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06/06/2006

HOMMAGE A JAZZMAN

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Depuis pas mal de temps, je souhaitais rendre hommage à la démarche de la revue JAZZMAN consistant à faire appel au talent de dessinateurs - assez souvent "ligne claire" - pour illustrer ses couvertures. Alex DUTILH, rédacteur en chef de JAZZMAN m'a très aimablement expliqué les raisons d'un tel choix :

" C'est simple : le rédacteur en chef que je suis est un amateur de BD depuis aussi longtemps que de jazz. Assidu de (À suivre) et Charlie dès la création des mensuels autant que de Jazz Magazine et Jazz Hot, je suis de la génération qui a grandi avec Hara Kiri et Charlie Hebdo.

Donc, au-delà de la seule ligne claire, le graphisme et l'illustration sont à mes yeux des accompagnateurs (voire explicitateurs) naturels d'une démarche journalistique. D'une manière différente de la photo.

Lorsque nous avons créé Jazzman, en 1992, comme supplément gratuit du Monde de la Musique, la couverture n'avait pas une importance démesurée, puisque elle n'apparaissait pas en premier et que nous ne nous vendions pas de manière autonome en kiosque. C'est en mars 1995, lorsque le mensuel a été proposé seul en kiosque et aux abonnés qu'il a fallu penser à un principe de couverture.

Nous avons choisi l'illustration sur des intuitions :
- que les publics du jazz et de la BD avaient des points communs;
- qu'il s'agit de deux arts majeurs du 20ème siècle;
- que la commande (après briefing) d'une couverture originale s'apparente à l'esprit de création permanente du jazz (et à l'éphèmère de l'improvisation). Le dessin est fixé sur la couverture comme une impro sur un CD;
- que c'était pour "Jazzman" une manière d'affirmer son identité, sa "différence", immédiatement perceptible, avec les autres magazines de jazz.

Toutes les enquêtes de lectorat que nous avons effectué depuis ont confirmé que notre public plébiscitait ce principe de couvertures illustrées (de l'ordre de 90% !). Depuis, je constate que de plus en plus de disques de jazz y ont aussi recours.

Concernant la ligne claire proprement dite, effectivement dominante - mais pas exclusive - deux raisons :
- la première esthétique : un goût personnel;
- la seconde économique : la conviction que pour la "Une", plus le message est dépouillé, plus il est efficace."

Pour compléter ces propos fort instructifs, je vous invite à découvrir l'album reprenant plusieurs couvertures "klare lijn" de JAZZMAN en remerciant Olivier LINDEN, responsable graphique de la revue, pour son aimable collaboration.

PLUSIEURS ILLUSTRATIONS DE COUVERTURE DANS L'ALBUM (Colonne de gauche)

La couverture qui illustre l'article est de Serge CLERC

Commentaires

Quelle surprise de me retrouver cité sur votre blog dans l'article de Patate Douce.
Je suis vos articles depuis quelques mois, toujours avec grand plaisir.
Je vous souhaite une très bonne continuation.
Stud.
http://jerome.studer.neuf.fr/

Écrit par : jerome studer | 31/07/2006

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