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13/09/2009

ENTRETIEN AVEC DAN CHRISTENSEN

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Depuis dix ans, Dan CHRISTENSEN, dessinateur américain installé en France trace son sillon original dans l'univers de la bande dessinée francophone. Ses différents albums - Red Hands (Le Cycliste 1999), Duels (Treize etrange 2000), Un goût de cendres (La Comédie Illustrée 2001) et Paranormal (Carabas 2004-2009) - sont tous caractérisés par une double influence, celle du comic-book américain et celle de la ligne claire franco-belge, tant du point de vue de la conduite des récits, de l'approche des personnages, de la mise en scène que du style graphique utilisé. La publication, au printemps dernier, de Dead Flowers, troisième et dernier volume de la trilogie Paranormal, a été le déclic pour un entretien avec l'auteur sur ce mélange des genres et son approche de la bande dessinée. Merci à Dan CHRISTENSEN d'avoir répondu avec gentillesse et dans un français impeccable à nos questions.

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Couverture du second volume de Paranormal

Klare Lijn International : Pourriez-vous résumer votre parcours d'homme et d'artiste de bande dessinée ? Qu'est-ce qui a conduit le californien que vous êtes à la Rochelle pour y créer des bandes dessinées ?

Dan CHRISTENSEN : Je suis né en Californie, mais j’ai passé la plus grande partie de mon enfance à Tucson, dans l’Arizona. Le dessin m’intéresse depuis toujours, tout comme la bande dessinée, mais après le lycée, j’ai suivi des études de littérature française à l’Université d’Arizona, car à l’époque je ne pensais pas quil ’était possible de gagner sa vie en faisant de la bande dessinée. En tout cas, pas aux Etats-Unis. Donc j’étais parti pour devenir prof de français. Cependant, je n’avais jamais abandonné l’espoir de faire des comics, et j’ai eu l’occasion d’écrire et dessiner une série (assez mauvaise, je dois l’avouer) en noir et blanc pour un petit éditeur local. A la fac, j’ai eu un professeur qui m’a encouragé à participer à un concours national d’essai de l’Alliance Française. J’ai suivi ses conseils, le jury de l’Alliance m’a attribué le deuxième prix du concours et m’a offert un billet d’avion A/R pour la France. Comme j’avais entendu dire que La Rochelle était très jolie, c’est là où j’ai voulu aller. J’ai vite découvert qu’à La Rochelle il n’y avait pas que la ville qui était jolie ; j’ai fait la connaissance d’une française… et j’ai appris qu’il y avait une école de beaux-arts pas loin de La Rochelle, à Angoulême. Donc, quelques mois après mon retour en Arizona, je suis revenu en France où j’ai passé un entretien avec le directeur de l’EESATI, qui m’a accepté en deuxième année. J’ai terminé mes études à l’école de l’image à Angoulême en 1998, et l’année d’après, j’ai montré le projet qui allait devenir Red Hands à des éditeurs au festival de la BD. Un éditeur Bordelais, Le Cycliste, voulait publier le projet, et c’était parti.

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Extrait de Paranormal

KLI : Dans vos bandes dessinées, vous semblez influencé à la fois par l'univers des comic books, des super-héros mais aussi par la bande dessinée ligne claire européenne. Qu'en est-il exactement ? Enfant, est-ce que vous étiez un fan de comics ? Quand avez-vous découvert l'oeuvre d'HERGE ?

DC : En effet, j’ai grandi en lisant des comics, plus particulièrement ceux des super héros. A la maison, la télévision est tombée en panne quand j’étais assez petit, et comme mes parents n’ont pas été pressés de la faire réparer, nous avons dû trouver d’autres occupations pour nous distraire. J’ai beaucoup dessiné, beaucoup lu, et j’achetais très souvent des comics au supermarché et à l’épicerie du coin. Surtout des Spider-man et d’autres comics de chez Marvel. Il n’y avait pas de bande dessinée franco-belge à Tucson, sauf peut-être dans les librairies spécialisées. Je me souviens avoir vu un album d’Astérix un jour chez un copain, dont la maman était d’origine allemande (Je crois bien que le livre était en allemand, d’ailleurs). Mais je n’ai découvert HERGE et Tintin que tardivement, en 1991, lors d’un premier séjour en France. Je disais à un ami français que j’espérais devenir dessinateur de bd un jour, et quand il a su que je ne connaissais pas Tintin, il m’a offert Les Sept Boules de Cristal. C’était la révélation. J’ai été immédiatement séduit par la narration claire et limpide, la lisibilité du trait et l’excellente intrigue. C’est l'un des livres qui a changé ma façon de voir la bande dessinée et qui a beaucoup influencé ma façon de dessiner.

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Couverture d'Un goût de cendres

KLI : Quels sont les autres auteurs ligne claire qui vous ont marqué et influencé tout particulièrement ? Pourquoi ?

DC : J’aime beaucoup les histoires d’HERGE, la souplesse du trait de CHALAND, le dynamisme et l’énergie des dessins de Serge CLERC, et je suis très admiratif des auteurs contemporains de la ligne claire, comme Christian CAILLEAUX, Jean-Philippe PEYRAUD, Frank Le GALL et DUPUY-BERBERIAN. Leurs univers sont très différents du mien, mais il font de très beaux livres, élégants, émouvants et très agréables à lire, d’un graphisme impeccable.

KLI : Quelle est votre définition de la ligne claire ?

DC : Pour moi, la ligne claire signifie d’aller à l’essentiel, d’écarter tout ce qui est superflu de mon dessin, et qui pourrait nuire à la lisibilité de l’histoire. Chaque trait doit être à sa place, car je n’utilise pas de hachures ou d’autres effets graphiques. La ligne claire, c’est aussi la finesse du trait, surtout celui du pinceau, et c’est ce qui m’a vraiment attiré au début.

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Planche extraite d'Un goût de cendres

KLI : Quel est votre positionnement par rapport aux différents courants de la bande dessinée US ? Dans certains récits, par exemple Un goût de cendres, on vous sent plus proche de la bande dessinée indépendante porté par Fantagraphics ou Drawn and Quarterly. Dans vos autres travaux, l'influence "mainstream" ou super-héros est plus perceptible même si votre volonté de ne pas privilégier l'action à tout prix pour faire entrer le lecteur dans la psychologie de vos personnages vous rapproche de courants plus indépendants de la bande dessinée US

DC : Honnêtement, je ne me retrouve plus dans les comics "mainstream" d’aujourd’hui. En fait, cela fait très longtemps que les histoires de super héros ne m’intéressent plus tellement, et je serais incapable de dire quel personnage fait quoi dans les comics actuels. Je préfère de loin lire des livres tels que It’s a Good Life, If You Don’t Weaken de SETH, Super Spy de Matt KINDT, B.P.R.D. de Mike MIGNOLA et Guy DAVIS, ou The Hunter de Darwyn COOKE. Ce qui m’intéressait dans les histoires de super héros, c’était la psychologie du type qui se cache sous un masque, pas ses pouvoirs, ce qu’il est capable de faire. Dans Paranormal, l’Ogre, le personnage principal, peut défoncer un mur avec une pichenette, mais ce n’est pas ça qui va l’aider à résoudre ses problèmes personnels. Cet aspect humain n’est pas vraiment ce que je vois dans les comics mainstream quand j’en lis, donc du coup, je n’en lis pas beaucoup, même si j’ai toujours beaucoup de tendresse pour ces personnages dont les aventures m’ont accompagné pendant toute mon enfance.

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Illustration extraite de Paranormal

KLI : Est-ce que vous appréciez les travaux d'auteurs comme Chris WARE, Charles BURNS, Daniel CLOWES, SETH... ? Qu'est-ce qui vous rapproche ou à l'inverse vous éloigne de ces auteurs de la bande dessinée indépendante nord-américaine ?

DC : Même si je suis admiratif du talent de Chris WARE, Charles BURNS et Daniel CLOWES, c’est sans doute SETH qui m’a le plus influencé… En plus de son travail, que j’aime énormément, ses remarques lors d’une interview dans le Comics Journal ont eu un grand impact sur moi à un moment crucial, lorsque j’étais encore aux beaux-arts et je cherchais mon propre style. Je travaillais dur aux beaux-arts et j’alignais les planches, mais elles étaient inabouties, approximatives, et à vrai dire assez moches. J’essayais de m’éloigner des influences des comics pour faire quelque chose de beau, de poétique, comme ce que je venais de découvrir dans les albums de bd franco-belges… et j’échouais lamentablement. Je voulais un style réaliste, mais plus j’essayais, plus c’était raté. C’est alors que je suis tombé sur cette interview du Comics Journal à la bibliothèque du CNBDI. D’après SETH, tout artiste a un style vers lequel il gravite ; pour lui c’était un style très « cartoon », et je me suis rendu compte que moi aussi, quand je faisais des croquis, comme ça pour le plaisir, c’était presque toujours dans un style non réaliste, exagéré, qui ne s’encombrait pas de détails superflus. J’ai réalisé alors que c’était le style qui me venait naturellement et qu’il ne fallait pas lutter contre, ce qui m’a complètement débloqué. Après, d’un point de vue technique, j’avais du chemin à faire, surtout pour le dessin et l’encrage au pinceau, mais j’estimais que j’étais sur la bonne voie. Je garde une photocopie de cette interview de SETH sous la main, et même aujourd’hui, quand je suis en proie aux doutes ou quand je cherche la bonne façon de dessiner un personnage, il m’arrive de la relire. Même si je me suis un peu éloigné du style très « cartoon » de mes premiers travaux, il est toujours là quelque part.

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Croquis de Film Noir

KLI : L'oeuvre de SETH est très nostalgique des années 1930 à 1950 et d'une certaine esthétique. Est-ce que vous êtes également dans cet état d'esprit du "sweet vanished past" cher à l'auteur de Palookaville ? J'ai noté que le récit sur lequel vous travaillez actuellement a pour cadre l'Amérique des années 1930.

DC : Je peux tout à fait comprendre l’intérêt que porte SETH à cette époque. C’est indéniable que l’esthétique des années 1930 à 1950 était particulièrement attrayante ; tout paraissaient plus beau, plus simple, et les gens avaient l’air plus heureux. Mais je ne pense pas que ce fut vraiment le cas. Lorsque je lis des romans et des magazines pulp de l’époque, ou que j'en discute avec mes parents, je constate qu'à l'époque, les gens étaient plus ou moins comme nous le sommes aujourd’hui, avec les mêmes préoccupations et inquiétudes. Donc je ne suis pas vraiment nostalgique. Ce qui m’attire surtout dans les années 1930 à 1950, ce sont les histoires que l’on y racontait… j’aime énormément les pulps tels que The Spider et The Shadow, les romans de Raymond CHANDLER et W.R. BURNETT, et les films noirs de Robert SIODMAK et John HUSTON (entre autres). Ces histoires, avec leurs personnages complexes et meurtris par la vie qui essaient tant bien que mal de s’en sortir, m’inspirent énormément. C’est d’ailleurs elles qui m’ont donné envie d’écrire mon nouveau projet.

KLI : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur cette nouvelle bande dessinée ?

DC : C'est un roman graphique sur l’escrime, un polar qui se déroule dans le Hollywood des années quarante. Je peaufine le scénario depuis plusieurs années - depuis la sortie de Red Hands en 1999 en fait - et le projet est enfin prêt. J’ai encore quelques pages à terminer, mais le dossier devrait partir chez les éditeurs d’ici deux semaines au plus tard.

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Avant-goût du prochain album

KLI : Quel regard portez-vous sur votre carrière en bande dessinée depuis vos débuts, il y a maintenant plus de dix ans. Vos regrets ? Vos satisfactions ? Vos incertitudes d'auteur ?

DC : J’ose croire que j’ai progressé, même si je trouve que la spontanéité que j’avais au début s’est quelque peu dissipée pour céder la place à une façon plus méthodique d’aborder chaque planche… cette spontanéité me manque, mais c’est comme ça. Pour ce qui est des regrets, je n’en ai pas vraiment ; il y a certaines choses que j’aurais faites différemment, certes, mais dans l’ensemble il n’y a pas grande chose que je changerais (sauf peut-être une petite centaine de planches). Je suis satisfait d’avoir pu mener à bien Paranormal comme je voulais, même si j’ai mis très longtemps pour le faire, car le résultat est très proche de mon idée du départ. Il y a une grande part de moi-même dans chaque livre que je fais, des situations vécues—par exemple, plusieurs passages dans Un Goût de Cendres sont basés sur des faits réels—alors quand la version publiée ressemble à l’idée d’origine, ça fait très plaisir. Quant aux incertitudes… on ne sait jamais si son prochain livre sera apprécié ou pas, quelle sera la réaction des éditeurs en lisant le projet qu’on leur propose, quel sera l’état du marché de la bande dessinée demain, donc il y a toujours une part d’angoisse dans ce métier. J’essaie de ne pas trop y penser et d’avancer le plus possible, parce que si je m’attarde trop sur ces questions-là, ça me paralyse.

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Extrait de Paranormal

KLI : J'imagine qu'il y a une forme de frustration de l'auteur à ne pas voir son album suffisamment mis en avant dans la presse spécialisée et dans les librairies compte tenu du nombre important de nouveautés BD chaque semaine. Quel est votre regard sur cette situation du marché de la BD ?

DC : Ayant moi-même travaillé en librairie spécialisée après mes études à Angoulême, je sais à quel point il est difficile de bien défendre chaque titre en raison du nombre important d’albums qui sort toutes les semaines. Pour un auteur c’est très frustrant aussi, mais j’essaie de rester optimiste. Je me dis que cela pourrait être bien pire… prenons le cas des romans, par exemple. Contrairement aux lecteurs de bande dessinée, qui peuvent découvrir l’univers et le graphisme d’un auteur rien qu’en ouvrant son album, un lecteur de romans à la recherche d’un nouveau livre doit baser son choix sur la maquette, le résumé de l’histoire et la lecture des premières pages. Cela demande un petit effort quand même, et si le lecteur n’est pas séduit après ça, c’est fichu. Je ne vais donc pas trop me plaindre pour l’instant. On verra comment la situation évoluera dans les années à venir.

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Illustration - The Crimson Avenger

KLI : N'avez-vous pas le sentiment d'être finalement un peu trop américain pour le lectorat franco-belge et à l'inverse, un peu trop franco-belge pour le lectorat US ?

DC: C’est tout à fait ça. Quand je démarchais les différents éditeurs pour Paranormal, j’ai souvent entendu la même réponse : « Vous savez, en France les comics ne marchent pas très bien. Mais si nous voulions en faire, nous irions plutôt demander directement aux auteurs confirmés comme Frank MILLER ou Alan MOORE. » C’était assez décourageant. Carabas a voulu donner sa chance à la trilogie, mais maintenant nous nous retrouvons confrontés à un autre problème. Paranormal est un polar, mais les personnages possèdent des super pouvoirs. Donc, par définition, c’est un comic-book, qui serait susceptible de plaire aux lecteurs de comics. Sauf que les librairies spécialisées en comics sont peu nombreuses à le commander, en raison de son format « classique » d’album franco-belge. Et inversement, un lecteur d’albums franco-belges qui ne connaît pas bien la série hésite parfois à l’acheter en voyant que les personnages sont des super héros. C’est un grand dilemme…

KLI : Est-ce que vous avez une perception de votre lectorat ? A votre avis, est-il principalement constitué de lecteurs de comics ou bien de lecteurs de bande dessinée franco-belge ?

DC : La plupart des lecteurs que j’ai pu rencontrer pendant des festivals ou des séances de dédicace, ou qui ont laissé des commentaires sur mon blog, s’intéressent surtout à la bd franco-belge, mais bon nombre d’entre eux sont - ou ont été - fans de comics aussi...

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Séquence "comic book" dans Paranormal

KLI : Est-ce que le format de parution de Paranormal vous convient ? N'avez-vous pas le sentiment qu'un format plus petit, se rapprochant du comics, aurait été préférable ? Une version intégrale moyen format est-elle envisageable à moyen terme ?

DC : Au départ j’avais imaginé Paranormal comme un « one-shot » proche du format comics, mais quand j’ai signé avec Carabas, nous avons décidé de diviser l’histoire en trois parties au format bd franco-belge. Une intégrale de Paranormal est prévue pour l’été 2010, et j’espère qu’elle sera diffusée dans les librairies spécialisées de comics à ce moment-là.

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Projet inabouti pour le marché US

KLI : Est-ce que vos oeuvres ont été publiées aux USA ? Une traduction de Paranormal est-elle envisagée ?

DC : A ma connaissance, aucun de mes albums n’a été publié aux Etats-Unis pour l’instant. J’ai envoyé Paranormal à une demi-douzaine d’éditeurs américains il y a quelque temps, et j’attends encore une réponse ou deux, mais ceux qui m’ont déjà répondu estiment que mon style de dessin et le format des albums à la franco-belge, avec plus de trois strips et de nombreuses cases par planche, n’intéresserait pas le lectorat américain. Je serais ravi de voir mes livres publiés en anglais un jour, mais pour l’instant ce n’est pas d’actualité.

KLI : Et des traductions de Paranormal à l'échelle de l'Europe ? En Espagne ? En Italie ?...

DC : J’ignore si des traductions sont prévues pour le moment… si c’est le cas, Carabas ne me l’a pas encore annoncé. Voir mon travail publié dans d’autres pays européens me ferait très plaisir, particulièrement en Espagne. D’après ce qu’on m’a dit, il y a une importante culture de comics là-bas, alors je pense que Paranormal pourrait y trouver son public sans problème.

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Recueil de récits courts (en anglais)

KLI : Dans quelle direction souhaitez vous orienter vos prochains travaux en bande dessinée ? Plus vers le comics ? Plus vers la bande dessinée dite d'auteur ? Toujours dans la même veine un peu hybride entre plusieurs styles de bande dessinée ?

DC : Ce sera sans doute dans la même veine. A vrai dire je ne cherche pas consciemment à faire un livre d’auteur, un comics ou une série grand public, j’essaie tout simplement de raconter le genre d’histoire que j’aimerais lire. Si ça plaît à un large public, j’en suis ravi, mais j’avoue c’est tout sauf calculé.

KLI : Après votre bande dessinée à venir sur l'escrime, quels sont vos projets ?

DC : Je planche sur l’écriture d’une série d’espionnage, ainsi qu’un autre roman graphique en noir et blanc, qui sera un hommage aux pulps, ces romans de gare américains des années 1930. Et si le public est au rendez-vous, j’ai également de nombreuses histoires qui se déroulent dans l’univers de Paranormal ; il suffit de recevoir le feu vert de Carabas et c’est reparti.

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Croquis de Film Noir

KLI : Pourriez-vous dire quelques mots de vos activités d'illustrateur en dehors de la bande dessinée. ?

DC : Pour ce qui est de l’illustration, je débute juste. Comme réaliser mes bandes dessinées prend beaucoup de temps et d’énergie, jusqu’ici je n’ai fait que quelques illustrations: un logo, des dessins pour un fabricant de jouets, une pochette de CD pour un groupe de rock de San Diego, une bd de commande pour une laboratoire pharmaceutique et surtout des créations pour des jeux de rôles. Quand j’étais adolescent, il m’est arrivé de jouer à des jeux de rôles, mais ce qui m’intéressait le plus, c’était les illustrations que je trouvais dans ces livres. Bon nombre d’artistes de comics, notamment Bill WILLINGHAM (Fables, Elementals) et Matt WAGNER (Grendel, Sandman Mystery Theatre) ont fait leurs premières armes professionnelles dans l’univers des jeux de rôles, et leurs illustrations me fascinaient. Je m’interrogeais sur leurs techniques en me demandant comment ils faisaient pour réaliser tel ou tel dessin. Alors il y a quelques temps, quand un éditeur américain de jeux de rôles m’a proposé d’illustrer un certain nombre de leurs livres, je ne me suis pas fait prier, bien au contraire. C’était pour moi une occasion de réaliser un rêve de gamin, de suivre les pas d’artistes dont le travail m’inspirait quand j’étais jeune. En plus de mon travail de dessinateur, je suis également traducteur, et j’ai le plaisir de travailler avec des éditeurs comme Dargaud et Futuropolis, entre autres. Maintenant que j’ai des enfants, j’aimerais aussi travailler dans l’illustration jeunesse ; il faudrait juste que je prenne le temps de monter un dossier et l’envoyer aux éditeurs.

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Illustration pour un jeu de rôles

KLI : Est-ce que vous avez déjà oeuvré dans l'animation ? Est-ce que c'est un univers qui vous tente ?

DC : Lorsque j’étais encore à la fac, en Arizona, un studio d’animation qui produisait des logiciels éducatifs pour enfants m’avait engagé pour faire une série de mini dessins animés, mais je n’ai pas beaucoup aimé l’expérience. Faire du story-board ou créer des personnages pour un dessin animé me plairait assez, mais par contre, si je devais dessiner et redessiner le même personnage une centaine de fois par jour, je pense que je m’en lasserais assez rapidement. Ce qui m’intéresse, c’est raconter une histoire, et le faire en dessin animé ne me correspond pas.

Pour plus d'informations et d'images :

- le site de l'auteur : http://dcdrawingsfr.blogspot.com/

- son portfolio en ligne : http://www.coroflot.com/dcdrawings

 

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