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25/04/2008

CHAMPAKALAND

C'est avec un titre mêlant CHAMPAKA et CHALAND, hommage aux liens étroits unissant l'éditeur belge et les créations de l'artiste français depuis un quart de siècle, que nous avons le plaisir de vous confirmer la poursuite de l'important travail éditorial initié par CHAMPAKA autour de l'oeuvre de CHALAND.

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En cette année de célébration du dessinateur, le site internet de CHAMPAKA lève en effet le voile sur CHALAND - Portrait de l’Artiste et l'édition définitive de Coeurs d'acier, deux publications annoncées pour septembre 2008, juste avant les rencontres CHALAND de Nérac (Lot et Garonne) :

CHALAND - Portrait de l’Artiste sera un livre en noir et blanc de 120 pages, format « grafic novel » qui présentera une série de témoignages (bandes dessinées, illustrations, interviews, photos, etc.) d’amis dessinateurs, d’éditeurs, de rédacteurs en chef, mais aussi de la famille, d’amis d’écoles et d’auteurs n’ayant pas connu l’auteur du Jeune Albert, mais lui « devant » quelque chose. Sont ainsi convié Ted BENOIT, FLOC'H, MATTOTI, Serge CLERC, GOTTING, BRAVO, YSLAIRE, SCHUITEN, JUILLARD, LOUSTAL, JANNIN, DIONNET, SWARTE, COSEY, etc. A travers l’ensemble de ces témoignages en pointillés se dégagera le portrait d’un artiste qui se plaisait à brouiller les pistes.

A l’occasion des 70 ans de Spirou, Champaka réalise l’édition définitive de Cœurs d’acier. Le Spirou et Fantasio de CHALAND se situe graphiquement à la croisée de ceux de JIJE et de FRANQUIN. Cœurs d’acier fut le dernier livre paru du vivant de l’auteur de Freddy Lombard (décédé en 1990). Il fit l’objet d’un tirage de 1.350 exemplaires numérotés et signés qui s’épuisa à la mise en place. Sa cote actuelle est de plus de 300 euros. L’édition de 1990 était composée de deux volumes: le premier avec les strips imprimés en bichromie et le second avec un texte de YANN et des illustrations de CHALAND. La nouvelle édition réunira l’ensemble de ce superbe matériel en un seul volume, dans un plus grand format et, surtout, totalement en quadrichomie (avec une nouvelle mise en couleurs d’Isabelle BEAUMENAY-JOANNET).


Eric VERHOEST a eu la gentillesse de nous apporter plus de précisions sur ces deux ouvrages :

CHALAND - Portrait de l’artiste :
· Format: 19 X 25 cm
. Premier tirage : 2.500 ex
. Nombre de pages: 120 pages noir & blanc sur papier offset 150g
. Couverture brochée : quadrichromie sur papier 300 g
. Façonnage : cousu
. PVP prévisionnel: 18,95 euros
. Mise en vente: 19/09/2008

Coeurs d'Acier :
. Format: 30.1 X 24.5 cm (format à l’italienne)
. Premier tirage : 8.000 ex
. Nombre de pages : 56 pages en quadrichomie sur papier couché machine 150 g
. Couverture cartonnée: quadrichromie
. Façonnage : cousu
. PVP prévisionnel: 16 euros
. Mise en vente: 19/09/2008

On se réjouira du prix très abordable annoncé pour chacun de ces livres. La démocratisation de l'oeuvre de CHALAND se confirme et c'est tant mieux !

Illustration copyright Chaland & Champaka

22:20 Publié dans Chaland | Lien permanent | Commentaires (0)

22/04/2008

FREDDY LOMBARD IN THE POCKET

La réédition des aventures de Freddy LOMBARD dans la collection Pocket des Humanoïdes associés, annoncée sur ces pages il y a de cela plusieurs mois, est désormais une réalité avec la parution en ce mois d'avril d'un premier volume rassemblant Le testament de Godefroid de Bouillon, le Cimetière des éléphants et La Comète de Carthage, les trois premières aventures du personnage à la houppe créé par Yves CHALAND.

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Saluons cette heureuse initiative éditoriale permettant de proposer au public ces trois bandes dessinées pour un prix très abordable (9,90€).

Certes, les puristes pourront hurler au scandale en comparant cette édition petit format aux tirages de tête des éditions originales. Ce n’est pas mon cas. Cette réédition à petit prix permet d’entretenir la flamme autour de l’oeuvre de CHALAND et d’ouvrir cette dernière à un public différent du cercle de ses adorateurs bibliophiles.

J'espère que cette nouvelle version permettra à quelques jeunes lecteurs de découvrir ce grand artiste et de s’enthousiasmer à leur tour pour ses bandes dessinées. Merci à nos amis libraires de jouer le jeu et de mettre bien en évidence ce Pocket dans leurs vitrines et présentoirs !

Le second volume est annoncé pour mai. Il comprendra les autres aventures mettant en scène Freddy LOMBARD et ses comparses Sweep et Dina.

Fabrice GIGER des Humanos nous signale qu'à côté de cette édition Pocket de Freddy LOMBARD, les volumes de l'intégrale CHALAND sont toujours disponibles. Il nous précise toutefois que la dernière édition du quatrième volume de cette intégrale ne comprend plus Coeurs d'Acier , le SPIROU signé CHALAND et YANN, ce dernier devant être réédité dans l'année par un autre éditeur. A suivre...

Le site de la collection Pocket des Humanos.

22:25 Publié dans Chaland | Lien permanent | Commentaires (5)

09/04/2008

ENTRETIEN AVEC JEAN-FRANCOIS BIARD

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L'automne dernier, j'évoquais sur ces pages le retour de Jean-François BIARD à la bande dessinée avec "Les aventuriers de l’architecture", une création éditée par l’Ordre des Architectes de Rhône-Alpes pour faire découvrir aux plus jeunes le métier d’architecte.

Je suis donc très heureux de vous proposer aujourd'hui un entretien avec l'auteur. En effet, il m'a semblé intéressant de revenir avec Jean-François BIARD sur son parcours en bande dessinée, ses créations passées, ses rapports avec la ligne claire, ses relations avec Yves CHALAND, ses projets...

Je tiens à le remercier ici pour sa disponibilité, son amabilité et ses confidences.

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Les aventuriers de l'architecture - extrait

Klare Lijn International : "Les aventuriers de l'architecture" marque votre retour à la bande dessinée après plus de quinze années d'absence. Comment ce projet a t-il vu le jour ?

Jean-François BIARD : La publication de cet album relève d'un heureux concours de circonstances. Je la dois en très grande partie à un dessinateur et ami, PICA. Sachant qu’un projet de BD était à l’étude et qu’ils étaient à la recherche d’un dessinateur, c'est lui qui m'a mis en relation avec l' Ordre des Architectes de la région Rhône-Alpes. La personne - architecte de son état - qui portait le projet me connaissait déjà à travers les quelques albums que j’avais publiés bien des années auparavant. Ma candidature soumise au Conseil fut retenue. Curieusement, je revenais donc à la BD, quinze ans après l’avoir quittée.

KLI : Qu'avez vous fait pendant toutes ces années où vous étiez absent de l'univers de la bande dessinée ? De l'illustration ? De la publicité ?...

JFB : Pendant ces quinze ans et aussitôt après la sortie de «soutanes noires et culottes courtes», je me suis dirigé vers la publicité. Je faisais partie des rares personnes à Saint Etienne utilisant l’aérographe. J’ai toujours été disponible, assez rapide et me moquais de travailler les week-end. J’ai donc réalisé quantité d’illustrations qui m’ont permis de ne pas perdre la main. En 1993, nous avons créé avec des amis, notre propre agence de communication : beaux locaux, belle équipe, mais mauvaise entente ! Un an plus tard, retour au statut de freelance. Quelques BD publicitaires pour les sociétés Onyx, Casino me procurèrent beaucoup de plaisir et éveillèrent en moi un peu de nostalgie, mais je me voyais assez peu repartir en quête d’éditeurs, surtout après quinze années d’absence ! je croyais donc sincèrement avoir, et ce de manière définitive, tourné la page de la bande dessinée......

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Case extraite d'une bande dessinée pour Onyx

KLI : Vous développez dans "les aventuriers de l'architecture" un dessin très ligne claire visiblement marqué par le trait de CHALAND ? Pourquoi ce choix graphique ? Estimez vous que la ligne claire est le style le plus approprié pour servir une bande dessinée éducative ? Souhaitiez vous rendre hommage à CHALAND et vous repositionner comme un dessinateur de ce courant graphique ?

JFB : L’Ordre des architectes avait un objectif bien précis : celui de créer de toutes pièces un album de BD consacré à l’architecture et non au métier d’architecte. J’avais des directives, des pistes, des thèmes précis à traiter et surtout, c’est ce qui m’a plu, carte blanche. La cible était le public des 10-13 ans. Déjà il est vrai, très influencé par Yves CHALAND, j’ai voulu néanmoins en raison de l’important paramètre de l’âge, opter pour un graphisme résolument « ligne claire », en tentant de me rapprocher de celui d’HERGE ou de JACOBS. Ceci dit, et comme bien souvent lorsqu’il s’agit de communication par la BD, l’emploi de la ligne claire est largement préconisé. Compte tenu du sujet et du public à qui l’album était destiné, les «Aventuriers» s’insérait parfaitement dans ce cadre, c’est pourquoi, ce choix graphique s’est imposé.

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Création publicitaire pour Casino

KLI : D'un point de vue technique, quelle a été votre évolution depuis vos débuts dans les années 1970 jusqu'à aujourd'hui et l'utilisation de l'ordinateur pour vos planches ?

JFB : J’ai eu un mal fou, j’en conviens, à aborder l’épineux problème de l’utilisation de l’ordinateur. Question de génération ou plutôt d’incompatibilité. Ayant pendant plus de vingt ans travaillé «à l’ancienne», notamment au pinceau et à l’aérographe (merci Yves), j’ai d’emblée considéré cet engin comme un intrus dans ma vie professionnelle, comme un broyeur de carrière, comme un empêcheur de dessiner en rond. Comme je me trompais ! Un peu plus de dix ans plus tard, et des centaines d’heures passées à essayer de comprendre le fonctionnement de certains logiciels, l’ordinateur est devenu pour moi l’outil complémentaire par excellence, et quel outil ! Pour l’album des « aventuriers », les couleurs ont été effectivement réalisées par ordinateur, les textes également.

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Création publicitaire pour Casino

KLI : Quelle a été votre méthode du dessin ligne claire sur cet album. Est-ce que vous pratiquez comme HERGE avec au départ un croquis très chargé pour aller ensuite rechercher la meilleure ligne dans la masse de traits accumulés ?

JFB : Efectivement, je crayonne sur un brouillon un premier "jet" de ce que j'ai imaginé, et par une succession de calques, j'élimine les traits qui me semblent superflus pour, à la fin, n'en conserver qu'un seul. Celui que je pense être le plus satisfaisant. Puis, en scannant chaque case dont le crayonné me semble correspondre à ce que je recherche, je mets en place mes strips et ma page. J'obtiens donc une page crayonnée et montée. Ensuite, je mets tout ça au format désiré, et imprime le tout. Il ne me reste donc plus qu'à encrer. Une fois ce travail terminé, la page étant entièrement scannée, il est toujours possible de modifier le dessin sur photoshop, mais je ne suis pas encore assez habile pour réaliser l 'intégralité d'une planche à la palette graphique.

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Création publicitaire pour Casino

KLI : J'observe que vous êtes cité à plusieurs reprises dans la biographie d'Yves CHALAND sur le site officiel qui lui est consacré depuis peu. Pourriez vous nous en dire plus sur vos rapports avec lui ? Comment avez vous fait connaissance à Saint Etienne ? Le rôle que CHALAND a joué dans votre carrière de dessinateur en vous présentant aux frères PASAMONIK des éditions Magic Strip ? Le rôle que vous avez joué dans son évolution ?

JFB : Je n’avais jusqu’à présent jamais pu lui rendre hommage.....C’est chose faite grâce à cet album, et notamment à travers la page un. Comme je vous l’expliquais un peu plus tôt, j’ai rencontré Yves CHALAND lors de ma première année aux Beaux-Arts de St Etienne. Cette rencontre a été pour moi déterminante. Son influence graphique l’a été tout autant. Luc CORNILLON faisait également partie de cette promotion. J’étais loin d’avoir leur niveau de dessin, néanmoins je fis partie du petit groupe qui réalisa «l’unité de valeur» avec Michel BELLON. Quant à Jacques TERPANT et Francis VALLES, ils nous rejoignirent peu de temps après. Yves et Luc avaient des rapports d’égal à égal car leur niveau de dessin était déjà élevé. Ils ne parlaient et ne vivaient que pour la BD. Me sentant moins concerné, n’ayant jamais «crobardé» la moindre case, mes rapports avec Yves étaient différents. Nous parlions de tout mais paradoxalement peu de BD. Mes parents habitant une maison à la campagne, il venait souvent y passer les week-ends. Là, il tentait de m’apprendre les rudiments du 9ème Art : le maniement du pinceau pour l’encrage, l’aérographe, bref, de véritables cours particulier. J’étais rentré aux Beaux-Arts sans idée précise quant à ma future carrière. Faire de la BD en professionnel me sembla tout naturel. En 1979, Yves et Luc publièrent "Captivant", leur premier album. Deux ans plus tard, je publiais ma première BD, «La mort qui rôde» aux Editions Glénat. Après cette première publication, alors que j’éprouvais quelques difficultés à trouver un nouvel éditeur, Yves m’apporta son aide en me présentant aux frères Daniel et Didier PASAMONIK. De cette rencontre, naquirent deux albums.

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CHALAND, BIARD et TERPANT au Festival d'Angoulême en 1980 (copyright site internet Jacques TERPANT)

KLI : Comment était l'homme et l'artiste CHALAND ? Qu'est-ce que vous retenez de son parcours fulgurant et malheureusement si court ?

JFB : J’ai fréquenté Yves pendant près de quinze ans. Quotidiennement entre 1975 et 1979, puisque nous étions aux Beaux-Arts, puis seulement quelquefois par an quand il se fut installé à Paris. Sa femme et lui m’ouvraient généreusement la porte de leur appartement afin que je puisse y déposer ma valise. J’apportais toujours avec moi des victuailles qui fleuraient bon la province. De bons produits du terroir issus du jardin bio de mon père. Ces quelques séjours dans l’année me permettaient, outre les visites à mon éditeur, de passer d’agréables moments en sa compagnie. Yves était un travailleur acharné. J’essayais de ne pas trop abuser de son hospitalité en évitant dans la mesure du possible son atelier. Cette règle que je m’étais imposée m’a donc permis d’apprécier le confort des fameux canapés «tecno»
La brutale disparition de dessinateur qu’était Yves nous a tous profondément bouleversés et le monde de la BD a perdu ce jour-là un de ses talents les plus prometteurs, mais derrière l’artiste se trouvait un ami, et c’est sans nul doute lui qui me manque le plus.

941b47b1bd8ec74c3f046ff3b39a9b94.jpgKLI : Aviez vous le sentiment d'appartenir à un courant, à une école de Saint Etienne aux côtés de CHALAND, TERPANT, CORNILLON... ?

JFB : On a beaucoup parlé de «l’école» de St Etienne. Il est vrai, et ce n’est pas banal, que de l’Ecole des Beaux-Arts soient sortis pratiquement simultanément cinq dessinateurs ( VALLES n’y était pas élève, mais c’était tout comme !). Avec le recul, je pense pouvoir affirmer que sans la présence d’Yves, je n’aurais en ce qui me concerne, probablement jamais fait de BD.

KLI : Quels sont les rapports que vous entreteniez avec l'Ecole de Bruxelles et les classiques que sont HERGE, JACOBS, MARTIN, de MOOR, VANDERSTEEN... ? Quels étaient vos principales influences ?

JFB : Contrairement à Yves qui était très influencé par FRANQUIN, j’avais toujours été un fidèle lecteur du journal de Tintin et j'admirais plutôt HERGE. Ca n’a d’ailleurs pas changé. J’étais, et je suis toujours, un passionné de Blake et Mortimer, Lefranc ou Bob et Bobette.

KLI : Est-ce que vous participez à l'ouvrage collectif sur CHALAND que prépare Champaka ? Serez vous au rendez-vous de Nérac en septembre prochain ?

JFB : Isabelle CHALAND m’a effectivement proposé de collaborer au collectif de Champaka. J’ai accepté son offre avec beaucoup de plaisir et choisi pour cette occasion d’évoquer des souvenirs assez personnels qui remontent à la période des Beaux-Arts. En ce qui concerne « les rencontres CHALAND » du mois de septembre, je pense être en mesure de me rendre à Nérac mais tout ceci est encore un peu loin......

KLI : Quel regard portez vous aujourd'hui sur vos différentes bandes dessinées ? Des albums comme "la mort qui rôde", "le rubis de vie", "tous fourbes" ou "culottes courtes et soutanes noires" s'inscrivent à mes yeux dans le courant du renouveau ligne claire des années 1980 par leur ton caustique, leurs références aux bandes dessinées des années 1950-1960 et leur dessin. Est-ce que j'ai tort ? Vous sentiez vous ligne claire à l'époque dans votre dessin et votre ton ?

JFB : Quel regard puis-je porter sur l’ensemble de ma modeste production ? J’ai toujours pensé qu’il était préférable de laisser ce soin au public. En ce qui me concerne, j’ai souvent eu un regard critique vis à vis de mon travail.

6314e44b5464b167bb0340a8a20d7795.jpg«Culottes courtes et soutanes noires» publié dans l'Echo des Savanes serait sans doute l'album que je considère comme le plus abouti, tant au niveau des scénarios qu’au point de vue graphique.

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4ème de couverture de "culottes courtes"

042394fc86714dc5977e79d1798407d9.jpgPour les deux premiers, "la mort qui rôde" et "tous fourbes", j’étais totalement immergé dans ce que l’on pouvait déjà qualifier à l’époque d’univers CHALAND. J’avais proposé aux éditions Glénat une histoire courte de huit pages je crois, pour un Circus "spécial police". J’avais réussi à caser dans ce court récit, un savant fou, un robot, une 404 et même quelques décors inspirés des "deux vies de Basil Wolverton" !. Le dessin était ce qu’il était, mais il m’a permis d’embrayer directement sur "la mort qui rôde".

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Case extraite de "La mort qui rôde"

5fa8624b3f52cf83e6a221652dfd5b7e.jpgC'est surtout avec "tous fourbes" que j’ai confirmé d’une certaine manière mon appartenance à ce mouvement avec un dessin très marqué CHALAND et surtout avec l’humour noir qui caractérisait chaque histoire de l’album : gamins tortionnaires, tueurs, ou encore maîtres chanteur. J’ai développé à nouveau ce thème mais dans un autre esprit et quelques années plus tard avec "les soutanes" pour l’Echo des savanes.

24677c0e65d1a27cd8965bab8256f71e.jpgEn ce qui concerne "le Rubis de vie", celui-ci était le fruit d’une collaboration avec un auteur du Fleuve noir à qui j’ai voulu imposer certaines de mes idées....A posteriori, je pense que j’ai eu tort.

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Cases extraites du "rubis de vie"

e92e93d2db5b20e940a9ff8b7a83e7e6.jpg"38ème parallèle" était une collaboration souhaitée par Albin Michel, François RIVIERE et José-Louis BOCQUET. J’avais déjà en tête les «soutanes» mais l’opportunité de travailler pour l’Echo des savanes était tentante, même s’il s’agissait d’un récit de guerre. J’ai donc accepté de bon coeur. "38ème parallèle" a été pour moi une courte expérience intéressante, car j’ai dû adapter mon dessin au scénario qui réclamait un style plus réaliste que je n’avais jamais pratiqué jusqu’alors. J’avoue que je n’ai pas été toujours très à l’aise. Néanmoins l’aspect rigoureux du scénario et les contraintes graphiques qu’il exigeait ont été pour moi une excellente expérience.

03854f5836351b8bd51f3680dfe1f4b8.jpgKLI : Qu'est-ce qui vous a fait poursuivre dans ce style plus réaliste, au début des années 1990, avec vos bandes dessinées chez Lavauzelle ? Avec le recul, n'avez vous pas le sentiment d'avoir fait un mauvais choix en vous orientant vers des récits militaires ? Etait-ce vraiment un choix voulu et assumé lié à un attrait pour ce genre de récit ou bien le résultat de collaborations pas forcément souhaitées ?

JFB : Concernant les éditions Lavauzelle, c’est par Albéric de PALMAERT avec qui j’avais déjà collaboré, que les trois albums se sont concrétisés. Je n’ai jamais eu une attirance particulière pour ce genre de récit, mais comme vous vous en doutez peut-être, le métier de dessinateur est particulièrement difficile et précaire surtout d’un point de vue financier. Il est vrai que le choix de m’engager dans ce domaine n’était pas particulièrement judicieux.

KLI : Je m'étonne toujours que vous n'ayez pas participé à l'aventure de la collection "Atomium" de Magic Strip. Est-ce que vous aviez des projets dans cette collection ? Par ailleurs, comment se fait-il que vous n'ayez pas eu de rapport de fidélité avec un éditeur en particulier en passant de Glénat à Magic Strip puis Albin Michel et d'une revue à une autre pour vos prépublications ?

JFB : Effectivement, je n’ai jamais été sollicité pour faire partie de la collection "Atomium". Daniel et Didier PASAMONIK ont sans doute dû estimer à l’époque, que je n’avais pas encore "l’étoffe" pour intégrer l’équipe de dessinateurs... Il faut dire également que je ne leur ai jamais proposé quoi que ce soit pour cette collection. En ce qui concerne mes rapports de fidélité avec les éditeurs, il est vrai que mon parcours est pour le moins atypique. Mais pour ne rien vous cacher, la faute m’incombe en partie. L’inexpérience et une certaine forme d’arrogance due à la jeunesse m’ont ouvert les portes de sortie de certains éditeurs. Par la suite, ce sont des questions bassement matérielles qui m’ont poussé à partir et aller dessiner sous d’autres cieux. Entre les projets de séries qui s’arrêtaient au bout du premier tome et les ventes modestes de mes albums, à la longue j’ai, comme on dit, fini par décrocher.

d18ae6003a25c9610fc6ba41375f8130.jpgKLI : Est-ce que des rééditions de vos ouvrages sont envisagées ou bien sont-ils condamnés à rester dans la seule mémoire de lecteurs nostalgiques ? Quel est le regard d'un créateur qui comme vous ne trouve plus ses bandes dessinées proposées au public ?

JFB : Aucune réédition d’album n’est prévue, et j’ai bien peur que pour les nostalgiques de JF. BIARD, il leur faille se contenter de leur mémoire ou d’une relique que pourrait leur vendre un bouquiniste.....En ce qui me concerne, j ‘ai toujours un petit pincement au coeur lorsque je tombe par hasard sur l’un de mes albums au détour d’un vide grenier. C’est drôle car il m’arrive assez souvent de racheter mes propres albums, n’en possédant plus moi même, les ayant pratiquement tous donnés !

KLI : Est-ce que vous êtes toujours lecteur de bande dessinée ? Est-ce que vous suivez la création contemporaine ? Quels sont les auteurs que vous appréciez ?

JFB : Je vous avoue que je lis beaucoup moins de BD qu’autrefois. J’en parle en revanche assez régulièrement avec des amis qui eux sont restés dans la profession.

KLI : Quelles sont vos bandes dessinées ligne claire préférées ? Si vous ne deviez garder qu'un seul ouvrage ligne claire - à part les votres bien évidemment - quel serait-il et pourquoi ?

JFB : Ne conserver qu’un seul ouvrage ligne claire ? Le choix s’avérerait difficile pour ne pas dire impossible...Néanmoins je crois que j’en resterais à mon premier coup de coeur, au héros que j’ai découvert lors de ma petite enfance à travers les recueils pieusement conservés par mon frère. Le recueil N° 30 du journal de tintin de 1956 partira donc avec moi pour le grand voyage! J’aurais donc, grâce à cette petite tricherie, des extraits à la fois de "Coke en stock", de "l’Enigme de l’Atlantide", des "Masques blancs" , de "La tiare d’Oribal", et même en prime, "Modeste et Pompon". Je sais, c’est vilain de tricher, mais c’est comme ça !

KLI : Je vous pardonne bien volontiers ce stratagème très ingénieux ! Quels sont vos projets immédiats ?

JFB : Toujours les illustrations publicitaires et en BD, probablement un deuxième album avec l’Ordre des Architectes. Peut-être également un projet de BD plus personnelle avec un scénariste. Par ailleurs, je prépare une nouvelle exposition de peinture (en amateur).

KLI : Quel style développez vous dans vos peintures ?

JFB : J'ai commencé à m'y intéresser (un peu) sérieusement, il y a trois ans. Les reproductions ci-dessous donne un résumé chronologique de mon évolution, de la plus ancienne aux plus récentes. Ce sont tous d'assez grands formats (100 X 80 cm)

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Pour plus d'informations sur la méthode de travail de Jean-François BIARD en bande dessinée, je vous invite à visionner les vidéos du CD ROM accompagnant l'album "Les aventuriers de l’architecture". L'ouvrage est disponible auprès de l’Ordre des architectes de Rhône-Alpes : croara@wanadoo.fr . Plus d’infos sur http://www.architectes.org .

22:25 Publié dans Biard | Lien permanent | Commentaires (2)