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28/07/2006

REMEMBER MAGIC STRIP

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Les frères PASAMONIK (Daniel debout et Didier assis)Photographie de Jo CLAUWAERT

Créées en 1979 par les frères PASAMONIK, les éditions MAGIC STRIP ont marqué durablement les amateurs de "klare lijn" par leurs publications de haute qualité qu'il s'agisse de l'édition de classiques alors inédits en albums ou épuisés (VANDERSTEEN, DE MOOR, FRANQUIN, WILL, SLEEN...), de monographies et d'ouvrages critiques, brillants et novateurs, signés Benoît PEETERS, Thierry GROENSTEEN ou Bruno LECIGNE, de collectifs inoubliables tel L'EXPO 58 OU LE STYLE ATOME et bien évidemment de nombreux albums de la jeune garde de l'époque (CLERC, CHALAND, TORRES,...) notamment dans le cadre de la fameuse et désormais mythique collection Atomium 58.

En 1984, dans un édito dynamique à souhait, les responsables de MAGIC STRIP annonçaient la couleur : "MAGIC STRIP n'a pas de message à proposer au bon peuple. Ce sont nos auteurs qui en ont, ou qui n'en ont pas. Notre seul travail est de rendre leurs propos nouveaux, intenses, surprenants, séducteurs... Notre travail est ni plus ni moins de suivre le mot d'ordre de PICABIA : "il faut violer le public dans des positions rares !". Et pour ce faire, nous avons tout un arsenal d'armes terrifiantes, destinées à affoler un à un tous vos sens... La plus terrible - c'est notre arme secrète ! - c'est la séduction."

Retour sur une aventure éditoriale diablement séduisante avec Didier PASAMONIK, co-créateur des Editions MAGIC STRIP, qui nous livre également son point de vue éclairé sur la bande dessinée contemporaine.

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Klare Lijn International : Dans quel contexte avez vous créé Magic-Strip ?

Didier PASAMONIK : La maison d'édition a été créée en novembre 1979 par mon frère Daniel (décédé en 1995) et moi-même. Auparavant, nous avions été directeurs de collection chez Bédéscope où nous avions édité Jacques LAUDY, Bob De MOOR, Raymond REDING, etc. Ensuite, en rupture avec Bédéscope, nous nous sommes associés avec le (futur) cinéaste Jan BUCQUOY pour créer les éditions Jonas où nous retrouvions LAUDY et Bob DE MOOR. Jan n'avait pas une vision de l'entreprise qui cadrait avec la nôtre et nous nous sommes quittés bons amis. Au printemps 1979, mon frère et moi reprenions la librairie Chic Bull à Bruxelles. En novembre, nous publions notre premier ouvrage : Tom Colby, signé CUVELIER, HERGE et JACOBS. Nous avions vingt ans.

KLI : Quels étaient vos objectifs dans le paysage éditorial de l'époque ?

DP : Nous nous insérions dans une tendance qui était un retour des valeurs classiques, comme référence des nouvelles générations, basée sur une culture BD qui était en train de naître, avec notamment les revues Phénix et Les Cahiers de la Bande Dessinée. Notre librairie avait une clientèle de collectionneurs de Dupuis-Lombard. Notre apport a été de mêler modernité et tradition. Comme Michel DELIGNE puis Futuropolis le faisaient par ailleurs, avec des perceptions différentes.

KLI : Pourquoi la ligne claire occupait une place principale dans votre catalogue ?

DP : C'était un concept idéal qui alliait modernité et tradition. Souvenez-vous, même TARDI louchait du côté d'HERGE et de JACOBS. Et puis, c'était notre culture. Nous baignions dedans. C’était un concept dans l’air. Nous l’avons réifié.

KLI : Quelles étaient vos motivations en créant la collection Atomium ? Qui a eu l'idée de la maquette de la collection, de la présentation par un autre auteur en 4ème de couverture...? Comment se faisait le choix des dessinateurs ? Vous les démarchiez ou ils venaient frapper à votre porte ?

DP : Le concept de Ligne Claire était trop attaché à HERGE, non sans raison d'ailleurs. Nous cherchions à en élargir le concept, de façon à ce que des éléments aussi hétérodoxes que le travail de FRANQUIN, de JIJE, de TILLIEUX, ou celui de Serge CLERC et de CHALAND puissent être harmonieusement associés. D'où la collection Atomium qui intervenait opportunément puisque le monument fêtait en 1983 son 25ème anniversaire. C'était la clé de toute cette production sixties.

Nous avons immédiatement théorisé ces concepts en publiant l'ouvrage "LES HERITIERS D'HERGE" de Bruno LECIGNE et l'ouvrage collectif "L'EXPO 58 ET LE STYLE ATOME". Les éditions de luxe de Modeste & Pompon de FRANQUIN étaient habillées par Lucien DE ROECK, le propre graphiste de l'Expo 58 qui en avait créé le logo et l'affiche 25 ans auparavant. Pour le lancement, nous avions retrouvé des Atomiums mécaniques et des pins originaux de l’expo 58. Les trois premiers volumes de la collection ont été lancés avec ces objets qui étaient des « antiquités » achetées à vil prix dont des stocks pléthoriques existaient encore.

Le dos toilé faisait référence aux collections du Lombard, une référence que nous avions déjà utilisée avec succès pour la collection Prestige de Bédéscope avec "LE VOLEUR DE BAGDAD". Le concept a été élaboré en relation avec notre ami Yves CHALAND, un familier de la maison, que nous avions conseillé pour "BOB FISH" et "LE JEUNE ALBERT". Notre intervention a seulement consisté à enrichir ses scénarios de détails bruxellois signifiants. Le logo a été créé par Ever MEULEN, un graphiste flamand nourri de bande dessinée belge et qui n’était pas encore une star internationale. Le papier à lettre de Magic-Strip avait été créé par Joost SWARTE. On baignait là-dedans tous les jours. Joost habitait Bruxelles à ce moment-là, nous le voyions quasi quotidiennement. J'ai eu l'idée de la présentation croisée entre auteurs. Joost a présenté le travail de Daniel TORRES, par exemple. Les auteurs, on allait souvent les chercher. J'ai été jusqu'à Valence pour rencontrer Daniel TORRES, à Vienne pour voir Chris SCHEUER. DUPUY et BERBERIAN publiaient en Belgique, on les a rencontrés grâce à Jean-Claude de la ROYERE de la revue Aïe !, si je me souviens bien. François AVRIL ou Marcelino TRUONG sont venus nous voir.

KLI : N'avez vous pas le sentiment d'avoir été quelque part l'incubateur de la nouvelle ligne claire des années 1980 avec des bandes dessinées désormais mythiques et des ouvrages comme "L'EXPO 58", "LES HERITIERS D'HERGE", "LES BIJOUX RAVIS" qui servent encore aujourd'hui de références incontournables pour l'amateur de ligne claire ?

DP : Je me méfie de ce genre d'autosatisfaction rétrospective. Un livre, c'est la rencontre entre des personnes et des envies. Je crois que les personnes importantes, ce sont les auteurs. Magic-Strip a été un moment pour toute une série de gens. Eric VERHOEST (le nouveau patron de l'éditorial chez Dupuis) ou Thierry TINLOT (l'éditeur actuel de Fluide Glacial) ont fait leurs débuts chez Magic-Strip. DUPUY-BERBERIAN, Thierry GROENSTEEN, Stéphan COLMAN, ou François AVRIL ont publié leurs premiers livres chez nous. Ce qui rend rétrospectivement cette rencontre précieuse, c'est surtout parce que maintenant, ils ont une belle carrière derrière eux. Mais cela, nous n'en sommes pas les responsables, ils le doivent surtout à leur talent. Plus tard, dans d'autres circonstances, j'ai été le découvreur en France de Paul POPE ou des frères COUDRAY. Je n'en suis pas moins fier.

KLI : Avec le recul, quelle est votre plus grande fierté par rapport à l'aventure Magic-Strip ? Avoir constitué un catalogue moderne et cohérent qui a très bien vieilli avec d'un côté, les rééditions d'auteurs belges "classiques" comme FRANQUIN, DE MOOR ou VANDERSTEEN et, de l'autre, une nouvelle génération de dessinateurs et de critiques ? Avoir mis en relation des auteurs de différentes générations ? Avoir participé à l'évolution de créateurs en les ouvrant à une forme de belgitude ?...

Cohérent, c'est beaucoup dire. Moderne, je ne sais pas. Il y a toujours, dans ce que nous faisions, dans ce que je fais aujourd'hui, un intérêt pour une certaine forme de culture BD ouverte sur le monde, sur toutes les tendances. En 1984, nous avons publié "UN CONTRAT AVEC DIEU" de Will EISNER en yiddish. On a passé à Bruxelles des moments inoubliables avec le grand dessinateur américain, fondateur de l’industrie du comic-book. Mais cela ne s'est pas fait sans problème. Nous perdions de l'argent. Nous avons mis des années à rembourser les dettes.

KLI : Quelles sont les raisons de l'arrêt de Magic Strip au début des années 1990 ?

Pour moi, Magic-Strip s'arrête en 1987. Notre diffuseur, Maître du Monde avait déposé son bilan en nous laissant une ardoise impayée trop grande pour qu'on puisse y faire face. Nous n'avions pas d'autre solution que de vendre. J'avais dit à mon frère: "Soit on est racheté par un gros éditeur, et je reste. Si c'est un petit, je me casse." C'est Loempia, un petit éditeur flamand qui a repris la boutique. Mon frère est resté jusqu'en 1990, il n'avait pas le choix. Ensuite, il a participé au lancement des éditions Helyode. Quant à moi, j'avais essayé de vendre Magic-Strip à Hachette. Il ne se sont pas intéressés au produit, mais à l'acheteur, et je me suis retrouvé à la tête des Humanoïdes Associés en février 1988. J'en étais le premier surpris.

KLI : Avez vous le sentiment d'avoir vécu un moment béni de l'édition en bande dessinée, celui d'une époque où l'on pouvait finalement tout se permettre ? Quel regard portez vous sur l'évolution de la bande dessinée depuis cette période, que ce soit en terme de création ou d'édition ? Est-ce que finalement on a pas perdu en fraîcheur et spontanéité même dans la bande dessinée dite indépendante ?

DP : Il faut remettre les choses à leur place. L'époque n'était pas si bénie que cela quand arrivait le moment de payer les factures. Deligne, Futuropolis, Artefact, même Glénat... Ils en ont tous bavé. Seul GLENAT a surnagé car, dans son registre, il avait sans doute plus de talent que les autres. Un bon éditeur ne se double pas forcément d'un chef d'entreprise. GLENAT cumulait ces deux talents, comme ceux qui ont suivi : Guy DELCOURT, Mourad BOUDJELLAL, Dominique VERET et Tonkam... Je suis admiratif de leur parcours. Je ne pense pas qu'on ait perdu de la fraîcheur. Le métier a en ce moment une vitalité extraordinaire, ne fut-ce que dans le secteur des mangas. Frédéric NIFFLE, Thierry GROENSTEEN et l’An 2, IGORT et Coconino Press, Jean-Luc FROMENTAL et Denoël Graphic, Frémok, La Cinquième Couche, les Requins Marteaux, même Mosquito ... font un travail extraordinaire, bien plus important que ce qu'on a pu faire dans les années 1980. C'est aujourd'hui, l'âge d'or ! Sans parler de son rayonnement grâce à l’Internet. Si votre allusion aux Indépendants fait référence à mes échanges musclés avec Jean-Christophe MENU de l’Associaton et Jean-Louis GAUTHEY de Cornélius, il n'est pas dirigé contre leur travail qui a joué un rôle historique. Je suis juste irrité par un culte de la personnalité de la part d'un éditeur qui instrumentalise le talent de ses auteurs pour alimenter ses polémiques et une propension boutiquière au dénigrement. Je suis de ceux qui pensent que l'éditeur joue un rôle mais que c'est quand même l'auteur qui compte. Aujourd'hui, c'est Jules VERNE qui subsiste, pas Hetzel. Restons modestes.

KLI : Quelles différences voyez vous entre les jeunes dessinateurs du début des années 1980 et ceux dits de la "nouvelle bande dessinée" ? N'étaient-ils pas plus naturels, moins "intellos", plus rocks, plus simples, plus respectueux de tous les styles de bande dessinée... ?

DP : C'est un faux débat. Je vous assure que Joost SWARTE est un fieffé "intello", comme vous dites. FOERSTER, dans le domaine du fantastique est un véritable savant. Joann SFAR est extraordinaire de curiosité et de générosité créatrice. J'adore son travail. David B est un génie. J'aime beaucoup la sensibilité de Marjane SATRAPI. J'aime autant TRONDHEIM que LARCENET. Emile BRAVO (publié dans la collection Atomium) m'a toujours été un auteur agréable. Je ne cherche pas à créer des barrières entre les générations, au contraire. Je crois qu'il y a un raidissement à cause d'une situation inédite du marché liée à l'émergence des mangas. Certains s'accrochent à des privilèges qu'ils cherchent à ériger en dogmes. Le dogmatisme, voilà l'ennemi.

KLI : Quels sont vos derniers coups de cœur en Ligne Claire ? Pourquoi ?

DP : Je n'ai pas de critères pareils, mais on peut créer des familles. Pour moi, on peut classer Chris WARE et TEZUKA dans la Ligne Claire. L'un et l'autre sont des génies. Le redécouverte de TEZUKA a été pour moi un choc. Pas tellement graphique, surtout scénaristique. Comment a-t-on pu passer à côté d’un tel génie, si longtemps ?

KLI : Plus globalement, comment voyez vous l'avenir pour la bande dessinée "klare lijn" ?

DP : Ce vocable est une lecture commode et structurante d'un certain genre de bande dessinée dont les registres sont proches. Il faudrait peut-être aujourd'hui en repenser l'approche théorique. Pour paraphraser Léo FERRE, je dirais: "Critiques et historiens, à vos papiers!"

Didier PASAMONIK, spécialiste reconnu de la bande dessinée, est aujourd'hui journaliste. Il distille son savoir dans diverses publications mais aussi sur les ondes et sur internet via son site personnel et ACTUABD, le premier site francophone d'information de la bande dessinée, site qui propose actuellement un entretien avec Ever MEULEN et une analyse de son oeuvre que je ne saurais que vous recommander très chaudement !

Par ailleurs, vous trouverez un site très complet et fort bien fait sur MAGIC STRIP et plus particulièrement la collection Atomium 1958 à l'adresse suivante : http://perso.orange.fr/f.sirven/

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Les Frères PASAMONIK par Yves CHALAND

Copyright illustrations MAGIC STRIP et les dessinateurs

16:05 Publié dans Pasamonik | Lien permanent | Commentaires (3)

23/07/2006

BARELLI, BOB DE MOOR ET HERGE

Dans le cadre de sa collection Millésimes, le Lombard nous propose un bel ouvrage reprenant deux aventures de BARELLI signées BOB DE MOOR. Dans la canicule ambiante, quoi de mieux que cette série bien sympathique, certes un peu légère et farfelue mais fort rafraichissante autour d'un personnage principal, comédien de théatre.

Outre le fait de proposer de l'aventure débridée, de la fantaisie et du suspense, les aventures de BARELLI présentent plus d'un intérêt pour l'amateur du trait ligne claire. En effet, l'ombre d'HERGE plane sur ces planches.

N'oublions pas que BOB DE MOOR fut le collaborateur du père de TINTIN, au sein des studios HERGE, dès 1950. Avec BARELLI, BOB DE MOOR, dessinateur à l'aise dans tous les styles, du dessin réaliste de CORI LE MOUSSAILLON à la caricature de BALTHAZAR, oeuvrait dans un registre graphique vraiment très proche de celui d'HERGE, ce qui lui posait manifestement quelques soucis. Tout en affirmant qu'HERGE l'encourageait à poursuivre ses propres créations, BOB DE MOOR confiait : "Son regard sur BARELLI me met pourtant mal à l'aise. Je crains toujours qu'il ne me reproche d'imiter son style ! Mais il me laisse tout à fait libre et cela me rassure un peu...".

On comprend mieux pourquoi en 1964, avec BARELLI ET LES AGENTS SECRETS, BOB DE MOOR va chercher à se libérer de l'influence d'HERGE pour adopter un graphisme plus "moderne", plus "cassant", plus "carré", assez éloigné de la rondeur et de la souplesse de la ligne claire du "Maître". A ce titre, il confiait : "On me reprochait de faire du sous-HERGE. Alors, j'ai suivi un conseil d'HERGE lui-même en pratiquant un dessin plus proche du croquis". Force est de reconnaître que cette expérience graphique est une vraie réussite. Pourtant, au regard des efforts supplémentaires qu'elle exigeait de sa part, BOB DE MOOR abandonnera ce trait tremblé pour les albums suivants de BARELLI, ces derniers renouant avec une ligne claire traditionnelle. Dans le même temps, au début des années 1970, on observera une "de Moorisation" croissante de l'oeuvre d'HERGE qui trouvera son paroxysme avec TINTIN ET LES PICAROS, l'album de TINTIN le plus proche de BARELLI.

Les propos de BOB DE MOOR rapportés ci-dessus sont extraits de l'entretien qu'il a accordé à Pierre-Yves BOURDIL et Bernard TORDEUR dans l'ouvrage "BOB DE MOOR, 40 ans de bande dessinée, 35 ans aux côtés d'HERGE" publié dans la collection "nos auteurs" du Lombard, monographie de 1986 dont nous vous conseillons bien évidemment la lecture même si une réédition augmentée serait la bienvenue pour tenir compte des derniers travaux de BOB DE MOOR décédé en 1992.

Illustrations copyright Le Lombard

12/07/2006

RAPPELS UTILES

Dans l'hypothèse où vous les auriez ratés, permettez moi de revenir sur quelques titre annoncés en début d'année sur ces pages et publiés depuis.

"WIMBLEDON GREEN" de SETH a été publié en France par le SEUIL. Enfin une édition française digne de ce nom pour l'auteur canadien qui jusqu'alors n'avait pas été gâté par ses publications dans l'hexagone. L'ouvrage est ici édité quasiment à l'identique de sa version originale (format spécial, couverture vert et or en relief, coins arrondis). Si ce n'est déjà fait, précipitez vous sur ce petit album original, à la fois caustique et drôle, tout droit issu des carnets du dessinateur. Plongez avec délectation dans cet univers impitoyable de collectionneurs de comics sans scrupules. Pour information, Martin VEYRON consacre une pleine page dithyrambique en diable à cette bande dessinée de SETH dans le numéro de juillet de la revue BO-DOI. Il a bien raison !

Le virus de la collection est également au coeur de "RUPTURES", le troisième récit publié en France de l'auteur anglais Andi WATSON (éditions CA ET LA). A connotation moins sociale que ses précédents ouvrages, RUPTURES confirme le talent de WATSON pour explorer et dépeindre l'intimité des relations humaines. Cette histoire d'amour et de désamours est servie par une économie de moyens, une narration simple et efficace et un trait élégant et léger. Un court récit à lire et relire pour mieux en apprécier la saveur ! En attendant la parution en septembre de "LITTLE STAR", un album plus conséquent toujours aux éditions CA ET LA.

"L'ANNEE OU IL A NEIGE", le nouvel album de l'espagnol Fermin SOLIS est sorti aux éditions 6 PIEDS SOUS TERRE. A travers de courts récits, Fermin SOLIS nous livre les souvenirs d'enfance du petit Martin. Il nous dévoile ses joies et ses peines : le bonheur du premier vélo, les rapports difficiles avec le corps enseignant, les jeux de rues avec les copains, le plaisir de la première chute de neige, du premier magnétoscope ou de la voiture neuve des parents.. On l'aura compris, ce récit à connotation fortement autobiographique est aussi un peu celui de tout trentenaire d'aujourd'hui. En revétant une certaine forme d'universalité, en dépit de leur contexte espagnol, ces courtes nouvelles nous évoquent nos propres souvenirs d’enfance. Traitée avec humour, délicatesse et émotion, cette bande dessinée est servie par un style graphique simple et agréable pas éloigné du trait d'un Michel RABAGLIATI.

Si ce n'est déjà fait, je vous invite à découvrir les forts belles - et nombreuses - illustrations de STANISLAS pour le livre de Marie-Aude MURAIL intitulé "JE SUIS UN HEROS" et publié dernièrement chez BAYARD JEUNESSE. Du grand art ! STANISLAS parvient à y dépeindre fidèlement la jeunesse contemporaine dans un style lui insufflant une touche "années 50" des plus attachante. Quel talent !

A déguster bien évidemment avec un Pshitt et des Chamonix... juste avant d'admirer l'abécédaire de STANISLAS dans le numéro 8 de "PATATE DOUCE".

Ce dernier opus des éditions du POTAGER MODERNE vous permettra également de découvrir des planches d'Ulf K et de Jérome STRUDER, deux dessinateurs d'obédience "klare lijniène" !