient que le dessin animé risque moins de dépayser le lecteur que le cinéma « live ». Par contre, question animation, fluidité, justesse des mouvements, le dessin animé ne peut rivaliser avec le « live » que s’il dispose de gros moyens. Tout ça pour dire qu’il me semble dès lors que la technique de « motion capture » utilisée par Spielberg et Jackson est la bonne, parce qu’elle conciliera « ressemblance » aux images d’Hergé et perfection de l’animation. C’est déjà beaucoup.

Reste à voir quel effet donneront les « trognes » des uns et des autres. Haddock, les Dupondt et les autres seront assurément typés, et ils bougeront bien. Mais il n’empêche : si j’avais eu mon mot à dire ( !) j’aurais demandé à voir d’autres essais. Personnellement, j’aurais aimé que, tout en tirant les visages des personnages vers un certain réalisme (ils ont des millions de cheveux) et tout en caricaturant les acteurs filmés (on ne les reconnaîtra évidemment plus) j’aurais aimé, donc, qu’on respecte mieux les caricatures de départ, à savoir celles produites par Hergé dans ses dessins. Pour prendre un seul exemple : le pif de Haddock est sympathique chez Spielberg et Jackson, mais il me plairait davantage s’il avait la forme qu’Hergé lui a donnée. Mais au delà de ces considérations, je crois qu’il ne faut pas chercher à retrouver le trait d’Hergé dans ce film. Ce serait différent s’il s’agissait d’un dessin animé. Ici, ce qui importe, c’est que l’on se retrouve dans notre univers familier, et que les personnages ne soient dénaturés ni sur le plan physique ni sur le plan moral.

Quant à la question de savoir si tout ça était nécessaire, il convient de nuancer. Non, cela n’ajoutera rien à la gloire d’Hergé, qui s’est totalement investi dans ses dessins. Mais oui, cela peut faire beaucoup pour la notoriété de ses créations. Particulièrement en ce moment : trente ans après sa disparition. Le créateur de Tintin l’avait bien compris, en 1983, lorsqu’il avait appris que Spielberg s’intéressait à son univers. N’oublions pas que ce qu’on va découvrir sur les écrans, c’est ce qu’Hergé lui-même souhaitait découvrir. Il savait que ce serait « autre chose », et comptait laisser faire, sans garantie de résultat, faisant confiance à un pro. Il aurait croisé les doigts. Je fais de même…

Liens utiles :

Le site officiel de Tintin : www.tintin.com

Le site des amis d'Hergé : www.lesamisdeherge.be/site/

Le site du Musée Hergé : http://www.museeherge.com/

15:04 Publié dans Hergé | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Je ne ne connaissais pas l'oeuvre de PHILIPPE GODDIN, jusqu'à mon anniversaire cette année ou l'on m'a offert le dernier volume. J'ai été littéralement emballé devant ce travail. Actuellement, en vendant d'autres pièces, j'ai acheté les 5 et 6 et compris l'ampleur de l'oeuvre d'un dessinateur plus ou moins "tourmenté". Vivement, que je puisse lire la suite!

Écrit par : Michel Laisnez | 10/04/2012

Nous devons revenir sur le problème de certains qui se prétendent expert en oeuvre de Hergé, des, qui ne sont du reste pas contemporain à Hergé comme l’est, Monsieur Dominique MARICQ, et qui aurait une fâcheuse tendance à parler au travers de leur chapeau, pourvu que ça mousse, celle de l’affaire des fausses déclarations par Philippe GODDIN au sujet des authentiques dessins de Tintin au Pôle Nord de 2004, dont l’authenticité est confirmée par : l’échange de courrier de Hergé et l’ambassade à Montréal des années 50, au sujet des véhicules Bombardier, puis la notable et flagrante marque d’authenticité de la fameuse bouille ronde du Tintin première génération, sans parler de l’écriture qui est tellement , celle de Hergé. Fausses rumeurs et fausses allégations confortées aussi par Monsieur TORDEUR, du reste, et les deux ont, d’autres parts, par ailleurs, été pris à faire d’autres fausses déclarations douteuses sur l’authenticité de vrais œuvres de Hergé en 2008, mais qui ont été contre-balancées par celle de Monsieur Dominique MARICQ, qui lui, est véritablement, beaucoup plus compétent, pour dire si un document est de la main de Hergé. Devons nous rappeler le coup où il a été émis un doute sur l’authenticité d’une des quatre couvertures originales ( surtout celle de Quick et Flupke ) du Petit vingtième de notre Feu Stephane Steeman. Et enfin le plus beau , le plus flamboyant dans l’imposture, lorsqu’il a été validé dernièrement le Tintin à la langue de vache, du fameux Tintin au Québec - Hergé au cœur de la révolution tranquille de Tristan DEMERS, paru aux éditions Hurtubise en 2009, dessiné par Yves RODIER quand il était bénéficiaire des subsides de l’état canadien , mais pulsé par les élans initiatiques de Feu Réal Filion en 1986, au 10365, rue Saint-Maurice, Loretteville, ( Province de Québec ), Canada, lequel Tristan DEMERS , a volontairement occulté les plus grandes pièces de collection sur Hergé au Québec pour s’être abstenu de les faire figurer dans son ouvrage, pour ne pas avoir à faire face à l’analyse implacable du collectionneur-expert qui aurait démasqué l’imposture du Tintin à la langue de vache sans équivoque. Du reste DEMERS a bien attendu le décès de Réal Filion pour publier son ouvrage. Alors nous voici avec Monsieur Daniel MAGHEN, qui enfin est un véritable expert pour l’appréciation des oeuvres de Hergé. Enfin un vent optimiste dans le monde de la bande-dessinée, surtout pour ré-hausser le bas niveau rendu par certains escrocs pénibles et dévastateurs qui ont pignon sur rue ( genre Librairie Rackam ou BD Verdeau ) ou qui sont aussi sur Ebay, sabotent, maquillent et vendent à des prix prohibitifs et scandaleux les albums ( des deux en un quelque fois ), objets précieux et rares qu’ils bidouillent pour leurs donner un aspect soit disant meilleur pour appâter les crétins médiocres qui n’ont pas encore compris que l’objet non retouché a beaucoup plus de valeur que celui retouché. Le BDM mentionne clairement que l’objet retouché vaut 5 à 10 % de sa cote parce qu’il est incomplet.

Écrit par : christian daumier | 06/03/2015

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