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18/08/2008

ENTRETIEN AVEC JEAN-PHILIPPE PEYRAUD

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Dans quelques années, les futurs experts ès bande dessinée qui se pencheront sur l'oeuvre de Jean-Philippe PEYRAUD ne manqueront certainement pas de relever que 2008 fut pour lui une année charnière très importante pour la suite de son parcours de créateur avec la publication rapprochée de deux adaptations de romanciers, Quand j'étais star de Marc VILLARD et Mise en bouche de Philippe DJIAN.

En effet, jusqu'à aujourd'hui, Jean-Philippe PEYRAUD s'était pour l'essentiel consacré à des bandes dessinées chroniquant de manière légère, sympathique, romantique et souvent fort drôle le quotidien de personnages, le plus souvent trentenaires, ancrés dans le Paris des années 1990 et 2000 avec leurs amis, leurs amours, leurs emmerdes...

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Ses nombreux admirateurs avaient néanmoins perçu un fort potentiel se dégager d'oeuvres plus confidentielles comme Il pleut , Grain de beauté ou La bouche sèche , recueils d'histoires courtes autour des relations amoureuses marquées par plus de profondeur, de mélancolie, de finesse dans le ton.

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Après plus de dix années de créations, l'artiste a manifestement trouvé à la fois le style de dessin, sobre, clair, dynamique et le sens de l'approche narrative qui lui offrent la possibilité de s'exprimer pleinement.

En adaptant avec talent les chroniques autofictionnelles de Marc VILLARD, pleines d'un humour cynique assorti d'un goût pour l'auto-dérision et la nouvelle de Philippe DJIAN contant la relation de deux parents solo pendant une prise d'otages dans une école, Jean-Philippe PEYRAUD passe à la vitesse supérieure en démontrant que son traitement graphique peut coller à diverses ambiances et servir des oeuvres réellement ambitieuses.

Autant de bonnes raisons de lui poser quelques questions !

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Autoportraits de Jean-Philippe PEYRAUD

Klare Lijn International : Comment se fait-il qu'en l'espace de six mois, vous nous proposiez deux adaptations d'écrivains ? Est-ce une simple coincidence ou bien une volonté affirmée de votre part de sortir d'une création 100% personnelle ?

Jean-Philippe PEYRAUD : Une pure coïncidence. Un projet jeunesse aurait dû s’intercaler entre les deux mais il est tombé à l’eau. J’avais aussi un projet de recueil de nouvelles dans la lignée de La bouche sèche que j’ai mis en stand-by le temps que les choses s’éclaircissent entre Milan et 13 étrange.

KLI : Comment s'est fait le contact avec Marc VILLARD et Philippe DJIAN ? C'est vous qui les avez approchés ? Comment ces collaborations se sont déroulées ? Quelle a été l'implication des deux écrivains dans l'adaptation graphique de leurs nouvelles ? Est-ce que vous avez eu carte blanche ou bien se sont-ils montrés plus ou moins directifs, censeurs à certains moments... ?

JPP : Marc VILLARD souhaitait adapter ses nouvelles d’auto fiction parues à L’Atalante et en avait fait part à mon éditrice chez Casterman, chez qui il a sorti Rouge est ma couleur avec Jean-christophe CHAUZY. Son travail et le mien avaient des résonances et on nous a mis en contact. J’ai adoré ses nouvelles et l’autodérision qu’il pratique. Il y a une méchanceté chez lui que je n’ai jamais su développer dans mes séries d’humour. Avec Marc, c’est une véritable collaboration : nous avons choisi les nouvelles ensemble, il les a adaptées, je lui ai soumis le découpage, il a donné son avis sur la bichro, la maquette - c’est un ancien directeur artistique - bref, il a été présent tout le long du projet. Cela n’a pas empêché qu’il me laisse une grande liberté.

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Planche extraite de Quand j'étais star - Casterman

La nouvelle de Philippe DJIAN, j’ai eu envie de l’adapter dés que je l’ai lue en 2003 dans un supplément d’été des Inrockuptibles. J’ai attendu en vain qu’elle paraisse en livre avant d’enfin proposer l’idée à Futuropolis. Il ne s’est pas écoulé une semaine avant que Philippe DJIAN me donne son accord. Il était enchanté que cette nouvelle, qu’il avait écartée du livre Frictions, reprenne vie. Il na pas souhaité s’investir dans l’adaptation. Le texte existait, à moi de me démerder avec (dixit). Sa seule exigence tenait aux dialogues sur lesquels il est très exigeant. Je lui ai soumis mon scénario puis le story-board. Il a retouché quelques répliques. Une des raisons pour lesquelles j’ai souhaité adapter cette nouvelle c’est qu’elle est très dialoguée. Un langage parlé mais très écrit. Dans la bouche d’un comédien, il sonnerait faux alors qu’il est parfait pour la bande dessinée, art hybride.

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Planche extraite de Mise en bouche - Futuropolis

Quand VILLARD ou DJIAN ont retouché leurs dialogues, c’était toujours pour en enlever. J’ai énormément appris sur ces deux livres. Notamment à faire plus confiance à mon dessin.

KLI : J'observe dans ces derniers travaux comme la volonté de rompre avec une forme de récits plus légers qui ont marqué votre parcours? Est-ce qu'on peut dire que vous avez envie de passer à la vitesse supérieure, sortir d'une forme de routine, bénéficier d'une reconnaissance d'auteur ? Faut-il y voir un regard critique sur vos productions passées et la volonté de consacrer votre temps à des projets plus muris et plus ambitieux ?

JPP : Volonté, je ne crois pas. Je me laisse porter par mes envies et mes rencontres. Je ne pense pas en termes de carrière ou de reconnaissance. D’ailleurs, cette idée qu’une œuvre, quelqu’elle soit, serait mineure parce que légère ou comique me sidère. GOOSSENS, pour ne prendre que lui, est un immense auteur et il serait dommage d’attendre qu’il fasse autre chose que de l’humour pour s’en rendre compte. De même si demain, j’entreprends un projet jeunesse, il n’en sera pas moins muri et ambitieux. Ce qui m’intéresse, c’est l’étude de caractères, l’intrigue m’importe peu et j’ai vu une sorte de quintessence de mes préoccupations dans la nouvelle de Philippe DJIAN. Le vague rapport à l’actualité du pitch de Mise en bouche ne doit pas supplanter le fait que c’est avant tout une comédie, avec des personnages véritablement comiques comme Vickie. Je ne pense pas que Quand j’étais star soit particulièrement « sérieux ». J’ai toujours essayé de mêler légèreté et intimisme dans mon travail. C’est même ce qui le caractérise, plus que les fameux nez en virgule.

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Planche extraite de Premières chaleurs - Casterman

KLI : Mon propos n'était pas de dénigrer vos travaux passés mais de noter quand même un abandon de votre part de cette forme de récit proche de séries TV comme Friends - Premières chaleurs, Ces années-là - pour asseoir une création plus mature et moins "ado". N'est-ce pas aussi lié au "vieillissement" de l'auteur qui se sent moins proche de la jeune génération ?

JPP : Je comprends ce que vous voulez dire au sujet de Premières chaleurs et Ces années-là. Ce n'est pas tant la peur de ne plus être en phase, mais plutôt une certaine lassitude face à l'abondance de bande dessinée sur le même propos, notamment sur les blogs. Tout le monde y raconte son
quotidien, plus ou moins sur le même ton et plus ou moins (plutôt moins, d'ailleurs) de pertinence. Quand j'étais star était un bon angle d'attaque pour renouveler un genre déjà galvaudé.

KLI : N'y a t-il pas une forme de contradiction à illustrer le récit d'un autre et dans le même temps, confier à un autre dessinateur la mise en image d'une histoire que vous avez écrite ? Pourquoi ne pas avoir assuré le dessin de la série Le désespoir du singe ? Comment se fait ce type d'arbitrage : je le dessine ou je ne le dessine pas ? Le souci de se focaliser davantage sur la lisibilité du récit ?

JPP : Je ne crois pas qu’il y ait contradiction mais plutôt une curiosité sur les différentes façons d’envisager le travail d’auteur de bande dessinée. Avec ALFRED nous nous connaissons depuis nos débuts respectifs au sein de labels indépendants. Le désespoir du singe est la concrétisation de notre amitié. Je ne lui ai pas confié une histoire, nous l’avons conçue ensemble. Le scénario que je lui fournis n’a aucune information de découpage; ni page, ni case, juste un enchaînement de scènes. Je redécouvre l’histoire à la réception des pages. Des planches dans lesquelles il a insufflé son souffle, son regard, son style. Pas un seul instant, je n’ai imaginé dessiner cette histoire. Quand je l’écris, j’imagine ce que peut en faire ALFRED mais comme c’est quelqu’un qui avance toujours graphiquement, je suis constamment (et heureusement) surpris. C’est une de mes grandes joies que de découvrir ses planches. Curieusement, il y a eu une sorte de transfert pendant cette collaboration. ALFRED a épuré son trait tandis que j’ai noirci le mien.

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Couverture du tome 1 du Désespoir du Singe - Delcourt

Travailler pour quelqu’un ne m’a pas spécialement permis de me focaliser sur la lisibilité du récit. J’applique cette exigence pour mes projets personnels et sur les adaptations. Je travaille la fluidité de ma mise en scène et de mes dialogues. Quand c’est réussi, le dessin arrive naturellement. ALFRED et moi tenions à sortir du tiroir où l’on nous rangeait déjà. Lui faire dessiner un récit contemporain avec un couple à une table de bar ne m’intéressait pas. Et ça ne l’aurait certainement pas intéressé. Un critique a qualifié mon travail de « bande dessinée de chambre ». Pour rester dans la métaphore musicale, avec ALFRED, je compose pour un orchestre philharmonique ! Il y a un souffle romantique dans son dessin que j’avais envie d’exploiter. J’avais également envie de me frotter au récit d’aventure à la David LEAN. Même si j’accorde toujours autant d’importance aux personnages, cela me permet de jouer plus intensément avec l’intrigue, le climax, les lieux.

En fait, quand j’écris, je ne pense jamais au dessin. Et c’est comme ça que je me retrouve à dessiner des voitures alors que je déteste ça. Et qu’ALFRED se retrouve a dessiner des chevaux…

KLI : Quand j'étais star et Mise en bouche se caractérisent par un nombre important de pages, une mise en couleur minimale et un format "graphic novel". Pouquoi ces différents choix ?

JPP : Pour Quand j’étais star, l’éditeur a longtemps tergiversé sur le format. Au final, nous sommes très content d’être dans la collection Écriture. Dans un format classique, tout le sel des nouvelles de VILLARD se serait dilué. Nous avons pu y développer plus longuement le personnage de Marc. La forte pagination nous a permis de rythmer le récit avec des nouvelles plus intimistes et de ce fait, de montrer le personnage sous un autre jour. À l’origine, le projet était en noir et blanc, mais très vite, il m’a semblé que la bichromie apporterait un supplément d’âme. J’ai donc demandé à Laurence CROIX de me donner un coup de main pour finir dans les temps.

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Planche extraite de Quand j'étais star - Casterman

La même Laurence CROIX qui a fait un travail fantastique sur Mise en bouche. C’est une mise en couleur (forme de couleur décalée) que je pratique pour l’illustration et que j’avais envie de développer sur la longueur d’un album. Laurence et moi collaborons depuis un bon moment maintenant. À chaque fois, nous avons tenté des choses différentes. Philippe DJIAN avait bien apprécié Grain de beauté et l’économie de couleurs. Ca tombait bien, car c’était exactement cette voie que je désirais approfondir. Je ne voulais pas de couleurs réalistes (herbe verte, ciel bleu…) mais d’une vraie signature colorée. La mise en couleur devait refléter les états d’âmes des personnages, souligner le rythme de la narration tout en respectant la stylisation du dessin. Un challenge que Laurence a réussi haut la main.

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Planche extraite de Mise en bouche - Futuropolis

La nouvelle de Philippe DJIAN faisait 64 pages, l’adaptation en fait le double (137 exactement). Il était inenvisageable pour moi de changer cette pagination où de la segmenter pour entrer dans une collection. J’ai trouvé chez Futuropolis un interlocuteur adéquat. Depuis peu, les éditeurs semblent avoir admis que c’est l’objet livre qui doit s’adapter au projet et non le contraire. De plus, que ces deux livres s’éloignent du format album pour mieux en évoquer l’origine littéraire me convient parfaitement. J’ai toujours fait en sorte que le format de mes livres tienne compte de ce que j’y raconte. Grain de beauté n’aurait absolument pas de raison d’être dans un autre format.

KLI : Quel bilan tirez-vous de vos dix dernières années de création en bande dessinée ? Vos regrets ? Vos satisfactions ? Quand vous repensez à vos débuts d'auteur-éditeur à la Comédie Illustrée, qu'est-ce que cela vous inspire ?

JPP : Dans une interview, BAJRAM expliquait, qu’avec le temps, il se posait de plus en plus de question sur son travail et regrettait l’insouciance du jeune créateur. J’avoue partager son sentiment. C’est peut-être pour cela que j’ai envie de varier les expériences. Pour retrouver une espèce de fraîcheur. Vous savez, j’étais déjà hyper heureux de vivre du dessin lorsque j’ai débuté comme graphiste dans l’audiovisuel. Je créais les histoires de Mine de rien pour mon bon plaisir, pendant mon temps libre. Je n’imaginais pas un instant ce qu’il adviendrait. Ce qui m’arrive depuis dix ans est une sorte de bonus !

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Planche extraite de Soit dit en passant - Le cycliste

J’ai des regrets sur chacun de mes livres et la satisfaction de progresser au suivant. La comédie Illustrée était une belle aventure. À l’époque j’étais graphiste dans l’audiovisuel et je dessinais mes planches sans aucune autre ambition que d’amuser mes amis. Le hasard m’a fait rencontrer Ronan Le GUELLEC, du fanzine Pol et mickey et futur fondateur des éditions Le cycliste, qui m’a présenté Philippe MARCEL et Jean-paul JENNEQUIN (Le goninfre et Scarce) avec qui j’ai découvert les expositions Autarcik comix organisées par Amok (futur Frémok).

J’ai découvert une scène bd en pleine ébullition, loin de ce qu’on trouvait en librairie. C’était très excitant. C’est dans une de ces manifestation que j’ai rencontré CHRISTOPHER, qui autoéditait Les aventures de David Watts. Quelques jours plus tard La comédie Illustrée naissait, rejoint par Philippe de la FUENTE et MASSONNET. L’aventure Comédie illustrée nous a permis d’appréhender le côté technique de la bande dessinée, de la fabrication à la vente, et de faire des tas de rencontre. Je regrette que nous n’ayons pas pu mieux défendre des auteurs comme Ulf K., Tom HART, Woodrow PHOENIX, Laurent LOLMEDE… Le clash était inévitable. Nous avions tous des vues différentes sur l’évolution de la comédie illustrée. Et quelque soit le choix, nous n’aurions eu ni le temps ni l’énergie de le mener à bien parallèlement à nos « carrières » d’auteurs.

Même si je suis plutôt d’un naturel solitaire, j’aime le travail de groupe autour d’un projet commun ; que ce soit la création d’un fanzine au lycée, de La comédie illustrée ou bien de rejoindre les instances du Groupement Bande Dessinée au sein du Syndicat National des Auteurs Compositeurs.

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Affiche de l'exposition PEYRAUD à Poitiers en 2008

KLI : Quel regard portez vous sur l'édition BD après vos différentes collaborations avec Casterman, Teize étrange, Milan, Futuropolis ? En quoi un éditeur ou un directeur de collection peut avoir une influence sur votre création ?

JPP : Vous ne me trouvez pas très fidèle, c’est cela ? Là encore, je me suis laissé porter par mes rencontres. Frédéric MANGE a créé 13 étrange quelques mois après les débuts de La comédie illustrée. Nous avons écumé les salons ensemble. Lorsque j’ai découvert sa production, j’ai tout de suite eu envie de travailler au format poche, idéale pour y développer des histoires intimistes. En fait, à mes débuts, j’ai profité des différents formats que produisait les petits éditeurs pour y tenter mes expériences narratives : Du strip chez La cafetière, Du gag chez Le cycliste… Les rapports qui se sont tissés tout au long de ces "années d’apprentissage" sont bien évidemment différents de ceux que je peux entretenir avec mes éditeurs plus récents.

Je considère qu’un éditeur ou directeur de collection doit comprendre la démarche d’un auteur et pas seulement donner son accord sur un pitch et signer le chèque. Il doit croire au « potentiel artistique » de l’auteur, l’encourager sans lui faire sauter d’étapes et le défendre contre vents et marées critiques et économiques. Ce rôle d’accompagnateur, d’accoucheur est difficile car il induit l’instauration d’un lien très intime dans une relation de travail.

Multiplier les éditeurs, c’est multiplier les regards sur son travail. À l’auteur aussi de savoir quoi prendre chez chaque éditeur.

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Carte de voeux 2007

KLI : Depuis vos débuts, votre trait se caractérise par son minimalisme, sa sobriété, sa simplicité. Est-ce que ce choix de cette ligne claire s'est imposé à vous comme une évidence dès le départ ou bien avez vous exploré d'autres voies ?

JPP : La suggestion me semble bien plus révélatrice d’émotions que la description ou la démonstration. Et cela dans tous les domaines, littérature, cinéma… J’aime que le lecteur soit actif. Au théâtre, une chaise et un divan suffisent à évoquer un intérieur. Le cinéma a tendance a trop en montrer, d’où mon goût pour SAUTET, RIVETTE, DEVILLE, MILLER... Je n’échangerais pas une nouvelle de CARVER contre tout PROUST !

Le minimalisme, la sobriété, la simplicité, quelque soit le nom qu’on lui donne n’ont qu’un but : l’équilibre.
Il y a une très intéressante phrase d’AVRIL dans sa monographie : "Plus je dessine, plus je me perds".

J’ai eu la magnifique occasion d’en disserter avec lui. Je crois que je vais faire encadrer cette phrase au dessus de mon bureau, entre le portrait de MONDRIAN et une étude de MATISSE (une carte postale, je vous rassure) et la dernière planche du Chemin des trois places (l’original).

C’est lors de mes études d’arts graphiques que j’ai découvert le pinceau qui correspondait à mon geste long et ample. C’est au même moment que j’ai découvert CHALAND, CLERC, LOUSTAL et tous les « jeunes gens modernes ». Avant j’avais beaucoup tâtonné, surtout inspiré par les classiques, FRANQUIN, MORRIS…

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Illustration pour Les artistes en cave

KLI : Quel rapport entretenez vous avec la ligne claire ? Vous sentez vous proches d'auteurs comme CHALAND, CLERC, AVRIL, FLOC'H, SWARTE.... ? Qu'est-ce qui vous en rapproche ? Qu'est-ce qui vous en éloigne ? Quels sont les artistes de ce courant graphique que vous appréciez, quels sont vos albums favoris ? Si vous deviez donner une définition de la ligne claire, quelle serait-elle ?

JPP : Mes goûts m’emmenaient donc vers une certaine stylisation et après le règne du réalisme historique (collection Vécu) l’arrivée du renouveau de la ligne claire était enthousiasmant. Habitant Poitiers, je me suis déplacé très tôt au festival d’Angoulême. J’y ai fait dédicacer Petit peintre à DUPUY-BERBERIAN sur le stand Magic strip. Ce devait être en 1986, je n’avais jamais entendu parler d’eux - d’ailleurs j’ignorais alors la vérité sur le bicéphalisme de leur duo -, le graphisme et le format m’avaient immédiatement attiré. Leur travail m’a très vite plu car ils délaissaient le rétro 50.

Ce côté nostalgique dans lequel s’enfermait une partie de la ligne claire m’a vite ennuyé. Puis il y a eu MARTINY et PETIT-ROULET avec Macumba river et Papa dindon et enfin des récits contemporains. J’ai su que c’était ce genre d’histoires que je raconterai.

Le chemin des trois places d’AVRIL et GOTTING m’a énormément influencé. Cette histoire de rien sur l’amitié entre deux hommes est un petit bijou. La bande dessinée arrivait enfin à exprimer ce que seul SEMPE avait pu évoquer dans ses illustrations.

Je suis resté un inconditionnel d’AVRIL. Il a su faire évoluer son dessin magistralement. J’attends impatiemment son album chez Dupuis sur scénario de Ted BENOIT.

GOTTING est non seulement un graphiste hors pair mais un narrateur époustouflant. En terme d’écriture, un de mes modèles avec Jean-claude DENIS et Etienne DAVODEAU. Il y a une fluidité dans l’écriture de ces trois-là que j’aimerais égaler.

LOUSTAL et sa volonté de sortir du cadre narratif classique avec ses images sans bulle et le pouvoir évocateur de ses illustrations faussement naïves m’a littéralement cueilli.

Je me suis abîmé les yeux sur les pin-up de Serge CLERC, sans doute le plus grand styliste avec Ever MEULEN.

Que dire de CHALAND ? Il ne se passe pas une année sans que je ne relise son œuvre. F 52 et Le jeune Albert sont mes albums préférés. Il se servait de l’imagerie des années 50 pour porter un regard sur son époque. Rien à voir avec de la nostalgie. J’ai plus appris sur la bande dessinée en lisant ses interviews qu’avec n’importe quel autre. Le maître.

Bref, j’ai dévoré tous ces auteurs qui se côtoyaient. De ma lointaine province, j’ avais l’impression que c’était les nouveaux Montparnos ! Impression renforcée en feuilletant Intérieurs d’artistes d’AVRIL.

Non seulement je me sens proche d’eux mais je clame haut et fort ma filiation.

Mes goûts ont heureusement évolués depuis et je ne lis pas que de la ligne claire mais dans les derniers venus j’adore Émile BRAVO. Jules est la meilleure série tout public des 10 dernières années ; un genre qu’il a su renouveler magistralement. J’aime beaucoup son mauvais esprit. En cela, il est le digne héritier de CHALAND.

Je n’ai pas encore lu R97 de Christian CAILLEAUX qui est un copain et dont j’adore le trait élégant. Le troisième thé chez 13 Étrange est une petite merveille.

Plus récemment encore, Michel RABAGLIATI et Alexandre FRANC m’ont enthousiasmé, chacun dans des registres très différents.

BOUCQ identifie deux types de dessinateurs : les volumiques, plus sculpturaux et les bidimensionnels, plus scripturaux. Indéniablement, la ligne claire rejoint cette dernière catégorie.

Je suis tout à fait d’accord avec la définition de la ligne claire que vous donne Émile BRAVO (qui cite HERGE, me semble-t il) : un dessin épuré au service de la narration. Et comme nous avons très peu parlé d’HERGE, mes Tintin préférés sont Le lotus bleu et Tintin au Tibet.

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Gouache pour la librairie Brusel

KLI : Pourquoi ne jamais avoir créé d'album "dans la tradition franco-belge du héros sans peur et sans reproche confronté à des méchants" si vous voyez ce que je veux dire ? Parce que vous vous sentez plus proche de la "nouvelle bande dessinée" d'auteurs plus tournée vers l'autobiographie ?

JPP : Je crois que c’est LOUSTAL qui disait ne pas se voir dessiner les aventures d’un reporter avec son chien. Je suis d’accord avec lui. Ce qui m’intéresse chez CHALAND c’est qu’il détourne les codes de la bd classique avec Freddy Lombard. Comme je l'ai déjà dit précédemment, c’est l’étude de caractère plus que l’intrigue qui m’intéresse. Bien souvent la psychologie des personnages est pauvre dans les séries classiques. Alors que le feuilleton permettrait justement de fouiller la psychologie. Regardez ce que font les américains avec les séries télés.

J’adorerais travailler sur une série où l’on suivrait l’évolution d’un ou plusieurs personnages. C’est ce que j’ai tenté de faire avec Premières chaleurs mais mon intrigue était trop lâche.

Je ne me sens pas spécialement proche des auteurs pratiquant l’autobiographie. Si je me nourris de mes expériences personnelles, c’est toujours pour les romancer. En tant que lecteur peu m’importe que l’histoire soit tirée de faits réels ou pas pourvu quelle soit bien racontée.

KLI : Quelle est votre méthode de travail pour parvenir à votre trait ligne claire ? Est-ce que vous pratiquez des croquis chargés pour aller chercher le meilleur trait ou bien ce trait vient assez rapidement ?

JPP : Ma mise en place vient rapidement. Mon crayonné ne diffère guère de mon story board. Les images se génèrent mentalement au fur et mesure de l’écriture du scénario. Si je bute à la mise en place, c’est que ça coince à l’écriture. Ensuite je dessine beaucoup au Colerase (crayon bleu) puis je vais chercher le meilleur trait au crayon à papier à la table lumineuse. Je fais très peu de croquis préparatoires. J’encre à la table lumineuse et au feutre pinceau Pentel.

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Illustration pour la rubrique "C'est mon histoire" dans ELLE

KLI : Que vous apportent vos travaux d'illustrations dans Elle ? Outre l'aspect financier, j'imagine que cela doit défouler l'esprit de dessiner ce type de mini-récit en deux ou trois cases ? Est-ce que vous travaillez aussi pour la publicité ? Créer des images détachées de tout récit vous procure t'il un plaisir différent de la bande dessinée ? Réaliser de belles images, plus graphiques, plus soignées ?

JPP : Quand les gens de Elle ont fait appel à moi c’était pour faire de l’illustration pure. Et puis le directeur artistique a trouvé dommage de ne pas profiter de mon savoir faire d’auteur de bande dessinée. Ce n’est pas spécialement "défoulatoire" comme travail, c’est même assez compliqué car je dois raconter une histoire, si minime soit-elle sans déflorer l’article. Je fais une sorte de bande-annonce. C’est plus simple quand il y a des dialogues. Et il y a des fois où j’aimerais me contenter d’une illustration !

Je travaille pour la publicité par le biais de mon agent, Comillus, mais surtout pour de la communication interne et donc bien souvent invisible du grand public. Quand le client a du talent, c’est toujours intéressant de mettre son travail à son service. Je me suis réellement amusé sur des campagnes pour Club internet ou la Mutuelle des étudiants. Je ne connais rien de pire qu’un client qui pense qu’un joli dessin comblera le manque de message.
Je prends le travail publicitaire comme un exercice de style plus qu’un véritable plaisir. Par contre réaliser des sérigraphies ou des affiches me plaît terriblement. Il y a, hélas, de moins en moins d’éditeur à publier de belles images. Qui sait, quand le marché des bibeloteries et autres attrape-poussière bd aura fini de se casser la gueule, peut-être y reviendrons-nous … Il y a peu, Nicolas et Jean-louis de la librairie Experience nous ont invité, ALFRED et moi, à dessiner une sérigraphie à quatre mains. Il font eux-même l’impression et nous sommes allés sur la machine avec eux, pendant deux jours. Un vrai bon moment.

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Sérigraphie avec ALFRED pour la libraire Expérience

Par contre, permettez-moi de vous reprendre sur la formulation "plus soignée". Une illustration ne demande pas plus de soins qu’une case de bd. L’illustration doit fonctionner toute seule là où la case prend en compte la précédente et la suivante. La spécificité des auteurs ligne claire tient peut-être à une plus grande facilité de passer de l’un à l’autre. J’aime les sérigraphies de CHALAND car elles racontent toutes une histoire. J’ai beaucoup de mal à concevoir des images non narratives. Je ne dessine pas sur les nappes en fin de repas si ce n’est pas pour raconter quelque chose. Je ne remplis pas de carnets de croquis ou de voyages. Je suis un contemplatif ; la vue du paysage me suffit, je n’éprouve pas le besoin de l’archiver. J’aurais l’impression d’être un de ces touristes qui ne décolle pas l’œil de sa caméra.

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Illustrations pour des cartes téléphoniques - copyright comillus

KLI : Quel est votre regard sur la création contemporaine en bande dessinée ? Comment trouver sa place dans la surproduction actuelle ? Quels sont les auteurs dont vous vous sentez proches ? Si on vous proposait de dessiner un Spirou, est-ce que vous accepteriez ?

JPP : La bande dessinée est le secteur de création contemporaine le plus excitant du moment. Il y a des tas de raisons de se plaindre de la surproduction mais il n’y a pas une semaine sans qu’il n y ait un livre intéressant, intrigant ! C’est loin d’être le cas au cinéma dont on nous rebat les oreilles ! Il est plus que temps que les médias généralistes s’en rendent compte. En même temps, cette indifférence nous préserve peut-être…

Trouver ma place dans la production m’importe peu. J’ai toujours eu le cul entre deux chaises : trop underground pour le grand public, trop mainstream pour l’underground.

Les auteurs dont je me sens proches ne sont pas spécialement "ligne claire". Je ne suis pas en atelier et je n’ai pas de bande. Si les connexions avec Jérome JOUVRAY , BRUNO, ou Adrian TOMINE sont évidentes, elles peuvent vous sembler plus floues avec des auteurs comme PRUD’HOMME, GIPI, LOLMEDE, Alex ROBINSON, Kyoko OKAZAKI ou Sylvain VALLEE pour ne citer que ceux-là. Il y a ce jeune auteur, Sebastien VIVES, énervant tellement il a du talent : son album Le goût du chlore est un petit bijou de sensibilité ! Une facilité de gestion des silences et des non-dits. Il laisse parler son dessin où un autre aurait saouler le lecteur avec des voix off. Je déteste les voix off et les narratifs. Je vais faire hurler les puristes, mais c’est la raison pour laquelle JACOBS m’a toujours ennuyé. Toujours dans la veine "less is more", La colère dans l’eau de David DE THUIN m’a énormément touché. En fait je me sens proche de tous les gens avec qui vous risquez me voir dîner en festival. Je ne mange bien que bien accompagné.

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Dessin réalisé pour les rendez-vous BD d'Amiens

Spirou n’a jamais occupé une place prépondérante dans la bibliothèque familiale. De FRANQUIN, c’était plutôt Gaston, personnage bien plus intéressant, à mon avis. J’ai bien évidemment lu tous les Spirou au bibliobus mais ça ne m’a jamais autant marqué que Tintin (qui figurait, lui, dans la bibliothèque familiale avec Asterix et Lucky luke). Je les ai relus il y a peu et je n’ai pas retrouvé la magie que je peux avoir à la relecture d’un Tintin. Il n’y a que QRN sur Bretzelburg qui trouve grace à mes yeux. Quel chef-d’œuvre ! Tout ça pour dire que ça ne m’intéresserait pas vraiment. Même si je trouve le Spirou de BRAVO particulièrement réussi et excellente l’idée de laisser des auteurs s’emparer d’un mythe de la BD le temps d’un one shot. À quand un Lucky luke par DUMONTHEUIL ? Cela m’exciterait beaucoup plus qu’on me propose un Scorpion du désert. J’ai découvert PRATT dans Pif gadget. Comme dans Mickey, je ne lisais les récits réalistes qu’en désespoir de cause. Et je tombe sur cet épisode des Éthiopiques où Corto se fait ensevelir par un éboulement de pierre. Un véritable choc visuel pour le gamin que j’étais. Je ne comprenais pas grand chose à l’histoire mais ces pages quasi abstraites en noir et blanc sont restées gravées à jamais dans ma petite tête. J’ai reconnu le dessin de PRATT, quelques années plus tard, dans un album emprunté au bibliobus, Les scorpions du désert. Je tiens l’épisode avec Stella, J’ai deux amours, mon pays et Paris comme un modèle. Le genre de récit après lequel je courrais toute ma vie ! J’ai bien aimé la reprise de WAZEM.

KLI : Quid de l'impact de vos créations au-delà des territoires francophones. Certaines de vos bandes dessinées bénéficient-elles de traductions étrangères ?

JPP : Premières chaleurs est traduit en espagnol chez Dibbuks. Grain de beauté est traduit en allemand (Carlsen comics) et en taiwanais (impossible de vous traduire le nom de l’éditeur ). Le désespoir du singe est traduit en espagnol (rossel)

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Carte de voeux 2008

KLI : Quels sont vos projets immédiats ? De nouvelles collaborations avec des écrivains ?<

JPP : Marc VILLARD et moi travaillons sur l’adaptation d’un de ses romans à paraître chez Joëlle Losfeld à la fin de l’année. Un roman noir. L’occasion pour moi d’emmener mon dessin vers d’autres horizons. Cela paraîtra chez Casterman fin 2009 début 2010. Une jeune fille s’engage dans le SAMU social pour retrouver son père devenu SDF. Titre de travail : Bird.
Parallèlement je travaille sur l’adaptation de Lui, l’unique pièce de théâtre de Philippe DJIAN, une sorte de mix entre la tragédie grecque et Psychose d’HITCHCOCK. Je me prépare déjà a un gros travail d’épure de mon dessin… À sortir chez Futuropolis.
J’ai dans mes cartons un recueil de nouvelles, D’autres larmes, qu’il me reste à dessiner. Un projet jeunesse avec ma compagne, Catherine ROMAT. Et puis bien évidemment les deux derniers tomes de la tétralogie du Désespoir du singe avec mon copain ALFRED.

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Hommage à Françoise DORLEAC - copyright le 9ème monde

A NOTER :

- La nouvelle Mise en bouche restée inédite en livre jusqu'à présent a été publiée simultanément à son adaptation en bande dessinée dans la collection Folio.

- Jean-Philippe PEYRAUD a été récemment sollicité par la galerie Petits papiers pour leur exposition "Hommage" et a choisi de représenter le jeune Albert. A voir sur le site de la galerie.

- Pour en savoir plus sur les liens du dessinateur avec l'oeuvre d'Yves CHALAND, ne manquez pas ses propos sur le site des Amis de Freddy. Dommage qu'il ne participe pas au rendez-vous de Nérac et au livre-hommage de Champaka.

21:10 Publié dans Peyraud | Lien permanent | Commentaires (0)

14/08/2008

DIDIER PASAMONIK TOUS AZIMUTS

c703bd0a22cc33feeba91d91fd5ef6c1.jpgLe moins que l'on puisse dire est que Didier PASAMONIK, grand ami de la ligne claire, ne manque pas d'activités actuellement. Il est vrai qu’avec ses différentes casquettes - éditeur, journaliste, commissaire d’exposition, essayiste, conférencier, organisateur de forums sur la bande dessinée et j’en passe, il ne peut guère chômer. Qu'il me soit permis ici d'évoquer plusieurs de ses actualités.

En attendant avec impatience sa discussion à bâtons rompus avec Jean-Luc FROMENTAL sur la ligne claire d'Yves CHALAND pendant les rencontres CHALAND de NERAC en septembre prochain, je vous recommande la lecture du premier volet d'un article intitulé A la poursuite du Style Atome : Vers la Ligne claire qu'il vient de publier sur le site internet MUNDO BD. En sa qualité de co-fondateur des éditions Magic Strip avec son frère Daniel, il est parmi les mieux placés pour s'exprimer sur le sujet. A ne manquer sous aucun prétexte en attendant la deuxième partie de l’analyse qu’on espère prochainement mise en ligne 

Je vous invite également à lire Critique de la bande dessinée pure, son dernier ouvrage publié en juin dernier chez Berg International.

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Il s'agit d'un recueil revu et corrigé de plusieurs de ses "chroniques narquoises" publiées principalement pour la revue Suprême Dimension et le site d'information ActuaBD.com (dont Didier PASAMONIK est le directeur-adjoint). On sait Didier PASAMONIK particulièrement bien inspiré quand il s'agit de commenter l'actualité de la bande dessinée qu’il s’agisse des faits et gestes qui agitent le petit monde du 9ème Art ou bien des grandes tendances qui se font jour pour le medium. Ses chroniques nous confirment que l’auteur est un esprit libre qui ne s’embarrasse pas de dire tout haut ce qu’il pense, qui sait apporter de la contradiction quand elle s’avère nécessaire. Les différents écrits rassemblés ici évoquent plusieurs événements majeurs des années 2005 à 2007, des débuts de l'"invasion" des mangas à la surproduction du marché de l’édition BD, en passant par le regroupement industriel des grands groupes, l’évolution du festival d’Angoulême ou les enjeux de la mondialisation pour la bande dessinée. Il s’agit aussi pour Didier PASAMONIK de répondre à certains éditeurs, auteurs de la bande dessinée dite indépendante qui bénéficiant d’une reconnaissance exagérée auprès des médias et des institutionnels de la bande dessinée n’en acceptent que difficilement la contradiction. A ce titre, on ne peut que saluer son esprit critique et sa capacité salutaire à chambouler les jugements de valeur prônés par l’establissement médiatico-culturel.

Par ailleurs, en sa qualité de directeur depuis septembre 2007 de la collection Iceberg des éditions Berg, Didier PASAMONIK a édité au printemps dernier, Mai 68, Histoire d'un printemps, une bande dessinée sur les évènements de mai 1968 particulièrement remarquable et justement remarquée puisqu'elle a notamment été prépubliée en ligne sur les sites internet des quotidiens Le Monde et le Soir.

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Servie par le dessin épuré et très ligne claire du talentueux Alexandre FRANC (déjà évoqué sur ces pages pour son premier album, Les Isolés publié chez Paquet), un traitement en bichromie de la couleur s'inspirant des affiches de l'époque et un scénario à la fois pédagogique et fort plaisant de l'historien Arnaud BUREAU, cette bande dessinée est à découvrir absolument (voir le site mai68-labd.com/).

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Espérons que dans le cadre de ses fonctions éditoriales, Didier PASAMONIK nous propose d’autres belles créations dans les prochains mois. On sait déjà que Uri FINK, figure marquante de la bande dessinée israélienne publiera à l’automne dans cette collection un ouvrage intitulé Israël-Palestine : Chronique d’une survie entre guerre et paix . A suivre de près.

Sans vouloir prétendre à l'exhaustivité, on relèvera aussi que Didier PASAMONIK participe actuellement à la réédition de l’Histoire des 3 Adolf d’Osamu TEZUKA aux Editions Tonkam en cosignant avec Kosei ONO – ami et disciple de TEZUKA - l’appareil critique accompagnant le nouveau tirage de cette importante bande dessinée du maître japonais.

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471d714b407f413b01de8dc01d3dd3ab.jpgEnfin, on notera avec intérêt l'implication de l'ami PASAMONIK dans l'organisation du programme d'expositions de BRUXELLES BD 2009, l'année spéciale consacrée à la BD porté par le gouvernement de Bruxelles-Capitale dont nous aurons très certainement l'occasion de reparler sur ces pages et dont on peut découvrir l'avant-programme sur le site brusselcomics.com. On retiendra dès à présent une exposition consacrée aux regards croisés de la bande dessinée belge ainsi qu'une autre sur la période la plus ligne claire de Willy VANDERSTEEN, créateur d’exception malheureusement trop peu connu en France.

Le portrait de Didier PASAMONIK qui ouvre cette note est dessiné par Alexandre FRANC

22:35 Publié dans Pasamonik | Lien permanent | Commentaires (2)

11/08/2008

AMIS D’YVES CHALAND, ADHEREZ !

Nous avons le plaisir de vous informer que l’adhésion à l’Association LES AMIS D’YVES CHALAND est désormais ouverte !

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Rappelons que par ses statuts déposés en sous-préfecture de NERAC, l'association LES AMIS D’YVES CHALAND a pour objet de « porter à la connaissance du public l’œuvre d’Yves CHALAND, promouvoir l’œuvre littéraire et graphique à travers la tenue de réunions de travail, l’organisation de manifestations publiques, l’édition de catalogues, images et CD, films, vidéos et toutes initiatives pouvant aider à la réalisation de l’objet de l’association, ainsi que toutes activités pouvant resserrer les liens entre les membres ».

Les Rencontres CHALAND organisées du 26 au 28 septembre prochains à NERAC sont la première action d’envergure de l’association. Les adhérents des AMIS D’YVES CHALAND y seront d’ailleurs accueillis en invités privilégiés.

Nous ne pouvons donc qu’inviter celles et ceux d’entre vous qui portent dans leur cœur les belles créations ligne claire d’Yves CHALAND à rejoindre au plus tôt les rangs de cette association voulue par Isabelle BEAUMENAY-JOANNET, l'épouse de l'artiste, pour entretenir sa mémoire et pérenniser son œuvre. Pour cela, il vous suffit de retourner le bulletin d’adhésion téléchargeable ici (AmisYvesChaland_BullAdh-sion2008-1-.pdf) avec le règlement de votre cotisation 2008 à l’adresse suivante :

LES AMIS D’YVES CHALAND
POURRET
47170 SAINTE MAURE DE PEYRIAC


ADHEREZ ET FAITES ADHERER ! C'EST BON POUR LA CHIC PLANETE !

21:04 Publié dans Chaland | Lien permanent | Commentaires (3)

03/08/2008

AVANT-GOÛTS DU MOIS CHALAND

Grace à l'amabilité d'Eric VERHOEST, j'ai le plaisir de vous présenter dans le détail les couvertures définitives des deux ouvrages que Champaka éditera en septembre à l'occasion des Rencontres CHALAND de NERAC : Portraits de l'artiste (version recto-verso avec textes des deux rabats) et Coeurs d'Acier (version recto-verso).

Sachez que la mise en page de Portraits de l'Artiste vient d’être achevée. La liste des dessinateurs, scénaristes, écrivains, éditeurs... réunis pour l'occasion, reprise ci-dessous, est véritablement impressionnante ! Je ne peux que vous inviter à visiter le site internet de Champaka pour découvrir en avant-première quelques contributions d'artistes - Joost SWARTE, Emile BRAVO, Charles BERBERIAN... - qui vous donneront encore plus envie de savourer au plus tôt cet ouvrage appelé à faire date pour tout amateur de CHALAND et de ligne claire.

Le moins que l'on puisse dire est que Champaka sait entretenir notre impatience. Il nous faudra assurément des coeurs d'aciers pour résister à cette belle séance de torture !

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Illustrations coypright Chaland & Champaka

21:45 Publié dans Chaland | Lien permanent | Commentaires (1)

01/08/2008

STANISLAS PREPARE SA RENTREE

Les amateurs de belle ligne claire vont se réjouir puisque STANISLAS va nous gratifier de deux beaux ouvrages fin août -début septembre.

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C'est tout d'abord son Abécédaire illustré qui va enfin voir le jour aux éditions Thierry Magnier. Il s'agit d'un beau livre cartonné en couleurs d'une cinquantaine de pages entièrement dessinées. L'ouvrage s'annonce ludique et graphique avec un tableau de jeu et plein d'illustrations signées STANISLAS. Autant dire qu'il ravira petits et grands, des plus anciens d'entre nous qui y retrouveront l'esprit de leurs livres de lecture et dictionnaires d'antant aux plus jeunes qui s'y verront proposer des planches thématiques sur des thèmes contemporains. Attention ! Le tirage est limité à 3500 exemplaires pour un prix fort raisonnable de 16 euros.

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Nous aurons par la suite l'occasion de retrouver Toutinox, le célèbre robot à damiers de STANISLAS, dans Objets du XXème siècle, réédition augmentée et largement redessinée du Toutinox raconte paru en son temps chez PMJ. Véritable encyclopédie de la technologie du siècle dernier, cet ouvrage illustre la passion que l'artiste voue depuis toujours aux belles machines qu'il s'agisse du Bathyscaphe, du Concorde, de la Bugatti Royale de 1929 ou du simple moulin à légumes de sa cuisine.

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Pour ceux qui comme moi ne goûtent guère à l'apologie du vélib et à la rengaine actuelle autour du développement durable, cet ouvrage est un réel bonheur car il illustre à merveille une société certes imparfaite par plusieurs côtés mais résolument tournée vers le progrès technique et la beauté esthétique de la machine.

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Prévu initialement pour être une Ciboulette bichromie, Objets du XXe siècle sera finalement édité en noir et blanc dans la collection Mimolette de l'Association pour un prix modique de 6 euros. Il s'agit de la première Mimolette signée STANISLAS pourtant co-fondateur historique de la maison d'édition.

2b09c986a6ec46f630a0b2bd22163515.jpg Signalons que STANISLAS participera à Mimolette party, la Mimolette collective totalement inédite qu'éditera l'Association pour fêter les dix ans de la collection et qui sera offerte aux acheteurs de cinq titres de cette dernière. Cet ouvrage proposera des hommages d'auteurs à auteurs publiés dans Mimolette. Dans le cadre de ce collectif, STANISLAS a dessiné deux planches sur Les incidents de la nuit de DAVID B dont nous présentons, avec l'accord de l'auteur, une case en avant-première.

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Rappelons au passage que STANISLAS sera aussi au sommaire d'un autre ouvrage collectif, le Portraits de l'artiste édité par Champaka en hommage à CHALAND. Pour l'occasion, le dessinateur a dessiné deux planches écrites par le romancier et scénariste Vincent RAVALEC.

Par ailleurs, il convient de noter sur votre agenda que la célèbre librairie parisienne Super Héros saluera dignement la sortie des nouveaux ouvrages de STANISLAS par l'organisation d'une exposition (du 2 septembre au 30 septembre) et l'édition d'une grande image signée et numérotée.

Enfin, pour terminer et ajouter au bonheur des admirateurs de l'oeuvre de STANISLAS, signalons que l'artiste a prévu de débuter, dès septembre, les premières planches de son adaptation du Perroquet des Batignoles, le feuilleton radiophonique écrit par TARDI et BOUJUT, dont DARGAUD sera l'heureux éditeur dans quelques mois.

Illustrations copyright Stanislas BARTHELEMY et les éditeurs cités

15:50 Publié dans Stanislas | Lien permanent | Commentaires (4)