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25/05/2017

JOOST SWARTE CELEBRE DE STIJL

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A l'occasion du 100ème anniversaire de De Stijl, Joost SWARTE nous propose En Toen de Stijl, un ouvrage consacré à ce mouvement artistique néerlandais fait de lignes orthogonales et d'aplats de couleurs primaires, courant avec lequel il a toujours affiché une grande proximité.

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Publié par l'éditeur jeunesse Leopold, ce livre de très belle facture, à la maquette et à la typographie impeccables, nous donne  à voir de fort belles illustrations de Swarte - bien évidemment ligne claire - mettant en scène dix des principaux protagonistes du Stijl (Van Doesburg, Rietveld, Mondrian...). Comportant des textes assez courts, il ne doit pas rebuter le non-néerlandophone. En attendant - on l'espère - une traduction française chez un éditeur bien inspiré.

On signalera une édition de luxe de l'ouvrage et des tirages en sérigraphie de certains de ses portraits d'artistes chez Griffioen Grafiek .

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illustrations copyright Joost Swarte

17/04/2017

QUAND MENU ET BANANAS VANTENT VANDERSTEEN

Willy Vandersteen, le créateur flamand de Bob et Bobette et bien d'autres séries au long cours, cité comme influence majeure par Jean-Christophe Menu, l'une des figures emblématiques de la bande dessinée alternative ? Le même Willy Vandersteen interviewé et commenté dans la revue Bananas de l'exigeant critique Evariste Blanchet ? Poissons d'avril ? Que nenni !

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Pour vous en convaincre, procurez-vous d'urgence Krollebitches, Souvenirs même pas en bande dessinée de Jean-Christophe Menu aux Impressions Nouvelles. Cet ouvrage autobiographique totalement captivant nous fait découvrir les années de jeunesse de l'ancien grand timonier de l'Association, de sa découverte de la bande dessinée jusqu'à la publication du premier numéro de son fanzine Le Lynx à tifs. Menu y témoigne une fois de plus de sa passion pour le neuvième Art en évoquant longuement les bandes dessinées qui l'ont marqué enfant puis adolescent, toutes ces œuvres qui l'ont construit progressivement, des Schroumpfs et le Cracoucass de Peyo aux Idées Noires de Franquin en passant par Chaminou et le Khrompire de Macherot ou Bob Fish de Chaland. Et force est de constater que la plupart des bandes dessinées qui ont éveillé en lui le goût de créer des cases, des planches, des albums et ensuite d'être auteur et éditeur sont des œuvres de l'école belge publiées dans Spirou ou Tintin. Et parmi les tenants de la ligne claire qu'il convoque dans son Panthéon personnel, quelle n'est pas notre surprise de relever un attachement tout particulier de l'auteur pour La Clef de Bronze, l'un des épisodes de Bob et Bobette et Monsieur Lambique publié par Willy Vandersteen dans le journal Tintin !  Et cette évocation surprenante de prime abord se révèle moins étonnante quand on repense à certains récits de Menu où le joyeux désordre des récits de Vandersteen perce ici ou là telle une joyeuse réminiscence. Au-delà de l'intérêt qu'il présente pour tout amateur de l'œuvre de Menu, Krollebitches nous invite à un voyage dans le temps en nous questionnant par effet-miroir sur l'origine de notre propre passion pour la bande dessinée et l'élément déclencheur de la mécanique infernale. Pour Menu, nous savons désormais que ce fut l'achat par son père du numéro 1596 du journal Spirou du 5 septembre 1968.

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Et puis, un bonheur n'arrivant jamais seul, précipitez-vous sur le numéro 9 de la revue Bananas ! Il propose un entretien inédit de Willy Vandersteen par Yves Fémion, réalisé en 1982 pour L'Express et finalement pas publié à l'époque ainsi qu'un article fort instructif signé Pascal Lefèvre sur la série Bob et Bobette, de ses débuts en 1945 jusqu'à la période où elle a été animée par Paul Geerts qui se termine en 2002. Cette lecture pourra être utilement prolongée par celle du beau volume patrimonial des premiers Bob et Bobette publié, l'an passé, par Place du Sablon et couvrant la période 1945-1947. Il nous donne à voir le style très personnel des débuts de Vandersteen quand il n'est pas sous la contrainte de la pure ligne claire voulue par Hergé pour les pages du journal Tintin.

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En conclusion, merci à Jean-Christophe Menu et Evariste Blanchet pour ces deux hommages à Willy Vandersteen, un créateur ligne claire encore trop peu reconnu et mésestimé en France alors qu'il est adulé en Belgique et aux Pays-Bas où sa série phare Bob et Bobette continue à être publiée avec de nouveaux albums chaque trimestre. L'an passé, certains ont même été dessinés par des pointures de la ligne claire néerlandaise tels Eric Heuvel, Hanco Kolk ou Michiel de Jong.

Liens utiles :

- Le site des Impressions Nouvelles : https://lesimpressionsnouvelles.com/

- Le site de Bananas : https://bananas-comix.fr/

- Le site de Place du Sablon : http://www.placedusablon.com

02/03/2017

A PIED, EN TRAIN OU EN HELIMOB

Voici quelques belles publications de cet hiver qui nous convient au déplacement.

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Tout d'abord, Un norvégien vers Compostelle de Jason (Delcourt), une belle invitation à la marche sur les chemins de Compostelle même si le mal de pieds est souvent évoqué ! Le dessinateur s'y livre comme jamais en nous dévoilant son parcours fait de moments de solitudes et de rencontres avec les autres, marcheurs ou autochtones des contrées traversées. Mais aussi de nombreux cafe con leche y tortillas ! Car, avec Jason, les états d'âme sont toujours ponctués de traits d'humour.

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Ensuite, En voiture ! de Pascal Blanchet (La Pastèque) nous invite à prendre le train. Mais pas le TER ou le TGV. Non. Toute une série de trains du passé. Sous titré L'Amérique en chemin de fer, ce très bel ouvrage aux illustrations enchanteresses vous emportera dans un très beau voyage entre Montréal et Los Angeles. Prenez sans faute votre billet !

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Enfin, L'Hélimob de Stanislas (Les Rêveurs) nous propose une (re)découverte d'un véhicule imaginaire (?) bien connu des amateurs du dessinateur. Par l'intermédiaire de son célèbre personnage Toutinox, Stanislas nous dévoile, dans une bande dessinée inédite, les origines de ce moyen de locomotion, à savoir les véhicules qui l'ont inspiré pour sa création. Il nous rappelle également les différentes apparitions de l'hélimob dans plusieurs de ses bandes dessinées et sa matérialisation concrète sous forme de modèles réduits malgaches fort prisés des collectionneurs. D'ailleurs, ce fort beau livre-objet invite le lecteur à découper ses dernières pages proposant une maquette en papier du véhicule. Oserez-vous prendre vos ciseaux ?

Vous pouvez nous croire. Armés de ces trois livres, bien calés dans vos fauteuils, vous allez voyager !

08/02/2017

TANQUERELLE VERS LA LIGNE CLAIRE ?

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Et si le vrai évènement ligne claire de ce début d'année chez Casterman n'était pas celui qui a été le plus médiatisé ?

Pourquoi ? Parce que bien plus que la mise en couleurs de Tintin au Pays des Soviets, la nouvelle bande dessinée d'Hervé Tanquerelle, Groenland Vertigo, a vraiment de quoi surprendre l'amateur de ligne claire.

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Fiction inspirée d’un voyage-expédition en bateau effectué par le dessinateur, Groenland Vertigo est vraiment un très bel hommage à Hergé. Pas une pâle copie mais une revisitation contemporaine qui apporte une vraie touche de modernité à la ligne claire.

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Ce qui fait la force de cette bande dessinée tient dans l'approche distanciée qui nous est proposée par le dessinateur et Isabelle Merlet, sa coloriste. Tanquerelle, rompant avec ses anciens styles graphiques, d'ailleurs fort changeants, propose ici un étonnant mélange des genres avec d'un côté, un traitement vraiment très hergéen de ses personnages, tous cernés d'un trait net et fermé, et de l'autre, des décors plus réalistes et graphiques car traités au lavis et à l'aquarelle.

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Dès sa couverture, Groenland Vertigo affiche la couleur. La référence à l'univers de Tintin saute aux yeux. En découvrant l'histoire, l'approche référentielle se confirme. Au fil des pages, on se sent en terrain connu. La typographie utilisée nous rappelle celle de Tintin. L'utilisation de signes bien connus comme les petites gouttelettes pour exprimer les émotions, les spirales pour le mouvement participent également à cette perception. Ce qui fait qu'on pense sans cesse à Tintin, à L'Etoile Mystérieuse surtout, sans y être vraiment. On relèvera que les clins d'œil à Tintin ne se limitent pas au seul graphisme. Les personnages de Groenland Vertigo, aux caractères bien trempés, évoquent aussi certains héros d'Hergé.

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Force est de constater que le curieux mélange des genres proposé est une vraie réussite. Tanquerelle et sa brillante coloriste réussissent là où les films d'animation Belvision comme Tintin et le Temple du Soleil ou Tintin et le Lac aux Requins échouaient en tentant une approche somme toute assez voisine.

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On espère que Tanquerelle nous proposera d'autres bandes dessinées dans la même veine.

A noter que la librairie Esprit BD à Clermont-Ferrand propose un très beau tirage de tête de Groenland Vertigo. 

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On notera tout particulièrement les pages de garde fort tintinesques et très réussies !

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Pour plus d'informations sur cette édition de luxe : canalbd.net/esprit-bd ou contact@espritbd.com .

Vous pouvez également consulter le blog du dessinateur pour en savoir plus sur la création de cette bande dessinée : http://tanquerelleherve.blogspot.fr

A noter qu'une vidéo est proposée sur le site France Inter où l'on peut voir Hervé Tanquerelle dessiner son personnage principal, Georges-Benoît Jean, son double de papier.

Illustrations copyright Tanquerelle, Merlet, Casterman et Esprit BD.

22/01/2017

LE RETOUR DU RESEAU MADOU

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Couverture de la nouvelle édition

chez Dargaud

Depuis une semaine, les lecteurs du quotidien belge Le Soir replongent dans le passé avec la publication d'une nouvelle version "remastérisée" et "recolorisée" du Réseau Madou, première des deux aventures du boy-scout bruxellois Thierry Laudacieux, bande dessinée ligne claire initialement publiée dans la revue (A SUIVRE) puis en album chez Casterman au début des années 80.

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Couverture de (A SUIVRE)

Casterman

A la différence de la récente mise en couleurs de Tintin au Pays des Soviets, initiative totalement déconnectée de toute volonté exprimée par Hergé, la nouvelle édition du Réseau Madou répond à un souhait partagé du dessinateur Alain Goffin et du scénariste François Rivière de proposer une version plus moderne de leur création.

Etait-il bien nécessaire de donner un tel coup de jeune à cette bande dessinée avec des couleurs informatiques à la place des acryliques et gouaches d'origine, un nouvelle typographie, des illustrations et hors-textes inédits ? De notre point de vue, cela n'était pas forcément utile. La mise en couleurs originelle était fort réussie. Avec l'utilisation de Photoshop, la ligne claire déjà très lisible de Goffin nous semble devenir un peut-être trop clinique. Mais ce n'est qu'un point de vue personnel. Nous vous laissons vous faire votre propre opinion à partir des quelques extraits publiés ici.

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Le Réseau Madou - Planche

Copyright Goffin, Rivière et Dargaud

On ne peut que se féliciter de voir ce récit remis à disposition du public car nous le considérons, avec Le rendez-vous de Sevenoaks co-signé avec Floc'h, comme la deuxième œuvre maîtresse de Rivière.

En effet, Le Réseau Madou ne nous propose pas une simple histoire d'espionnage à l'anglaise dans le Bruxelles de la fin des années 30 mais une mise en abyme exploitant au maximum les potentialités de la bande dessinée et le style graphique du dessinateur, parfait complice de Rivière.

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Le Réseau Madou - Planche

Copyright Goffin, Rivière et Dargaud

Tout y est savamment construit et composé pour capturer l'attention du lecteur. Le récit repose sur une impressionnante variété d'éléments graphiques et en tire toute sa force. Outre un décor très soigné avec une belle représentation d'architectures et de mobiliers art-déco, on peut y relever des coupures de presse, des livres, des affiches, des photos, des papiers d'identité, des lettres manuscrites et surtout des strips dessinés par l'un des personnages, lui-même créateur d'illustrés.

Mais nous n'en dirons pas plus pour ceux qui ne connaissent pas encore ce chef d'œuvre du renouveau de la ligne claire. Nous lui conseillons seulement de se munir d'une bonne loupe pour lire l'album et en déceler les mystères cachés !

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Le Réseau Madou - Planche

Copyright Goffin, Rivière et Dargaud

La bande dessinée sera publiée début mars par Dargaud - une pépite de plus que Casterman a laissé filer de son catalogue... - avec plusieurs bonus au programme : un texte de François Rivière intitulé En suivant la la ligne claire, des photographies des principaux bâtiments représentés, un plan de situation des lieux de l'intrigue et - certainement moins justifié - les bonnes adresses bruxelloises actuelles des deux auteurs (hôtels, restaurants, boutiques...) !

Rien ne nous dit si le second épisode des aventures de Thierry Laudacieux, La Mine de l'Etoile, ayant pour cadre le Congo belge et reconnaissons-le moins réussi que le premier, fera lui-aussi l'objet d'une nouvelle version. Quant à une éventuelle nouvelle aventure du personnage, le dessinateur Alain Goffin semble malheureusement avoir tiré un trait sur la ligne claire.

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La renaissance du Réseau Madou est à suivre sur Facebook avec de nombreux hommages graphiques d'autres dessinateurs et des informations sur cette recréation :

https://www.facebook.com/Le-Réseau-Madou-353956678302519/

Daniel Couvreur a proposé aux lecteurs du Soir une double page fort instructive avec interviews de Rivière et Goffin. Nous la reprenons ci-dessous :

Goffin_LESOIRdouble.pdf

Extrait du Soir

Une exposition est également annoncée à la Galerie Champaka Bruxelles courant mars.

 

Illustrations copyright Goffin, Rivière et Dargaud Benelux