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28/01/2007

RAPIDE BLANC, UNE OEUVRE MAJEURE

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Qu'il me soit permis ici de saluer "Rapide Blanc", le deuxième ouvrage du graphiste québécois Pascal BLANCHET aux éditions de la Pastèque. Certes, ce n'est pas vraiment de la ligne claire mais c'est une telle merveille à regarder, feuilleter, savourer et contempler, une telle réussite tant graphique que narrative que je ne peux m'empêcher d'y consacrer ces quelques lignes.

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A l'instar du DAVODEAU des "Mauvaises gens", BLANCHET nous conte une aventure industrielle et sociale véridique, celle d'un barrage hydro-électrique situé dans le nord du Québec et du village créé à partir de rien, au mileu de nulle part, pour loger les employés dudit barrage et leurs familles.

L'auteur dépeint avec délicatesse et nostalgie mais aussi humour et fantaisie la vie de cet outil industriel et de la communauté qui lui est liée, sur près d'un demi-siècle, de la genèse du projet dans les années 1920 à l'abandon du site au début des années 1970.

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Là où DAVODEAU utilise un dessin laché accompagné de nombreux textes, BLANCHET privilégie l'esthétique et l'économie de moyens. Comme quoi la bande dessinée de reportage peut aussi fort bien s'accommoder d'un traitement graphique très stylisé et particulièrement soigné.

Son dessin est un pur ravissement. Précis, gracieux, époustouflant de maîtrise, il évoque l'art déco, le design industriel mais aussi l'illustration publicitaire des années 1950. Une pure beauté de trait et de mise en page servie par une impression en deux couleurs. Il y a du SETH chez BLANCHET. Du Raymond LOEWY aussi.

Soucieux d'immerger encore plus son lecteur dans l'ambiance du récit, l'auteur propose même une liste de pièces musicales pour accompagner les différents chapitres. C'est dire le souci de la perfection qui l'habite.

medium_la_fugue.jpgUn ouvrage à mi-chemin entre la bande dessinée et le livre d'illustration qui confirme après "la Fugue"*, sa première création également publiée aux éditions de la Pastéque, tout le talent de Pascal BLANCHET, jeune illustateur de 26 ans mais aussi la vitalité de la nouvelle bande dessinée québecoise.

*LA FUGUE a remporté le prix Bédélys 2005 du meilleur album de l'année, remis par l'Association des libraires du Québec.

Illustrations copyright Pascal BLANCHET & Les éditions de la Pastèque

18:00 Publié dans Blanchet | Lien permanent | Commentaires (0)

21/01/2007

PATRICK DUMAS A PROPOS D'ALLAN MAC BRIDE

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Patrick DUMAS, le dessinateur des séries Patrick Maudick et Maître Berger publiées chez Glénat dans les années 1980-1990 et, plus récemment, de "l'Oeil de Shiva" chez Semic et du "Cavalier Maure" dans PIF, nous revient avec le deuxième tome des aventures d'Allan Mac Bride, la série qu'il développe avec Jean-Yves Brouard au scénario.

Dans le prolongement de "L'odyssee de Bahmes", premier volume de la série qui avait pour cadre l'Egypte des années 1930, les auteurs nous proposent de suivre la quête de l'archéologue écossais à la recherche d'une mystérieuse terre disparue. Intitulé "Les secrets de Walpi", ce deuxième tome propose une bande dessinée d'aventure franco-belge de facture très classique avec de l'action, des rebondissements, du suspense, du dépaysement puisque le récit a désormais pour cadre principal les Etats Unis, plus particulièment le Nouveau Mexique et le village indien de Walpi. Elle offre également au lecteur un dessin très ligne claire. Aussi, un entretien avec Patrick DUMAS s'imposait.

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Klare Lijn International : Jusqu'à la création d'Allan Mac Bride, tes bandes dessinées ont toujours été assimilables au style ligne claire sans en être vraiment. Avec cette série, tu nous proposes pour la première fois un style graphique résolument ligne claire et d'inspiration fortement jacobsienne. Pourquoi ce choix graphique ? Par envie de prouver qu'à l'instar d'un Ted BENOIT ou d'un André JUILLARD, tu pouvais toi-aussi inscrire tes pas dans la continuité graphique du Maître du Bois des Pauvres ? Ou bien plus simplement parce que ce type de dessin correspondait bien à l'esprit et au type de récit proposé par ton scénariste ?

Patrick DUMAS : Lorsque je travaillais sur Maître Berger ou Patrick Maudick, je ne me posais pas de questions : je dessinais comme ça venait. Je pensais vaguement faire partie de cette branche de la bande dessinée qui avait HERGE ou JACOBS comme modèle, car j'avais lu, et relu, l'oeuvre du père de Blake & Mortimer qui m'avait fortement marqué, et je parcourais avec gourmandise les albums de FLOC'H ou CHALAND. Maintenant, je me pose un tout petit peu plus de questions, avant de commencer à dessiner une histoire, mais je travaille tout aussi spontanément. Je m'autorise certaines choses pour le Cavalier Maure que je me défends pour Allan Mac Bride, en particulier au niveau du découpage et des cadrages, mais le dessin de base est exactement le même. Si je devais vraiment dessiner à la manière de Jacobs, ce serait sans doute encore tout autre chose. Lorsque Jean-Yves BROUARD m'a parlé d'une série dont le héros serait un archéologue à la recherche de civilisations mystérieuses, j'ai tout de suite pensé que la ligne claire serait le médium idéal, mais loin de moi l'idée de me mesurer à Ted BENOIT ou André JUILLARD qui font (ou ont fait) un très bon boulot sur la reprise de B&M. J'avoue avoir été quelque peu dérouté lorsque le premier album de Scott & Hasting de MARNIQUET est sorti, mais Allan Mac Bride était déjà en route.

KLI : Par rapport à ton style habituel, quelles sont les contraintes supplémentaires ou, à l'inverse, les facilités d'exécution liées au dessin ligne claire ? Est-ce qu'une planche d'Allan Mac Bride est plus longue à réaliser qu'une planche du Cavalier Maure ou de Maître BERGER ?

P. DUMAS : Il est beaucoup plus facile pour moi de dessiner une page de Mac Bride qu'une page du Cavalier Maure. Pour Mac Bride, je reste sobre, dans le découpage, les cadrages, la mise en page. Je mets en pratique les leçons apprises en étudiant HERGE, à savoir être le plus lisible possible. Pour le Cavalier, je cherche constamment le petit détail qui donnera de la valeur à l'ensemble de la page, je varie les cadrages et la mise en scène, je me permets des effets de matière. Pour ce qui concerne Maître Berger, j'avoue que, pris par le temps, je n'avais pas toujours les moyens de faire ce que j'aurais voulu. Maintenant, je respecte rarement les délais, mais je me fais plaisir.

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KLI : D'un point de vue purement technique, quelle est ta méthode pour arriver au final à un dessin ligne claire ? Est-ce que tu pars de croquis et d'esquisses très chargés pour choisir le trait le plus adapté ?

P. DUMAS : En fait, c'est plutôt le contraire. Je pars de crayonnés très simples et je rajoute des traits. Trop, sans doute, pour avoir une belle ligne claire (par exemple dans les plis des vêtements), mais, du moins pour le moment, je ne peux pas m'en empêcher.

KLI : Comment conçois-tu une planche de Mac Bride ?

P. DUMAS : Je dessine chaque élément de la case à part, sur des feuilles A4. Puis je scanne ces dessins et fais le montage de la page sur ordinateur, ce qui me permet de réduire ou d'agrandir certaines parties, de les inverser,de les déplacer, etc, jusqu'à de que je sois satisfait de l'ensemble. Ensuite, j'encre à la tablette graphique. Les liens internets suivants expliquent très bien mon processus de création d'une planche et les différentes étapes du dessin d'une case de Mac Bride :
http://www2.zonealta.net/~edmondt/forum/showthread.php?t=3130
http://pixelpat.free.fr/Nouveau/gif.htm

KLI : Est-ce que tu pourrais me donner ta définition de la ligne claire ?

P. DUMAS : Ma définition, non. Où va-t-on si chacun a la sienne ? Quelques conventions, tout de même. Le maître mot, c'est lisibilité ! Pour cela, les cases sont bien alignées, les images cadrées à hauteur d'homme, les traits sont soudés entre eux, les personnages ne vont vers la gauche de la case que lorsqu'ils retournent sur leurs pas. Mais toutes ces règles ne sont là que pour êtres trahies lorsqu'il le faut, bien entendu.

KLI : Quels sont les rapports que tu entretiens avec elle ? Est-ce qu'elle a toujours été ton style de prédilection ou, pour s'inspirer du titre d'un album de Ted BENOIT, as-tu le sentiment d'avoir tendu vers elle progressivement ?

P. DUMAS : Il me semble, avec le recul, que mes premiers albums (quoique pas très bien maîtrisés) étaient déjà de la ligne claire. Cette ligne claire qui reste encore aujourd'hui le médium que j'affectionne. Instinctivement, mon dessin est dans cette mouvance. Mais j'aime aussi beaucoup jouer avec les matières et projeter de l'encre sur mes dessins. Les images réalisées ainsi peuvent-elles encore être assimilées à la ligne claire ?

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KLI : Comment expliques tu que ce style soit si prisé pour illustrer des récits d'aventures situés au milieu du siècle dernier - tes Mac Bride, les reprises de Blake et Mortimer, la récente reprise de Lefranc par André TAYMANS et j'en passe sont là pour l'attester - alors qu'il pourrait fort bien être déployé pour des récits contemporains ? N'est-ce pas un peu réducteur de le cantonner à ce type de récit un peu rétros et nostalgiques?

P. DUMAS: Sans doute. Mais lorsqu'on pense BD et années 40, ou 50, on pense immédiatement à HERGE, JACOBS, MARTIN & co. Il semble alors judicieux, pour une BD se situant à cette époque, de dessiner dans le même style pour que le lecteur, d'emblée, soit en territoire connu. Non ? Sinon, je suis d'accord, pourquoi ne pas dessiner d'histoires contemporaines de cette manière ? Rien ne s'y oppose. On a bien vu, il y a quelques années, la ligne claire de Laurent PARCELLIER au service d'aventures de fantasy (note de KLI : les séries La malédiction des sept boules vertes et Giulio et le drôle de monde publiées par Casterman).

KLI : Quels sont les rapports que tu entretiens avec l'Ecole de Bruxelles et les classiques que sont HERGE, JACOBS, MARTIN, de MOOR, VANDERSTEEN...? As tu eu la chance de les rencontrer ? Est-ce que tu as eu notamment l'occasion d'échanger avec Jacobs après lui avoir rendu hommage dans la série Patrick Maudick ?

P. DUMAS : J'ai lu et relu l'oeuvre de ces maîtres (Je feuillette encore Tintin de temps en temps et j'y découvre encore des leçons de lisibilité). Mais je n'ai jamais eu l'occasion de rencontrer l'un d'entre eux. J'ai failli envoyer mes Patrick Maudick à JACOBS, dont j'avais réussi à obtenir l'adresse. Je ne l'ai pas fait, car je me rendais compte du chemin qu'il me restait à parcourir avant d'arriver à quelque chose qui lui soit présentable.

medium_maudick1.jpgKLI : Quelle a été ta position par rapport à l'émergence d'une nouvelle ligne claire dans les années 70-80 avec des auteurs comme SWARTE, FLOC'H, CHALAND, CLERC, Ted BENOIT, TORRES...? Est-ce que tu te sentais membre de ce courant en réalisant Maître Berger ?

P. DUMAS : C'est pendant que je dessinais et redessinais dans mon coin "Les Oiseaux de Diable", bien avant que cette aventure soit acceptée par Glénat, que j'ai découvert "Le Rendez-vous de Sevenoaks", le premier FLOC'H & RIVIERE. Là, oui, j'ai eu la nette impression que j'avais quelques atomes crochus avec ces deux-là. C'est ce qui m'a poussé, plus tard, à contacter François RIVIERE. Mais je n'avais pas les préoccupations esthétiques des auteurs que tu cites, j'avais déjà beaucoup de mal à rester cohérent dans ma manière de dessiner sans y ajouter de nouvelles contraintes.

KLI : Est-ce que tu as été candidat pour la reprise graphique de Blake et Mortimer ou bien approché à ce sujet ?

P. Dumas : Non, je n'ai fait aucune démarche dans ce sens et personne ne m'a contacté.

KLI : Quelles sont tes bandes dessinées ligne claire préférées ? Pourquoi ?

P. DUMAS : Mes préférences varient selon les moments. Je crois cependant que j'aime de plus en plus le dessin de HERGE. Mais le Hergé qui dessinait seul, pas celui des Studios. La lecture, l'an dernier de l'album "Les vrais secrets de la Licorne", qui présente les strips tels qu'ils sont parus dans Le Soir volé, a été un réel moment de bonheur (note de KLI : formidable petit album à l'italienne publié par Moulinsart).

medium_couv1.2.jpgKLI : Dans un récent entretien particulièrement intéressant pour Bodoï, STANISLAS, l'un des co-fondateurs de l'Association tenait les propos suivants : "Ma tendance au classicisme a vite été écrasée par le courant intello-grunge devenu la marque de fabrique de l'Association. La prédominance de ce courant s'explique : son dessin-écriture très jeté permettait de réaliser des albums très rapidement et donnait à des gens qui ne savaient pas dessiner la possibilité de raconter leur vie sans autre souci que celui de la narration. Personnellement, je tendais vers un dessin plus laborieux, soigné, avec des personnages dotés de vraies mains et des décors nécessitant de la documentation. Je regrette souvent que ce style intello-grunge ait si bien marché. Car j'ai été sans le vouloir co-fondateur d'une maison d'édition dont le style a tué la bande dessinée classique." Comment réagis tu à ces propos ? Est-ce que tu les partages ? Quel regard portes tu sur ce qu'on qualifie de nouvelle bande dessinée (SFAR, TRONDHEIM, BLAIN...) ? Est-ce que ce type d'approche te tente ?

P. DUMAS : J'ai lu cet entretien qui est très intéressant, en effet, et je comprends les états d'âme de STANISLAS, persuadé d'avoir ouvert la Boite de Pandore. Mais je pense, j'espère, qu'il y a de la place pour tous. D'autant que j'apprécie assez certaines de ces "nouvelles" bandes dessinées. J'ai même écris à SFAR, il y a quelques années, pour lui dire tout le bien que je pensais de son Professeur Bell et son Petit Vampire, alors que je ne l'ai jamais fait pour HERGE ou JACOBS ( peut-être aussi que SFAR m'impressionnait moins que les deux grands anciens). Le côté littéraire de cette nouvelle forme de BD m'intéresse énormément, et j'aime le lâché du dessin. Je ne pourrais pas travailler ainsi, mais je prends du plaisir à cette lecture.

KLI : Toi qui as abandonné pendant plusieurs années la bande dessinée pour te consacrer à l'illustration de jeu vidéo, quel regard portes tu sur l'évolution de la bande dessinée. Qu'est-ce qui t'a poussé à réinvestir ce domaine créatif ?

P. DUMAS : Je n'ai quitté la bande dessinée que contraint et forcé. J'ai toujours su que j'y retournerais un jour. Même si, curieusement, c'est après voir arrêté que je me suis rendu compte de la somme de travail que ça représentait. Lorsque l'occasion est arrivée, grâce à Thierry MORNET, chez Semic à l'époque, je ne me suis pas fait prier. Sur l'évolution de la bande dessinée, j'ai un peu de mal avec certaines séries actuelles de fantasy ou de SF, toutes, ou presque, issues du même moule, où la moindre case est soit vue en plongée, soit en contre-plongée.Tout ça me donne le mal de mer. J'espère que, entre cette bande dessinée et celle de SFAR et TRONDHEIM, il reste encore un peu de place (et de lecteurs).

KLI : Après ce deuxième épisode de Mac Bride, quels sont tes projets ? Est-ce que Maître Berger est définitivement retraité ?

P. DUMAS : J'ai énormément de projets. Je souhaite ardemment que quelques uns voient le jour. Citons, en vrac...Une adaptation de La Ligue des Héros, de Xavier MAUMEJEAN, une adaptation de romans de SF de Pierre PELOT, plusieurs récits en collaboration avec Jim LAINE, dont une complainte de chevalier mort, quelques histoires dont j'assumerais aussi le scénario...et la suite du Cavalier Maure dans Pif, ainsi que Mac Bride tome 3, bien entendu ! Quant à Maître Berger, voilà bien longtemps que je n'ai pas eu de ses nouvelles. Mais qui sait ?

medium_Maudick3.2.jpgSignalons que l'excellent blog de Patrick DUMAS - voir lien ci-contre - propose le troisième tome inédit en album des aventures de Patrick Maudick, "La Nuit de l’araignée", paru dans la revue Gomme au début des années 1980.

Illustrations copyright Dumas, Brouard et JYB / Dumas, Rivière et Glénat

06:40 Publié dans Dumas | Lien permanent | Commentaires (0)

08/01/2007

LA VIE D'HERGE EN BANDE DESSINEE

medium_aventuresdherge_1.jpgEn 1999, Jose-Louis BOCQUET et Jean-Luc FROMENTAL pour le scénario et STANISLAS pour le dessin nous proposaient, aux éditions Reporter, LES AVENTURES D'HERGE, la première biographie du père de Tintin en bande dessinée (si l'on excepte l'hommage inoubliable de Joost SWARTE dans son 30/40 chez Futuropolis).

A l'image de LA VIE DE JIJE signée par le regretté CHALAND pour METAL HURLANT, ce récit propulsait le dessinateur HERGE comme héros de bande dessinée ! Au travers de plusieurs courts récits, le lecteur pouvait revisiter son parcours d'homme et de créateur ainsi que ses différentes facettes. Ce brillant exercice de style était brillamment servi par la ligne claire de STANISLAS et le talent de scénaristes de BOCQUET et FROMENTAL ne sombrant jamais dans la description documentaire mais, au contraire, apportant un éclairage frais et neuf sur les épisodes de la vie d'HERGE relatés par ses nombreux biographes.

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A la faveur du centenaire de la naissance de Georges REMI, source de publications nombreuses sur le père de Tintin, les éditions Reporter ont la judicieuse idée de nous proposer une réédition enrichie de ces AVENTURES D'HERGE.

Selon les informations apportés par deux de ses co-auteurs, cette réédition annoncée pour le 11 janvier comprendra :

- une nouvelle couverture "revue dans un sens plus Tintin" selon Jean-Luc FROMENTAL et "joliment coloriée par Madeleine de Mille" selon STANISLAS. La reproduction illustrant cet article confirme leurs propos. On retrouve HERGE et JACOBS devant la villa qui inspira la demeure du Professeur Bergamotte dans LES 7 BOULES DE CRISTAL dans une ambiance nocturne mystérieuse à souhait !;

- de nouvelles gardes "en clin d'oeil aux premières et deuxièmes éditions couleur des albums Tintin" (J-L. FROMENTAL), les fameuses gardes bleu ciel dites aux portraits;

- et surtout 8 nouvelles pages inédites, soit 2 récits supplémentaires de 4 pages chacun (l'un d'entre eux ayant été dévoilé en avant-première dans un récent numéro des Inrockuptibles) :

Le premier se situe en1928 et relate la naissance de TINTIN. Rien de moins !

Le second qui se déroule en 1953 évoque "l'éviction de l'ami Jacques VAN MELKEBEKE par un HERGE désormais patron d'une entreprise florissante : TINTIN" (STANISLAS). Il "montre HERGE se libérant de l'influence sombre de VAN MELKEBEKE et préparant sa "renaissance" humaniste de l'après-guerre" ( FROMENTAL) .

Autant dire qu'il s'agit de deux épisodes importants de la vie de Georges REMI et de l'histoire de la ligne claire, VAN MELKEBEKE étant l'homme de l'ombre, le scénariste fantôme de l'Ecole belge qui pourrait être à l'origine de quelques unes des meilleures aventures de Tintin ou Blake et Mortimer mais aussi le premier rédacteur en chef officieux de Tintin et l'inspirateur du personnage de Mortimer (se reporter à sa biographie intitulée A L'OMBRE DE LA LIGNE CLAIRE signée Benoît MOUCHART chez Vertige Graphic avec une belle couverture de...STANISLAS !).

STANISLAS nous signale qu'à l'occasion de cette réédition augmentée, "il n'y aura ni tirage de tête, ni quoique ce soit d'autre" (on se souvient des superbes ex-libris réalisés à l'occasion de la première édition de cette bande dessinée pour plusieurs librairies). On l'excuse bien volontiers car il est tout concentré sur LE GRAND ANIMATEUR, son DONJON à paraître chez Delcourt et qu'on attend avec grande impatience !

Illustrations copyright Bocquet, Fromental, Stanislas et Reporter